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Port de Nantes et Saint-Nazaire : tonnages en baisse, une petite année 2013

Hydrocarbures et gaz naturel font chûter les résultats 2013 du Grand Port Maritime de Nantes et Saint-Nazaire / © Bertrand Béchard / Maxppp
Hydrocarbures et gaz naturel font chûter les résultats 2013 du Grand Port Maritime de Nantes et Saint-Nazaire / © Bertrand Béchard / Maxppp

Le port de Nantes et Saint-Nazaire publie ses premiers résultats pour l'année 2013, en baisse, on avait pas vu ça depuis 15 ans, principalement à cause du marché des hydrocarbures en plein bouleversement, en hausse tout de même, les céréales

Par Christophe Turgis

Le trafic total du port de Nantes et Saint-Nazaire s'élève à 27,7 millions de tonnes, tous trafics confondus. En baisse de 2,2 Mt par rapport à 2012, l'énergie et notamment le pétrole brut (- 1,2 Mt), le gaz naturel liquéfié (GNL) (- 0,9 Mt) et le charbon (- 0,2 Mt) en sont la cause. Cette évolution contraste avec la croissance des trafics de céréales, des aliments du bétail et du transport roulier.

Entre 2010 et 2013, les importations de GNL ont chuté de 4,9 à 1 Mt. La faute au bouleversement des échanges mondiaux de gaz, conséquence de l'accroissement de la demande asiatique et de l'exploitation des gaz schistes nord-américains.
Le trafic de pétrole brut a baissé de 13,6 % par rapport à l'an passé, essentiellement en raison de l'arrêt quinquennal de la raffinerie Total de Donges, au 1er trimestre 2013. Les flux d'hydrocarbures raffinés ont évolué en conséquence, avec une augmentation de 3,7 % des importations et une baisse de 8,8 % des exportations.
Même si le trafic de charbon destiné à l'alimentation de la centrale thermique EDF de Cordemais a baissé de 10 %, l'année 2013 se caractérise par un haut niveau d'importation. Le tonnage 2013 (1,9 Mt) est comparable à celui des années 2010 et 2011.


+5 pour les autres trafics

Les importations d'aliments du bétail s'élèvent à 2 Mt. Elles sont en hausse de 12,7 %, en raison notamment d'une récolte historique de soja au Brésil, d'importations de tournesol et de colza en provenance des pays riverains de la mer Noire et du gain de nouvelles parts de marché du terminal de Montoir. Les exportations de céréales s'élèvent à 1,4 Mt, un niveau important compte tenu d'une collecte française moyenne tant en quantité qu'en qualité. Les volumes ont été portés par une forte demande mondiale, dont des besoins grandissants en Méditerranée, au Moyen-Orient et en Afrique de l'Ouest.

Le trafic de sable de mer recule de 15 %, en raison d'une baisse d'activité des secteurs du bâtiment et des travaux publics et du maraîchage. Depuis plusieurs années consécutives, les exportations de ferraille de recyclage sont à la hausse, pour atteindre 0,4 Mt en 2013.

Le trafic roulier a enregistré une hausse de 8,2 %. Ce résultat s'explique par la montée en puissance de l'autoroute de la mer entre Montoir-de-Bretagne et Gijón et le maintien de la ligne historique avec Vigo.  Le développement de l'activité roulière est également lié au lancement, en avril 2013, de la ligne Milk Run Med, entre Montoir-de-Bretagne, Pauillac, Tunis, Naples et Cadiz, renforcé par l'intégration de Tanger Med dans la rotation à l'import et à l'export à partir de fin juin. A noter que l'exploitant de l'autoroute de la mer, LD Lines, a ouvert en janvier 2014 une nouvelle liaison hebdomadaire sur l’Irlande, vers le port de Rosslare.

Le trafic des conteneurs affiche une baisse de 2,1 %. Après 3 années d'une croissance moyenne de 7,5 %, ce fléchissement est pour partie lié à l'arrêt d'une escale de l'armement CMA-CGM depuis les Antilles, le volume des importations métropolitaines de bananes ayant été fortement réduit après la tempête tropicale de l'été 2013.


Bientôt un pôle industriel dédié à l'éolien offshore

En dépit d'une conjoncture économique difficile, avec la baisse durable des flux énergétiques, le port de Nantes et Saint-Nazaire  maintient ses investissements. Quatre opérations majeures d'aménagement, porteuses de développement et de diversification, sont programmées sur les cinq prochaines années. Elles visent l'implantation d'un pôle industriel sur le site portuaire de Montoir-de-Bretagne, la mise en place d'un hub logistique pour l'éolien offshore à Saint-Nazaire, l'extension du terminal à conteneurs et la construction d'un poste roulier.

L'autoroute de la mer peine à trouver sa vitesse de croisière

Depuis septembre 2010 entre Nantes - Saint-Nazaire et Gijón, en Espagne, l’autoroute de la mer connaît un réel succès commercial : 20 000 camions, 30 000 voitures Renault et 50 000 passagers ont été transportés en 2013. Mais fréquentation ne veut pas dire rentabilité. Le déficit atteint six millions d’euros. Sans cette subvention du programme européen Marco Polo, impossible de poursuivre l'aventure. Hors cette subvention arrive à son terme en septembre prochain. LD Lines a donc décidé de renforcer et étendre ses rotations pour atteindre l’équilibre financier en 2015. En ouvrant de nouvelles lignes vers Poole en Grande-Bretagne et Rosslare en Irlande en affectant un second navire au départ de Saint-Nazaire.

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