Cet article date de plus de 9 ans

Le Mans : Dodier et Jérôme K. Jérôme Bloche à la 25e Heure du livre

Mais qui sont Jérôme K. Jérôme Bloche et Dodier ? L'un est détective, l'autre compte parmi les plus grands auteurs de BD franco-belges. Ils ne se quittent plus depuis 30 ans et sont ce weekend à la 25e Heure du livre. Rencontre...
30 ans pile poil de vie commune. 30 ans à partager leurs aventures, d'abord dans le journal Spirou puis en album. C'est beaucoup. C'est énorme. Et malgré toutes ces années, pas l'ombre d'un nuage, d'une fâcherie, d'une trahison. Alain Dodier aime Jérôme K. Jérôme Bloche comme au premier jour. Et l'inverse est sûrement vrai ! Il suffit de voir la ressemblance entre les deux pour s'en convaincre définitivement...

Jérôme K. Jérôme Bloche est un détective, certes, mais un détective de proximité. Ses enquêtes ne dépassent que rarement les frontières de son quartier. Heureusement d'ailleurs, son solex à bout de souffle ne supporterait pas un excès supplémentaire d'asphalte. Avec son viel imper, son chapeau mou, ses allures à la Bogart, Jérôme K. Jérôme Bloche a un petit quelque-chose de suranné ou plus précisément d'intemporel.

Malgré ses 30 ans de carrière et ses 23 albums au compteur, il n'a pratiquement pas pris une ride. Seule vraie concession au temps qui passe, reflet aussi d'une société qui évolue, Babette sa petite amie hôtesse de l'air vit désormais à ses côtés.

Personnage légèrement lunaire, même s'il a gagné en maturité avec les années, Jérôme K. Jérôme Bloche est avant tout un amoureux de la vie, un profiteur de l'instant, un admirateur des gens ordinaires. C'est un anti-héros à la Gaston Lagaffe. un peu moins gaffeur quand même et un peu plus consciencieux dans le travail.

Son travail justement, Jérôme K. Jérôme Bloche va toujours au bout de ses enquêtes. Oh, ce n'est pas un fort en muscles. Il s'enrhume pour un rien, il tombe régulièrement dans les escaliers, il s'endort pendant les planques... mais c'est un obstiné. Sous son chapeau, il y a du Raymond Chandler, beaucoup d'Humphrey Bogart, du Robert Mitchum et du Monsieur Hulot aussi. Alors, comment voulez-vous qu'on reste indifférent ?

Et Alain Dodier dans tout ça ? L'auteur est un homme heureux semble-t-il. Et comblé. A la question de savoir si animer un personnage comme celui-ci est un bonheur, il répond "YES". C'est clair. Rencontre....

Au bout de trente ans, on n'a pas envie de faire autre chose, un western par exemple ? Ou une série de science fiction ?

Alain Dodier. Je préfère laisser le western ou la science fiction à plus compétent que moi. Mon domaine, c’est le quotidien et je trouve qu’il y a suffisamment à faire puisque, par définition, le quotidien change tout les jours.

Vous êtes comme votre personnage proche des gens, proche de votre quartier.
Un auteur de proximité en quelques sortes ?


A.D. C’est vrai que j’aime la vie de quartier, le plaisir d’échanger quelques mots avec les voisins dans le hall de l’immeuble, de rencontrer des gens en faisant mon marché . Peut-être tout simplement parce que je suis un gens, moi aussi.

30 ans, 23 albums... et pourtant, à chaque nouvelle aventure, vous parvenez à vous renouveler et à nous surprendre. Comment fait-on pour trouver de nouvelles idées, de nouvelles intrigues ?

 A.D. Trouver une nouvelle idée de scénario me demande beaucoup de temps et d'efforts. Ca ne vient pas tout seul, malheureusement. Mais quel bonheur quand, après 2-3 mois de recherche obstinée, l’idée finit par tomber, lumineuse, évidente, simple !

Post Mortem est le 23e album de la série. Il y a une intrigue policière forte mais on y parle aussi de famille, de culpabilité, de maladie, de solidarité. Des thèmes graves abordés avec légèreté. C'est ça aussi la marque JKJ Bloche ?

A.D. Je ne décide pas de traiter à priori d’un thème, mais quand l’idée se fait jour, comme par magie un thème se dégage. Ce qui permet de donner une orientation à l’histoire ! Mais le but premier est de distraire le lecteur.

Est-ce que le Fauve d'Angoulême obtenu en 2010 a changé quelque chose dans votre vie et dans celle de votre personnage ?

A.D. Un prix comme celui-là a quelque chose de rassurant pour un auteur : le sentiment que sa grammaire est comprise et partagée. Idem pour les séances de dédicaces, dans la rencontre avec les lecteurs.

Quel a été votre premier coup de cœur BD et quel a été son influence sur votre travail ?
 
A.D. Franquin, Uderzo, Morris, Tillieux, Herman, Tibet, De La Fuente, Jiji, Peyo, Jijé, Mézières... Je peux en citer des dizaines et des dizaines d’autres ! Tous les auteurs BD des années 50, 60 et 70 m’ont apporté quelque chose, à commencer par le bonheur de les lire.

Merci Alain Dodier

Retrouvez l'intégralité de l'interview sur notre blog dédié BD ici-même!

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
bande dessinée