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Manifestation contre la loi Travail : le lycée Mandela bloqué

Le lycée Mandela de Nantes est resté bloqué vendredi matin. Une partie des élèves a rassemblé des poubelles devant les portes de l'établissement et a filtré les entrées.
Vendredi matin était à nouveau journée de grève pour les élèves du lycée Mandela de Nantes. Devant les portes de l'établissement, des poubelles ont empêché quiconque de passer. Derrière les portes vitrées, le rideau de fer est resté baissé.

"On filtre, en fait, nuance un élève de Première. On a laissé entrer les prépas qui ont des concours à préparer et ceux qui ont des examens."

Mais la plupart des lycéens est restée dehors toute la matinée. En arrivant à 9 heures, Thibault, élève de Terminale, raconte qu'il n'a pas pu aller en cours. "J'ai vu que c'était bloqué. On avait un projet à faire, on comptait travailler mais on ne peut pas entrer. On va devoir attendre après les vacances (de Pâques, NDLR)."

Chaïnez, également, n'a pas pu assister à ses cours. "Je devais aller au gymnase et le gymnase est bloqué. On n'a pas pu entrer."

beaucoup au lycée ne savent pas ce que contient le projet de réforme et on voulait les informer


Parmi les élèves qui se présentent comme à l'origine du blocage de ce matin, certains racontent qu'ils "voulai(en)t continuer après la manif' d'hier pour montrer que l'on est toujours pas d'accord avec la loi Travail". Un élève de Seconde explique que "beaucoup au lycée ne savent pas ce que contient le projet de réforme et on voulait les informer". 

Un sentiment confirmé par une autre élève de Seconde. "On n'a pas pu informer (nos camarades) hier à cause des débordements pendant la manif' et on a distribué des tracts (ce matin)", explique-t-elle. Notamment, un tract intitulé "Loi du travail, pourquoi s'y opposer?" publié par "Université de Nantes en lutte".
Un autre lycéen ajoute : "Certains connaissaient à peine les grandes lignes de la réforme en cours. Il fallait informer. Je sais que certains ont peur de faire ce mouvement."

Entourée de plusieurs de ses copines, Marion, élève de Première, explique qu'elle avait besoin de comprendre la contestation contre la loi Travail. "On a essayé d'avoir des discussions avec nos professeurs. On l'a fait hier, quand ils arrivaient au lycée."

Tous nos parents n'ont pas manifesté. Pour (eux), ça coûte cher de faire grève


Le soutien des parents

Comme elle, plusieurs élèves croisés ce matin devant le lycée ont le sentiment d'avoir le soutien de la plupart de leurs professeurs. Comme de leurs parents. "Les miens sont avec nous, oui, explique Félix, élève de Seconde. Pas complètement dans la forme parce qu'on ne va pas en cours, mais l'humeur générale, oui, c'est qu'ils sont avec nous." Un élève ajoute : "Les miens n'ont pas manifesté, mais ils étaient contents que j'y sois allé." Un autre lycéen, qui se présente comme faisant partie du groupe à l'origine du blocage du matin, précise : "Tous nos parents n'ont pas manifesté. Pour (eux), ça coûte cher de faire grève." Alors lui a défilé.

Kimi, qui est en Seconde, observe le blocage et explique qu'elle est pour le retrait de la loi Travail. "On a peur pour notre avenir. Et cette loi, c'est surtout nous qu'elle va concerner et sur nous qu'elle va avoir un impact."

Victoria, élève de Seconde, note que chez elle, l'avis est plus contrasté. "Ma mère pense que la France est dans un tel état économique que ça ne peut aller que de pire en pire. Elle n'est pas contre la loi, mais elle n'est pas tout à fait pour non plus, même si elle pense que ça peut aider."

Blocage le matin seulement

Sollicitée, la direction de l'établissement n'a pas voulu répondre à nos questions sur la situation dans l'établissement. Quant au reste des lycées de l'académie, le rectorat, non plus, n'a pas souhaité communiquer.

Les élèves à l'origine du mouvement de ce matin ont levé le blocage à l'heure du déjeuner. 

 

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