Mort de Robert Badinter. Il a vécu et étudié à Nantes entre 1939 et 1940

Garde des Sceaux de François Mitterrand et auteur de la loi sur l’abrogation de la peine de mort, Robert Badinter s'est éteint ce vendredi 9 février 2024, à l'âge de 95 ans. De confession juive, sa famille s'était réfugiée à Nantes entre 1939 et 1940. Abolitionniste convaincu, il avait défendu en 1977 Michel Bodin, meurtrier d'un sexagénaire en Vendée.

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Né en 1928 à Paris, Robert Badinter, découvre la Loire-Atlantique et notamment Le Pouliguen lors de vacances d'été en famille. Charlotte Rosenberg et Simon Badinter, ses parents, sont fourreurs à Paris. 

À l'été 1939, alors que les bruits de bottes se rapprochent, son père décide que la famille restera à Nantes, tandis que le chef de famille rentre à Paris. En septembre, Robert Badinter fait sa rentrée au Petit Lycée, une annexe du lycée Clemenceau qui porte aujourd’hui le nom de lycée Jules-Verne. Son frère, Claude, de trois ans son aîné, rejoint le grand lycée.

"À Nantes, la famille s’installe dans un appartement situé au deuxième étage du numéro 2 de la rue du Château. On y entrepose les stocks de fourrures familiales ramenées de Paris. Charlotte Badinter, aidée d’un vieil ouvrier, ouvre une boutique rue de Feltre, louée à un jeune fourreur nantais mobilisé", relate un article de Nantes Patrimonia.

En septembre 1940, la famille repart à Paris avant de rejoindre la zone libre en 1941. Simon Badinter, son père, fait partie des victimes de la rafle de la rue Sainte-Catherine, ordonnée par le chef de la Gestapo lyonnaise Klaus Barbie le 9 février 1943. Déporté à Sobibor, il ne reviendra pas des camps d’extermination nazis.

En 1977, Robert Badinter défend Michel Bodin

Robert Badinter suit des études de lettres et de droit et devient avocat au barreau de Paris à l’âge de vingt-deux ans. Spécialiste du droit des affaires, il est aussi un abolitionniste convaincu.

En 1977, à Nantes, il défend Michel Bodin, meurtrier d'un vieillard à Sérigné, en Vendée. Après une condamnation à mort par la cour d'assises de La Roche-sur-Yon, le verdict est invalidé par la Cour de cassation et l'homme de 25 ans, est finalement condamné à Nantes à la réclusion criminelle à perpétuité, une victoire pour Robert Badinter.

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En novembre 1977 à Nantes, Robert Badinter défend en appel Michel Bodin, condamné à la peine capitale par la cour d'assises de La Roche-sur-Yon. ©France Télévisions
En mai 1981, il devient ministre de la Justice du 1ᵉʳ gouvernement de François Mitterrand. Le 10 octobre 1981, la peine de mort est abolie en France.

En avril 2008, Robert Badinter revient à Nantes, invité d'honneur pour la commémoration du bicentenaire du lycée Clemenceau. Il avait confié ses souvenirs au micro de France 3 Pays de la Loire.

"C’était un petit établissement à l’époque. J’étais venu ici à plusieurs reprises pour chercher mon frère qui lui était élève dans le grand lycée, ce lycée à l’époque me paraissait immense."

"Pourquoi est-ce qu’on l’a appelé lycée Clemenceau plutôt que lycée Clemenceau et Briand ?, s'interrogeait l'ancien élève devenu avocat. Je trouve que ç'aurait été plaisant de réconcilier ainsi deux grands hommes d’État républicains, qui ont soutenu de grandes causes, qui ne s’aimaient pas beaucoup et ne partageaient pas toujours les mêmes vues".

L'école publique de Ballon porte le nom d'Elisabeth et Robert Badinter

Avec son épouse, Elisabeth, il avait fait le déplacement en mars 2010 pour l'inauguration de l'école publique de Ballon, en Sarthe, qui porte leurs noms.

"Pour Robert et moi, l’école et en particulier l’école publique est extraordinairement chère à notre cœur. L’endroit où on aurait rêvé d’avoir nos noms ensemble, c’est bien dans une école publique", confiait la femme de lettres, féministe et philosophe.

"Là, nous avons touché le lot commun, souriait Robert Badinter en réponse à son épouse. Je dis toujours, contrairement à ce qu’on croit en arithmétique, 1+ 1 ne font pas que 2 quand il s’agit d’un couple".

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