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Nantes : rencontre avec le groupe Bantam Lyons avant les Trans Musicales de Rennes

© Marc Cortès
© Marc Cortès

Ils sont brestois et le revendiquent. Ils vivent pourtant à Nantes depuis des mois avec la ferme intention de se faire un nom au-delà de toute frontière régionale et musicale. Et c'est plutôt bien parti pour eux. Preuve en est leur présence aux Trans Musicales. Rencontre avec les Bantam Lyons...

Par Eric Guillaud

Des Bretons à Nantes. On pourrait penser à une tentative de réunification par une cinquième colonne musicale, mais rien de tout ça. Ce qui compte pour les Bantam Lyons, c'est la musique. Et seulement la musique. Leur exil, provisoire ou définitif, n'a qu'un but : réunir le plus souvent possible les quatre membres du groupe pour répéter et jouer.

Un groupe breton donc, réfugié à Nantes, soutenu par la structure ligérienne Trempolino pour jouer aux Trans Musicales de Rennes. Voilà qui n'est pas tout à fait banal et qui titille notre curiosité.

Samuel à la batterie, Loïc au chant et à la guitare, Nico aux claviers, Maëlan à la basse. Voilà pour la distribution. C'est Loïc et Maëlan, flanqué d'un magnifique tee shirt "Foot is not dead", qui ont accepté de répondre à nos questions. Direction La Place de Trempolino. C'est là que Bantam Lyons répète et c'est là que nous ont donné rendez-vous nos deux musiciens.

Pour ceux qui reviendraient d'un stage intensif de pédalo au milieu du Pacifique, Bantam Lyons c'est ça. Attention à votre coiffure...
BANTAM LYONS - When Lips Turn Purple

Pouvez vous vous présenter en quelques mots pour les quelques Nantais qui ne vous connaissent pas encore ?

Loïc. A la base, Maëlan et moi jouions ensemble dans des groupes quand nous étions au lycée à Brest. Nous nous sommes ensuite perdus de vue jusqu'au jour où mon frère, qui souhaitait faire un court métrage, m'a demandé d'en écrire la musique. Nous nous sommes retrouvés autour de ce projet. Le film ne s'est pas fait finalement mais nous avions envie de continuer la musique ensemble et de faire des concerts. Du coup, on a demandé à Sam, batteur, et à Nico, clavier, de se joindre à nous.

Pourquoi avoir quitté Brest pour Nantes ?

Maëlan. On a simplement suivi Sam qui était le seul a travailler dans le groupe. Comme ingénieur. Nous, nous venions tous de finir nos études, nous avions envie de bouger. Nantes était une bonne alternative. Et c'était plus simple pour Sam de se libérer pour les répétitions.

Vous êtes un groupe breton ou ligérien ?

Loïc. Un groupe brestois qui habite à Nantes. Brest, c'est la maison. Et puis ça ne fait pas très longtemps qu'on habite ici. Dans quelques années, on se considérera peut-être comme Nantais. 

Mais ça va, vous supportez la ville ? 

Loïc et Maëlan. ah ah oui oui ça va...
Bantam Lyons

Bantam Lyons est un personnage de James Joyce. Vous avez choisi ce nom pour vous donner un genre ou bien ?

Loïc. Non non, nous ne sommes pas du tout un groupe littéraire au sens que certains veulent donner. Simplement, en lisant le bouquin, le nom m'a frappé et je me suis dit que ce serait un beau nom pour un groupe. Il n'y a pas de raison cachée ou obscure.

Des références littéraires mais aussi footballistiques. Votre premier EP s'appelle "I want to be Peter Crouch!", nom d'un footballeur anglais. C'est une vraie passion le foot pour vous tous?

Loïc. Surtout pour moi en fait. Les trois autres suivent un peu...

Vous avez quand même donné une interview à So Foot. Et quelle équipe supportez-vous ?

Loïc. Brest. Mais j'ai toujours eu un peu de tendresse pour le club nantais sans être pour autant supporter.

Comment composez-vous votre musique ?

Loïc. Généralement, on arrive avec une idée, une suite d'accords ou un couplet-refrain. Ensuite, on travaille tous ensemble. On ne veut pas arriver avec une démo toute faite et dire à chacun ce qu'il doit faire.

Quelles sont vos principales influences musicales ?

Loïc. Beaucoup de rock indé, des groupes comme Slowdive ou les Walkmen.
Slowdive - Alison

Qu'écoutez-vous en ce moment ?

Loïc. Electrelane, Future Islands...
Future Islands - "A Dream Of You And Me"

Qu'est-ce qui vous a donné envie de jouer de la musique ?

Loïc. Sonic Youth et plus précisément l'album "Washing Machine". Je ne savais pas qu'on avait le droit de faire de la musique comme ça.
Maëlan. Pour ma part, ce n'est pas un groupe ou un morceau précis mais le punk d'une manière générale.
Sonic Youth - Washing Machine

Certains classent votre musique dans la cold wave, la pop, le rock... Comment voyez-vous la chose vous-même ?

Maëlan. C'est de la pop, de la noise pop.
Loïc. De la pop pour faire simple. C'est difficile à dire en fait. On n'a pas vraiment de contrainte de style. On aime une mélodie, on la travaille sans se préoccuper du style auquel elle appartient.

Vous avez joué au festival Indigènes, plus récemment au festival Bar-Bars, c'était évident pour vous la scène ?

Maëlan. Oui, je pense qu'on est depuis le départ clairement un groupe de scène. On préfère la scène au studio. le but, c'est de tourner.
Maëlan et Loïc / © éric guillaud
Maëlan et Loïc / © éric guillaud

Changement de plateau, vous jouez en fin de semaine à Rennes dans le cadre du festival Trans Musicales. Quel est votre état d'esprit à quelques jours de l'événement ?

Loïc. Ça fait plus de trois mois que tout le monde nous en parle. On a l'impression d'avoir déjà joué sans avoir donné le concert tellement les gens nous en parlent. Ce n'est pas une date comme les autres, c'est certainement un tournant quelque part, mais on évite de se prendre la tête, de se mettre la pression. On est content. On se prépare.

Qu'en attendez-vous ?

Maëlan. On aimerait bien avoir un label derrière qui puisse financer une partie de l'enregistrement d'un album. On a un tourneur aussi qui attend cette date pour pouvoir travailler et nous trouver des dates.

Vous y allez avec le soutien de Trempolino. Que vous a apporté précisément cette structure ?

Loïc. Un local et l'opportunité de faire des résidences dans des salles comme Stereolux ou l'Olympic. C'est ce que nous cherchions, surtout un local. L'accompagnement proposé par Trempolino était secondaire pour nous.

Le dernier concert que vous ayez vu et apprécié ?

Loïc. Binidu au Café du Cinéma.
Maëlan. Oui, c'était mortel. C'est la cinquième fois que je les vois en concert et c'était la meilleure.

Deux clips tournent actuellement sur les plateformes de partage vidéos dont le magnifique "When Lips Turn Purple". C'est important pour vous d'être présent sur le web, que ce soit par ces clips ou plus généralement sur les réseaux sociaux ?

Maëlan. Il est plus judicieux à mon avis d'être présent sur la scène que sur le web. Trop de groupes se basent sur leur notoriété web. Mais ce n'est pas ça qui fait vivre un groupe même si c'est bien d'avoir quelques infos à partager sur les réseaux sociaux.
Loïc. Oui, je vois pas mal de groupes qui postent des photos d'eux en répétition. Mais on s'en fout. Je pense que c'est une erreur de trop en montrer.

Suivez vous un peu l'actu ?

Loïc. Ca dépend des semaines.

Ca n'inspire pas vos textes ?

Loïc. Non.

Quels sont vos projets ?

Loïc. On va un peu se calmer côté concerts. On a beaucoup joué à Nantes et dans les environs ces derniers temps. On va s'enfermer un peu pour composer. Je pense que l'hiver est une bonne période pour ça. Composer et enregistrer, soit un nouvel EP, soit un album pour le printemps prochain. Et à partir de ce moment-là tourner.
Maëlan. On est en train de monter par nous-même une tournée en Europe qui devrait démarrer en avril...

Merci Maëlan et Loïc, merci les Bantam Lyons. 


Interview réalisée le 1er décembre à Trempolino. Pour suivre l'actu du groupe, c'est ici et



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