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Notre-Dame-des-Landes : un couple de riverains réclame 380 000 euros à l'Etat

Guy et Béatrice Lamisse devant la préfecture de Nantes, en janvier 2016 / © France 3 Pays de la Loire
Guy et Béatrice Lamisse devant la préfecture de Nantes, en janvier 2016 / © France 3 Pays de la Loire

Guy et Béatrice Lamisse possèdent deux maisons en bordure de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Depuis une dizaine d'années, elles sont régulièrement vandalisées et squattées. Ils attaquent aujourd'hui l'Etat qu'ils accusent d'"immobilisme".

Par Fabienne Béranger

La maison de Guy et Béatrice Lamisse est en bordure de la Zone d'aménagement différée de Notre-Dame-des-Landes qui était destinée à accueillir le désormais ex-projet d'aéroport.

Une habitation de 250 m², composée de deux bâtiments, sur une dizaine d'hectares située hameau de l'Isolette, "bordée par la route communale qui, elle, était entièrement dans la ZAD (...) et sur laquelle il y avait trois squats", précise Guy Lamisse.

Attachés aux lieux, à l'origine une demeure de famille, les époux Lamisse n'ont pas voulu vendre lorsque le projet d'aéroport du grand ouest a été évoqué.

De 2010 à 2013, le fils des Lamisse a habité l'Isolette. Las, il a fini par quitter les lieux. 

"Il travaillait de nuit et devait laisser sa femme et ses deux jeunes enfants seuls, c'était invivable, ils (les Zadistes) venaient frapper à la porte : "passe-moi les clefs de la voiture", demander si c'était un squat... Ils ont tout fait pour qu'ils partent".

Tant que mon fils état là-bas, il faisait la police. Après son départ, en juillet 2013, on a eu notre premier squat - Guy Lamisse

"Ça a duré trois jours, on n'a pas demandé quoi que ce soit, on les a virés un peu manu militari", se rappelle le propriétaire des lieux.

La maison des Lamisse tagguée à Notre-Dame-des-Landes, avril 2016 / © DR
La maison des Lamisse tagguée à Notre-Dame-des-Landes, avril 2016 / © DR

Pourtant, jusqu'en juillet 2018, "on a eu toutes sortes de tentatives d'intimidation pour nous faire partir", la maison "a été squattée, vandalisée, il y a eu des vols, des pillages", déplore Guy Lamisse, qui précise que si toute exaction a cessé, "nous avons toujours des voisins un peu indésirables, notamment sur la village de la Grée où nous avons des "radicaux", c'est eux-même qui se nomment comme ça".

Les époux Lamisse, qui habitent Nantes, passent donc tous les deux jours à l'Isolette, à une vingtaine de kilomètres de leur domicile, pour éviter que ne s'installent de nouveaux squatters.
 

"Qu'est-ce-qu vous voulez qu'on y fasse ?"

En janvier 2016, le couple Lamisse avait déposé, au nom d'un collectif de riverains, une pétition à la préfecture de Nantes afin de réclamer l'évacuation de la "zone d'aménagement différé" devenue "zone à défendre" pour les opposants au projet d'aéroport sur les terres prévues pour l'accueillir.

Guy Lamisse, alors porte-parole du collectif, avait demandé au préfet "le retour à la paix publique. Les forces de l'ordre n'interviennent plus du tout. On veut un respect du droit et des lois, même si la zone n'est pas évacuée tout de suite", déplorait-il alors.

La maison des Lamisse vandalisée en janvier 2017 / © DR
La maison des Lamisse vandalisée en janvier 2017 / © DR

"On a écrit maintes et maintes fois aux différents niveaux de l'Etat sans avoir de réponse satisfaisante", explique aujourd'hui Guy Lamisse, "un jour un fonctionnaire m'a dit :"qu'est-ce-qu vous voulez qu'on y fasse ?", nous on a continué à payer nos impôts, nos assurances, sans pouvoir jouir de notre bien".

"Notre souhait c'était de se faire un revenu complémentraire en rénovant et en louant",
explique Guy Lamisse, en prévision de sa retraite de maraîcher "pas bien élevée".

"Après une trentaine de plaintes déposées pour dégradations, vandalisme, pillages, effractions, squats, vols (...) nous avons décidé d'attaquer l'Etat pour faute, rupture d'égalitè devant les charges publiques, préjudice, préjudice de jouissance, préjudice moral, préjudices matériels.


Dans sa requête, déposée mi-mai au tribunal administratif de Nantes, le couple Lamisse réclame 377 433 euros à l'Etat.

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