Cordemais, Loire-Atlantique : l'intersyndicale proteste contre le projet Hercule et bloque la centrale EDF

Le projet Hercule communiqué par la direction d'EDF de restructuration de l'entreprise est très fortement contesté par les organisations syndicales, qui ont appellé à la grève dès 21 heures le 16 décembre, et bloquent les entrées de la centrale de Cordemais ce 17 décembre.

La centrale thermique EDF de Cordemais est dotée d'une puissance de 1 200 MW électriques, fin mars 2018, elle a cessé de produire au fuel, l'arrêt du charbon est prévu pour 2022
La centrale thermique EDF de Cordemais est dotée d'une puissance de 1 200 MW électriques, fin mars 2018, elle a cessé de produire au fuel, l'arrêt du charbon est prévu pour 2022 © C.François France 3 Pays de la Loire

Des baisses de production sont possibles ce jeudi sur le réseau électrique, les salariés de la centrale de Cordemais sont en grève depuis mercredi 16 décembre à 21 heures. Ce jeudi 17, à l'appel de l'intersyndicale CGT, FO, CFE, CFDT, ils bloquent les accès à la centrale.

 

Trois couleurs

Cette manifestation d'humeur contre le projet Hercule de la direction d'EDF s'inscrit dans le cadre d'un mouvement de grève national avec de nombreux lieux de rassemblement de grève pour maintenir un service public de l'énergie.

Hercule consisterait à "découper" le groupe en deux (voire trois) filières, permettant ainsi à la filière nucléaire de devenir 100% publique et d’ouvrir les autres à des capitaux privés.

EDF bleu avec le nucléaire, et sans doute la dernière centrale à charbon française à Cordemais.

EDF vert avec les activités à fortes valeurs ajoutés, le commercial, la société de distribution d’électricité.

EDF azur avec les centrales hydroélectriques, détenues par l’État, EDF Outre-mer et Corse devraient être placés dans EDF Vert, à forte valeur ajoutée.

Cette réorganisation permettrait à l’État de subventionner le nucléaire sans contrevenir aux règles de la concurrence européenne, et d'apporter de l’argent frais via des capitaux privés. Ce qui fait dire à Gwénaël Plagne de la CGT, "on nationalise les pertes on privatise les bénéfices"!

 

Une grève suivie à Cordemais

Mais ce "découpage" provoque une levée de boucliers ! Syndicats de l'entreprise en premier lieu et politiques en second. Cette solution semble en effet contraire aux intérêts d’EDF et à ceux des consommateurs, dans la lignée d’un bilan loin d’être positif de la libéralisation du groupe depuis les années 1990.

Jeudi 10 décembre 2020, lors d'une précédente journée de grève, au plan national selon le groupe 27% des salariés l'avaient observée, 36% selon la CGT. 

À Cordemais, le nombre des gévistes avoisinerait 80% des 350 salariés de la centrale selon les syndicats. On constate une baisse de 11 000 mégawatts sur la production du réseau national.

"À Cordemais, la centrale a produit de la mi-novemebre à dimanche 13 décembre, la direction a remis la centrale en production hier après-midi en prévision de cette baisse, et a requis les personnels grévistes à 21h" indique Gwenaël Plagne.

Le piquet de grève a été levé dans la matinée, les syndicats reportant leur action à Saint-Herblain, prèsd e Nantes, au siège de Grdf.

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