Covid-19 : CoVepiT, mis au point à Nantes par Ose Immunotherapeutics sera-t-il le vaccin définitif ?

Deux start-up, l'une nantaise, l'autre parisienne, ont uni leurs forces, et leurs talents, pour créer Ose Immunothérapeutics. La biotech est en passe de compter dans la cour des grands de l'immunologie avec CoVepit, un vaccin durable contre le COVID-19.

À Nantes, Ose Immunotherapeutics développe un vaccin contre la covid-19.
À Nantes, Ose Immunotherapeutics développe un vaccin contre la covid-19. © Ose-Immuno.com

 

 

Ose Immunotherapeutics a mis au point un vaccin contre le COVID-19 qui va entrer prochainement en phase de tests. CoVepit, son vaccin, fonctionne différemment de ceux dont nous avons tous entendu parler. Pas de virus désactivé, pas d'ARN messager, c'est une troisième voie celle des lymphocytes T.

 

Une vaccination durable

Le procédé n'est pas nouveau, déjà pour le SRAS en 2003, chez les personnes naturellement infectées. 17 ans plus tard leur organisme réagit toujours, on retrouve des lymphocytes T. C'est le principe du BCG.

"La vaccination en cours induit la production d'anticorps pour empêcher le virus d'entrer, mais si le virus mute, il entrera autrement" remarque Nicolas Poirier, le directeur scientifique d'Ose Imunotherapeutics, qui voit là un net avantage sur les vaccins à ARN messagers dont la mise en production a été plus rapide : "Notre vaccin CoVepit ne nécessitera pas de vaccination répétée tous les 6 mois ou tous les ans, c'est une stratégie multi-cibles ou variants".

Nicolas Poirier, directeur scientifique de Ose Immunotherapeutics, la biotech nantaise entre en phase de test de son vaccin CoVepiT, contre le COVID-19
Nicolas Poirier, directeur scientifique de Ose Immunotherapeutics, la biotech nantaise entre en phase de test de son vaccin CoVepiT, contre le COVID-19 © Ose Immunotherapeutics

 

Du cancer au coronavirus

Avec les lymphocytes T, au début de sa recherche, le laboratoire nantais voulait soigner les cancers. "Notre approche développée pour le traitement du cancer a donné des résultats tangibles pour le cancer du poumon. Les patients vivent mieux, et plus longtemps, qu'avec les chimiothérapies. Les lymphocytes qu'on éduque savent cibler, et sont capables d'éliminer leurs cibles".

Et puis les bons résultats aidant, la crise sanitaire a fait le reste, pourquoi ne pas s'intéresser au COVID-19 ? "En général les industriels s'intéressent aux anticorps, en faisant l'impasse sur les variants, il faut développer des approches complémentaires pour élargir la réponse à long terme car on ne pourra pas vacciner la population de la planète tous les 6 mois !"

 

Un vaccin, c'est de l'emploi

Pour le vaccin en cours de développement par Ose Immunotherapeutics l'étude clinique sur l'homme va commencer ces prochaines semaines et durer jusqu'en juin. "Faut-il une ou deux injections, quels sujets, âge, présentant des comorbidités ? Une fois les réponses obtenues, les tests vont être étendus en 'vraie grandeur" jusqu'à la fin de l'année". Nicolas Poirier espère ensuite démarrer la production du vaccin et sa commercialisation début 2022.

Si CoVepit, vaccin franco-français, devait se développer rapidement, pas certain que le tissu industriel national actuel puisse le produire. "Il faudra s'associer soit, avec un géant pour se développer, en France, en Amérique du nord ou en Asie, où des laboratoires pharmaceutiques travaillant sur les polypeptides ont la possibilité de fournir, soit développer les outils industriels localement pour fournir des centaines de millions de doses". À une époque où les questions d'emploi en général et d'indépendance de l'industrie de la santé, en particulier, la question doit être posée sérieusement.

 

Ose Immunotherapeutics

Ose Immunotherapeutics est née il y a quatre ans à Nantes de la réunion de deux start-up, Ose Pharma à Paris et Effimune à Nantes. Passant ainsi au statut de biotech, elle emploie une soixantaine de personnes à Nantes et à Paris. Des médecins, des pharmaciens, des chercheurs, des ingénieurs, et travaille avec des entreprise de production à Castres et Strasbourg.

L'équipe de recherche est située à Nantes, l'équipe parisienne travaillant sur le développement industriel, les essais cliniques et les aspects réglementaires relatifs aux procédés d'immunothérapie.

 

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