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Le CHU d'Angers et une opératrice du Samu devant la justice

C'est le deuxième accident mortel de motard en à peine quelques jours en Haute-Vienne. / © FTV
C'est le deuxième accident mortel de motard en à peine quelques jours en Haute-Vienne. / © FTV

Une permanencière du Samu, chargée de gérer les appels adressés au 15, et le CHU d'Angers comparaissent ce lundi pour homicide involontaire devant le tribunal correctionnel d'Angers pour la mort en 2009 d'une femme, prise en charge tardivement malgré des appels répétés au 15.

Par FB avec AFP

Après plusieurs coups de fil, le Samu d'Angers a mis plus de 30 minutes à venir au secours d'une patiente de 27 ans qui faisait un malaise.
Cette dernière est morte à l'hôpital mais son compagnon ne comprend toujours pas pourquoi les secours ont tardé.

Le 9 avril 2009, Arnaud Blot multiplie les appels au 15 et décrit auprès de Florence Madet, permanencière auxiliaire de régulation médicale (Parm) du Samu,
le malaise dont est victime sa compagne de 27 ans, qui avait mis au monde son troisième enfant un mois et demi auparavant.
Malgré les descriptions angoissées d'Arnaud Blot ("Elle s'effondre", "ne peut pas parler", "elle n'arrive plus à respirer") lors de plusieurs appels à partir
de 08h21, et celles de la soeur de la victime, le médecin régulateur du Samu n'est prévenu par une seconde permanencière qu'à 08h55. 34 minutes après le premier appel d'Arnaud Blot.

Le médecin ordonne immédiatement à un véhicule du Samu d'intervenir. Quelques minutes avant, les pompiers, alertés par la famille, sontt arrivés sur place.
La victime est transportée au CHU d'Angers mais ne peut  être ranimée.

Le reportage de José Guedes, JP Brenuchon et Stéphane Hérel

Procès CHU d'Angers

Il est reproché à Florence Madet d'avoir mal analysé la situation alors qu'elle disposait des éléments pour le faire, la mission des Parm étant notamment de gérer les appels, de prioriser ceux-ci en fonction de la gravité du cas exposé et de l'urgence perçue, et de transmettre le cas échéant au médecin régulateur.

Selon l'avis de spécialistes interrogés lors de l'instruction, certains appels "contenaient des mots clés qui auraient dû l'alerter" sur la gravité de la situation.
Mais selon l'expertise médicale, qui a retenu l'embolie pulmonaire comme hypothèse la plus probable du décès, faute d'autopsie, il est impossible d'affirmer qu'une intervention plus rapide des secours aurait permis de sauver Stéphanie Rousset.

Florence Madet, décrite comme une professionnelle consciencieuse, a reconnu durant l'enquête avoir commis une faute de discernement, ayant cru que la victime faisait une crise d'angoisse.
Il est reproché au Centre hospitalier universitaire d'Angers d'avoir organisé le service de permanence du 15 avec un seul médecin régulateur malgré l'importance de l'activité, d'avoir laissé aux Parm une autonomie de traitement des appels excédant leur compétence et de ne pas leur avoir proposé une formation adaptée.

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