Nantes : Intercités Lyon et Bordeaux, la SNCF déplore l'appel d'offre sans suite

Le gouvernement a finalement déclaré sans suite l'appel d'offres de mise en concurrence des trains Intercités Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux, seule la SNCF a fait acte de candidature à sa propre succession, soulignant l'échec de ce projet du gouvernement.

Destination Bordeaux, train Intercités en gare de Nantes le 24 octobre 2019
Destination Bordeaux, train Intercités en gare de Nantes le 24 octobre 2019 © Christophe Turgis France 3 Pays de la Loire

Dans une note interne tweetée par un militant CGT et authentifiée par la direction, la SNCF indique que le ministère des Transports l'a informée dans un courrier mercredi de sa décision de déclarer l'appel d'offre sans suite, en raison d'une "insuffisance de concurrence".

Ce qui fait dire aux cheminots que "seule la SNCF ayant répondu à l'appel d'offre, du coup le gouvernement annonce qu'il va en faire un autre. Si la SNCF gagne... ça ne compte pas !"

Un cheminot conducteur nantais qui souhaite garder l'anonymat, interprète ce revers comme "un refus de l'État de voir la SNCF continuer l'exploitation de ces deux lignes".

La lettre précise que "l'État examinera les conditions d'une relance de la procédure de mise en concurrence dès lors que les perspectives de l'issue de la crise sanitaire seront clarifiées", selon la SNCF.

"L'État découvre que le privé ne se positionnera que là où il peut se remplir les poches et non pour rendre un service public. En attendant au quotidien, SNCF on est là", commente l'Unsa Traction.

 

"Quel foutage de gueule", a renchéri Bérenger Cernon, le militant CGT qui a publié la note de la direction.

 

La SNCF pénalisée par la défection de ses concurrents

En annonçant dès janvier 2019 la mise en concurrence des "trains d'équilibre du territoire" (TET, plus couramment appelés Intercités) Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux, la ministre des Transports de l'époque, Elisabeth Borne, avait pourtant voulu montrer l'exemple. L'objectif était d'avoir un nouvel exploitant en 2022.

Le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou avait plaidé pour que le processus aille à son terme et que l'État discute de l'offre du groupe public. Rejoignant ainsi à sa manière l'avis des syndicats de salariés sur le changement des règles du jeu.

"Je ne vois pas pourquoi on serait pénalisés parce que d'autres ne se sont pas présentés", avait déclaré Jean-Pierre Farandou début décembre au Sénat.

Dans son document mercredi, SNCF Voyageurs "prend acte" de la décision du ministère et "regrette qu'il n'ait pas été permis à l'entreprise et aux agents engagés dans ce projet de démontrer la qualité de l'offre préparée depuis des mois, leur expertise, et leur capacité à innover au service des voyageurs".

 

 

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