Loire-Atlantique : SOS médecins en grève pendant 24 heures à Nantes et Saint-Nazaire

SOS Médecins a annoncé un arrêt total de l'activité pendant 24 heures à partir de lundi 27 septembre 2021 à 8h pour alerter les Français sur la disparition programmée de la visite à domicile. L'antenne nantaise de SOS Médecins a effectué 92 000 visites de patients en 2019.

"Cela fait plus de 10 ans que nous ne nous sommes pas mis en grève", détaille le président de SOS Médecins Nantes, le docteur Boris Dumont. Ce qui souligne l'importance du mouvement de ce lundi.

Au niveau national, la fédération avait décidé début septembre d'appeler ses adhérents à une telle journée d'action afin d'obtenir une augmentation du tarif des visites à domicile, explique l'Agence France Presse, prévoyant d'en révéler la date au dernier moment pour éviter que "le mouvement soit tué dans l'oeuf" par des réquisitions précoces.

"Depuis plus de 15 ans, les moyens alloués à la visite à domicile sont insuffisants au regard des besoins des Français et du vieillissement de la population", estime SOS Médecins dans un communiqué, notant à titre d'exemple que "l'indemnité de déplacement de 10 euros pour les visites de jour n'a pas évolué depuis 15 ans". 

"La conséquence principale de cette dévalorisation de la visite est un désengagement croissant des médecins généralistes de cette pratique", déplore la fédération, pour qui "la visite à domicile est en danger".

En Loire-Atlantique, deux centres s'occupent des urgences non vitales et de la permanence des soins 24 heures sur 24 et 365 jours sur 365.

L'un sur Nantes et l'autre sur Saint-Nazaire et la presqu'île Guérandaise (Saint-Nazaire, La Baule, Guérande).

Sur Nantes SOS médecins intervient à domicile sur 15 des 24 communes de l’agglomération nantaise, soit 92 % de la population de l’agglomération.

L'antenne nantaise a effectué 92 000 visites de malades en 2019, dont 44 000 en visite de continuité de soins.

Ce sont ces dernières qui sont au cœur du mouvement de grève selon le président de SOS Médecins Nantes.

Le Docteur Boris Dumont affirme qu'ils sont les seuls médecins à encore pratiquer ce type de visite.

"Sur l'agglomération nantaise, les médecins généralistes ne font quasiment plus de visites non programmés" insiste-t-il.

Si SOS médecins arrête ou en tout cas diminue très fortement ces visites à domicile non programmées il n'y aura plus personne pour les faire

- Docteur Boris Dumont - président SOS Médecins Nantes

Des visites qui sont indispensables pour assurer la qualité et le suivi des soins notamment auprès des personnes âgées et dépendantes.

"Lors de ma permanence du vendredi 24 septembre 2021 j'ai vu trois patients en maison de retraite. L'un pour problème d'insuffisance cardiaque. Un autre pour déshydration et le troisième pour une plaie" explique le médecin.

"Deux patients ont été maintenus à domicile avec des soins et une perfusion. L'insuffisant cardiaque a été hospitalisé. Si SOS Médecins ne se déplace pas, ce sont trois patients qui vont aux urgences" conclut le docteur Dumont.

Mais aussi les personnes isolées et en situation de précarité.

"Autre exemple" ajoute le président de SOS Médecins, "dans le quartier Bellevue à Nantes une femme seule qui vit avec quatre enfants à domicile dont un qui a une fièvre persistante à 39 degrés. Il avait une otite quand je l'ai vu".

"Son médecin traitant ne pouvait pas la recevoir avant 4 jours. Et elle n'a pas pu avoir de rendez-vous chez un autre médecin généraliste car en raison du contexte sanitaire aucun médecin ne prend de nouveau patient".

"Dans ce cas-là, la seule solution ce sont les urgences pédiatriques du CHU. Mais comment vous faites pour aller aux urgences quand vous avez quatre enfants et pas de moyens de transport? "demande Boris Dumont pour qui ce cas emblématique relève d'une urgence médico-sociale.

Le médecin demande de porter la valeur de la visite urgente en journée à 57,60 euros "ce qui a été la somme accordée aux médecins généralistes pour aller en maison de retraite du temps de la COVID" insiste le praticien.

"Comme si à la fin de la crise sanitaire la visite n'était plus utile", regrette le président de SOS médecins Nantes.

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