"Il faut éduquer à la non violence dès le plus jeune âge", le collectif féministe nantais "Nous Toutes" en lutte permanente contre les agressions sexuelles et sexistes faites aux femmes

Parce que les violences faites aux femmes ne sont pas une fatalité, le collectif féministe nantais Nous Toutes organise ce jeudi 12 mai une session de formation pour libérer la parole et identifier les actes et les paroles répréhensibles.

1 femme tuée tous les 3 jours sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint, 250 femmes violées chaque jour.

32% des femmes victimes au moins une fois dans leur vie de harcèlement sexuel au travail.

Elles sont aussi 1,2 millions à être la cible d’injures sexistes chaque année. Les chiffres sont têtus et glaçants. 

"Les violences se glissent partout"

Pour le collectif féministe Nous toutes 44 ces violences subies ne sont pas une fatalité. Parce que la lutte est loin d'être terminée, l'association organise une formation en distanciel, ouverte à toutes et tous, pour contrer les violences sexistes et sexuelles.

"En tant que militantes, nous sommes bien sûr sensibilisées à la cause des femmes et surtout persuadées de l’importance capitale que revêtent ces actions", commentent les militantes.

La formation se fait en visio, les intervenantes parisiennes préfèrent rester à distance. "C'est crucial pour entendre et recueillir les témoignages, essentiel pour que la parole se libère au mieux", explique Camille Prin de Nous toutes 44. 

"L'idée est de présenter tous les types de violences, verbales, physiques, psychologiques, au travail, dans son couple, dans les administrations, sur les campus universitaires", ajoute la militante. 

Les violences peuvent être insidieuses et se glissent partout

Camille Prin

Nous toutes 44

Savoir identifier les signes

Et pour combattre le mal, il faut savoir l'identifier. "L'important est de savoir repérer les signes, décortiquer les mécanismes, et évaluer les conséquences sur la victime et les personnes de son entourage."

Malheureusement nous constatons souvent que le sujet n’intéresse pas forcément les personnes qui n’ont pas été touchées directement ou indirectement par le sujet.

Collectif Nous toutes 44

"Le plus difficile pour les victimes c'est d'en parler et pour les témoins d'aider à faire sortir la personne du déni, de l'aider à mettre des mots sur les maux et de l'orienter vers des associations et plus tard de l'amener à porter plainte", constate Camille.

Si la session organisée se fait à l'ESPI, une école d'immobilier, c'est aussi pour toucher les plus jeunes.

Il faut alerter le plus tôt possible et éduquer les femmes à la non violence dès leur plus jeune âge. D'autant que dans le milieu étudiant la question des violences reste taboue.

Camille Prin, militante Nous Toutes 44

La cause est encore loin d'être nationale comme l'annonce les uns après les autres les gouvernements. Les moyens mis sur la table ne suffisent toujours pas. "Statistiquement nous aurons pourtant tous et toutes à souffrir un jour de ce fléau en tant que victime ou proche de victime. Dans ces moments là il est très important de savoir comment agir et d'avoir les réponses adéquates", précise le collectif .

La formation dispensée le jeudi 12 mai à partir de 18h est gratuite et ouverte à toutes et tous sans prérequis nécessaire.

Il suffit juste de s'inscrire via Google docs ou par mail : contact.noustoutes44@gmail.com