On est allé voir ce que devient la tour Bretagne, symbole urbanistique de Nantes

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Voilà deux ans que la tour Bretagne à Nantes a été vidée de ses occupants et les travaux de désamiantage n’ont toujours pas commencé, encore moins ceux qui doivent lui redonner une nouvelle affectation, une nouvelle image.

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Au pied de la tour Bretagne, sur la place du même nom dans le centre-ville de Nantes, l’entrée de l’immeuble est masquée par des palissades. Des affiches de concerts y sont apposées. Sur l’une d’elle : Grand Corps Malade. Un clin d’œil de circonstance. L’immeuble de 144 mètres de haut et 41 niveaux a bien l’aspect d’un grand corps malade. Et, pour le moment, si le diagnostic a été posé, les soins ne suivent pas.

La tour en "état avancé de vieillissement" selon les propres mots de Geoffroy Petit, président du conseil syndical de l’immeuble, est fermée au public depuis juin 2020, date qui avait été donnée aux occupants d’alors pour quitter les lieux suite à une étude ayant montré en 2017 la présence de poussière d’amiante dans les conduits de désenfumage.

La tour, devenue depuis 1974 un des éléments forts du patrimoine urbanistique nantais, va être dépecée, désamiantée et rhabillée des pieds à la tête. "Un diagnostic approfondi a été fait pour voir de quoi les lieux étaient capables en cas de restructuration" précise Geoffroy Petit. On commence à voir se dessiner les choses.

Cet immeuble principalement de bureaux sera repensé et destiné à des occupations plus variées. Il y aura aussi des logements, de l’hôtellerie, des commerces au pied de la tour, sur la place Bretagne mais aussi à sa base, près du Cours des 50 Otages. Le dernier étage restera accessible au public, comme il l'avait été avec le Nid, ce bar œuvre de l'artiste nantais Jean Julien installé au sommet en 2012. 

L'horizontalité des sols de certains étages sera aussi rectifiée. Ceux qui y ont travaillé ont le souvenir désagréable, à certains niveaux, d'avoir marché sur un sol qui penchait. Résultats d'une évolution ni prévue ni maîtrisée de la structure.

Mais tout cela n'est pas pour demain car, à ce jour, depuis qu'elle a été vidée de ses occupants il y a deux ans, rien n'a bougé dans la tour Bretagne.

Un calendrier encore incertain

Selon des projections qui restent à confirmer, un concours d’architectes va être lancé à la fin de cette année 2022. Le désamiantage ne devrait pas intervenir avant fin 2024 (il y a de l’amiante un peu partout, les revêtements de sol, les coffrages et jusque dans les joints de vitrage). Il ne restera fin 2025 que le squelette de l’immeuble. Ce sera sans doute une vision surprenante pour les Nantais habitués à l'immeuble de verre sombre.

Prévoir ensuite deux ans pour les travaux de rénovation. Donc pas de livraison de la tour Bretagne nouvelle version avant 2027.

Le projet travaillé en collaboration avec les Bâtiments de France, transformera profondément l’image de la tour. "Transformer son image, son apparence, c’est le vrai challenge des futures équipes d’architectes, confirme Geoffroy Petit. Ça sera un projet exemplaire en matière de bilan carbone !"

On imagine même utiliser l’aspect très venté de la place Bretagne pour rafraîchir la tour.

"On va mettre en place de l’économie circulaire en essayant de récupérer ce qui est récupérable" tient à préciser le président du conseil syndical, lequel réunit le cabinet immobilier Giboire, propriétaire de 66 % des parts, Nantes Métropole pour 20%, le cabinet immobilier Lamotte pour 9 % et quelques propriétaires de parkings.

Ce projet ne fait pas peur au cabinet Giboire dont Geoffroy Petit est aussi le directeur de la promotion en Pays de la Loire. "Travailler sur 25 000 m² de plancher, on sait faire", dit-il. Le cabinet travaille sur un projet d’ampleur également à Angers, le projet Métamorphose sur la zone Saint-Serge ou sur celui de l’ancienne CPAM de Vannes, le projet Renaissance.

En attendant, dans la tour Bretagne, il ne reste qu’une équipe de sécurité, présente 24h sur 24.