Manif des Seita Carquefou à Paris : "J'aurais préféré garder mon travail plutôt que de le voir délocalisé"

Stéphane Lemazurier est l'un des 200 salariés de Seita a voir fait le déplacement à Paris ce lundi pour la sauvegarde de leurs emplois et pour dénoncer un plan social de 366 suppressions de postes sur 1 150. 

Vêtu d'un gilet jaune fluo comme beaucoup de manifestants, Stéphane Lemazurier, 45 ans,  salarié de l'usine de Carquefou, près de Nantes, défile derrière la banderole de tête dont le mot d'ordre est : "Luttons pour la sauvegarde de nos emplois".
"On veut que la direction nous laisse le temps pour négocier le plan social. Quand on regarde les résultats de l'entreprise, le plan n'est pas à la hauteur. Et puis, j'aurais préféré garder mon travail plutôt que de le voir délocalisé en Pologne"."Pour retrouver du travail à mon âge, il faut à peu près 20 mois de recherche d'emploi alors que le plan ne propose que 13 mois de reclassement", déplore Stéphane Lemazurier.

Le 15 avril, la filiale d'Imperial Tobacco, qui fabrique les célèbres Gauloises, a annoncé un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) qui prévoit la fermeture en France de l'usine nantaise de Carquefou, la fin du centre de recherche de Bergerac (Dordogne), des suppressions de postes à Fleury-les-Aubrais (Loiret) et au siège à Paris.
La direction du fabricant a également annoncé la création de 130 emplois en Pologne où sera délocalisée une partie de la production.

Venus principalement du site de Carquefou et du centre de recherche de Bergerac à l'appel d'une intersyndicale CGT, SUD et Unsa, les manifestants ont défilé de la gare Saint-Lazare à l'Assemblée nationale.
"La colère monte, il faut que l'Etat prenne ses responsabilités. Ce plan social qui va coûter 200 millions d'euros à Seita, est financé au tiers par l'Etat. Cela va avoir un coût important pour le contribuable", souligne Eric Comparot, délégué central CGT (53% des salariés).

L'entreprise propose une prime d'1,5 mois par année d'ancienneté avec un plancher de 40 000 euros, soit 107 000 euros en moyenne par salarié, selon la direction.
Les syndicats réclament 2 mois par année d'ancienneté et une prime complémentaire pour tous les salariés.

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