COVID-19 : Nantes, coup dur pour Valneva, le gouvernement britannique résilie son contrat de 100 millions de doses

Le gouvernement britannique a dénoncé le contrat passé avec la société franco-autrichienne Valneva pour 100 millions de doses de son vaccin à virus désactivé, une technologie plus classique que l’ARN messager, et qui sert notamment pour les vaccins contre la grippe chaque année.
Le siège des laboratoires Valneva à Saint-Herblain près de Nantes en Loire-Atlantique
Le siège des laboratoires Valneva à Saint-Herblain près de Nantes en Loire-Atlantique © Jean-François Monier / AFP

Coup de théâtre pour le laboratoire franco-autrichien Valneva. Le gouvernement britannique l'accuse d'avoir manqué à ses obligations et a décidé de résilier son contrat.

"Le contrat inclut une clause permettant au gouvernement britannique d’y mettre fin. Il prétend de plus que Valneva a manqué à ses obligations, ce que Valneva conteste vigoureusement", a fait savoir, sans plus de détails, le laboratoire dans un communiqué.

Le gouvernement britannique avait fait figure de sauveteur pour le vaccin de la société franco-autrichienne basée en France à Saint-Herblain dans la métropole de Nantes. Alors que les discussions avec l’Union européenne avaient achoppé en avril, le Royaume-Uni avait, lui, commandé 100 millions de doses pour 2021-2022.

Boris Johnson, le Premier ministre britannique s'était personnellement mis en scène dans le laboratoire Valneva qui devait produire le vaccin contre la covid-19, à Livingston en Écosse le 28 janvier 2021
Boris Johnson, le Premier ministre britannique s'était personnellement mis en scène dans le laboratoire Valneva qui devait produire le vaccin contre la covid-19, à Livingston en Écosse le 28 janvier 2021 © Wattie Cheung / POOL / AFP

Un vaccin pour 2022

Valneva utilise un vaccin à virus désactivé, une technologie plus classique que l’ARN messager des produits de Pfizer-BioNTech et Moderna. C'est la technologie utilisée pour les vaccins contre la grippe saisonnière chaque année. Le laboratoire avait soumis en août sa demande d’autorisation auprès des autorités de santé britanniques.

Valneva indiquait fin d’août qu’il espérait, sur la base des essais de phase I et II, "avoir un vaccin qui soit efficace de manière supérieure à 80 %". "Il va falloir le démontrer dans l’essai de phase III", insistait alors son directeur général, Franck Grimaud.

Un vaccin qui n'a pas encore fait ses preuves

Les résultats des essais de phase III "sont attendus au début du quatrième trimestre". Ces résultats "feront partie de la soumission progressive du dossier de demande d’autorisation conditionnelle de VLA2001 auprès de l’agence de santé britannique. Sous réserve des résultats de phase III et de l’approbation de l’agence de santé britannique", Valneva pense qu’une autorisation initiale de mise sur le marché pourrait être obtenue à la fin de cette année.

Le groupe indique qu'il "continue à être pleinement engagé dans le développement de son candidat vaccin" et qu'il "va accroître ses efforts avec d'autres clients potentiels afin de s'assurer que son vaccin inactivé puisse être utilisé dans la lutte contre la pandémie. Des discussions avec l'Union Européenne sont toujours en cours".

Une décision politique ?

Selon Rafi Mardachi, PDG de Universal Medica Group, une société de conseil dans l'industrie pharmaceutique, "c'est certainement plus une décision politique qu'une prise de position médicale ou scientifique. Quand on regarde ses résultats Valneva est loin d'être ridicule et se défend très bien en termes d'efficacité contrele covid". Comme si les anglais rendaient la monnaie de leur pièce aux français leur bouderie contre AstraZeneca ?

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