Sabri Benrekta a été condamné à 20 ans de réclusion pour assassinat par la cour d'assises de Loire-Atlantique
Nantes/ Procès meurtre Toko : 30 ans requis
Aux assises de Loire-Atlantique, l'avocat général a requis 30 ans de réclusion contre Sabri Benrekta, l'un des deux accusés du meurtre du jeune Toko Botowamungu le 4 septembre 2008. Compte-rendu d'audience en direct dans le JT de midi par José Guédès
Sabri Benrekta avait participé avec son frère Mohamed Benrekta (qui doit être jugé
en Algérie) à la course poursuite qui s'était achevée par la mort de Toko Botowamungu, le 4 septembre 2008 dans le quartier des Dervallières à Nantes.
Il a décidé de faire appel de son jugement.
Il a été reconnu coupable d'assassinat, en dépit du fait qu'il n'avait pas tiré les coups de feu mortels.
Toko Botowamungu, un jeune homme âgé de 21 ans, avait été tué par balles, le 4 septembre 2008, en pleine journée, au terme d'une sanglante course-poursuite.
L'avocat général avait requis 30 ans de prison à l'encontre de Sabri Benrekta en invoquant "la coaction" des deux frères dans la course poursuite.
Silence dans la salle d'audience
Outre les 20 ans de prison, Sabri Benrekta est condamné à deux ans de suivi socio-judiciaire à la fin de sa peine et à deux ans de prison supplémentaire s'il ne se soumettait
pas à ce suivi.
Dès l'annonce du verdict, l'avocat de Sabri Benrekta, Me Fabrice Petit, avait indiqué que son client allait "sans doute" faire appel.
Le verdict a été accueilli dans un grand silence par le public réuni dans la salle d'audience, composé depuis le début du procès de nombreux jeunes de la cité des Dervallières proches de Toko.
Des forces de polices avaient été préventivement positionnées entre l'accusé et le public mais aucun incident n'a été à déplorer dans l'enceinte judiciaire.
Le père de Toko voulait "la vérité"
Après le drame, le 4 septembre 2008, un affrontement communautaire entre des jeunes originaires d'Afrique noire comme Toko et d'autres originaires d'Algérie comme les frères Benrekta avait été évité de justesse, grâce à l'intervention du père de Toko, Kalomé Botowamungu, dont l'immense dignité avait imposé le respect à tous.
"J'étais venu chercher la vérité et la justice", a-t-il réagi juste après l'énoncé du verdict. "La vérité, on l'a tous entendue, mon fils n'a jamais été un trafiquant de drogue, ça n'a pas été une affaire du guerre des gangs qui se disputaient un territoire", a déclaré Kalomé Botowamungu en rendant hommage à "la qualité et la quantité de travail abattue" par les policiers et l'appareil judiciaire.
"La peine peut être diversement appréciée: on peut au bout d'un an de prison être très affecté et réellement puni et aussi sortir au bout de 20 ans et refaire sa vie", a-t-il simplement relevé.
"Sabri Benrekta paye pour son frère"
De son côté, Me Petit, l'avocat de Sabri Benrekta, avait évoqué immédiatement la possibilité de faire appel "ne serait-ce qu'à titre conservatoire pour connaître la situation algérienne", en référence au procès de Mohamed Benrekta, auteur des coups de feu mortels, qui doit selon lui avoir lieu "dans les prochains jours".
Pour lui, "en grande partie, Sabri paye pour son frère: on n'est pas dans le type de peine qui sont données dans ce genre de dossier pour quelqu'un qui était présent à côté de celui qui a tué", peine qu'il situe plutôt dans "une fourchette entre 12 et 15 ans" de réclusion.
Un genou à terre
Le drame s'était noué après une altercation violente entre Toko Botowamungu et Sabri Benrekta, au cours de laquelle ce dernier, moins fort, avait mis un genou à terre devant tout le monde, sur la place de la cité des Dervallières.
Les frères Benrekta étaient alors retournés chez eux chercher des armes, puis avaient retrouvé et poursuivi en voiture Toko, alors qui s'enfuyait avec un de ses amis dans un autre véhicule.
Le jeune homme avait perdu le contrôle de l'auto qu'il conduisait. Alors que celle-ci était immobilisée après avoir heurté un arbre, Sabri Benrekta avait brisé la vitre et obligé Toko Botowamungu à sortir "puis s'(était) écarté pour laisser son frère tirer", a souligné l'avocat général Yvon Ollivier dans son réquisitoire.
Pour M. Ollivier "la véritable raison de l'assassinat n'est pas le trafic".
"C'est" que Sabri Benrekta "a posé un jour le genou à terre, perdant la face devant la place entière, c'était insupportable". "Ce sont les gens qui sont les moins respectables qui ont le besoin le plus fort d'être respectés".