RER dans plusieurs métropoles françaises : en Pays de la Loire, les réactions à l'annonce d'Emmanuel Macron sont mitigées

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Écrit par Olivier Quentin avec Juliette Poirier

"Développer un réseau de RER dans dix métropoles françaises", l'annonce du président de la République Emmanuel Macron ce 27 novembre peut-elle concerner la métropole nantaise ? Quelques éléments de réponse.

Lors d'un message diffusé sur Youtube ce dimanche 27 novembre, Emmanuel Macron a annoncé vouloir lancer des projets de RER dans 10 grandes villes de France.

"Pour tenir notre ambition écologique, dit-il, il faut qu'on se dote d'une grande ambition nationale qui est de développer un réseau de RER dans dix grandes métropoles françaises. C'est se dire, au fond, le RER, ce n'est pas que sur Paris. Dans les dix principales villes françaises où il y a une thrombose, où il y a trop de circulation, où les déplacements sont compliqués, on doit se doter d'une vraie stratégie de transport urbain."

"Moi je dis : chiche !"

Effet d'annonce ou réelle ambition ? Le vice-président en charge de la mobilité à Nantes Métropole croit plutôt à la première option.

"Quand un président de la République fait une annonce aussi importante que celle-ci sur un réseau social, visiblement sans en avoir parlé à tous les membres du gouvernement en charge, sans en avoir parlé aux autorités organisatrices des mobilités en charge et sans avoir vraiment quelques éléments chiffrés à donner ni même la liste précise des métropoles concernées, tout ceci sent un peu le coup de publicité, juge Bertrand Affilé.

Il poursuit : "Moi je dis : chiche ! Allons-y, travaillons sur ce que peut apporter un RER pour notre métropole. Maintenant on va travailler sur le chiffrage, sur comment ça pourrait fonctionner et à quel horizon." 

Un sujet ancien mais bloqué

Le président de la Fédération nationale des usagers des transports (FNAUT) en Pays de la Loire n'est pas plus convaincu. Dominique Romann se réjouit que le sujet revienne sur le tapis, mais il existe des années lumières entre l'annonce et réalisation selon lui.

"C’est un sujet très ancien qui est bloqué mais pas partout, considère le président de la FNAUT. Il existe des métropoles en France comme Bordeaux et Strasbourg qui ont passé les accords politiques qu’il fallait, qui ont mis en place des cofinancements région, métropoles, intercommunalités voisines pour débloquer les choses et qui ont des premières liaisons qui commencent à fonctionner. Le problème à Nantes, c’est qu’on n’a pas d’accord entre la région et les intercommunalités qui sont concernées."

"C’est bien que le président relance le projet mais il faut mettre les accords politiques et les financements en place."

Dominique Romann, président FNAUT Pays de la Loire

Bertrand Affilé veut prendre le président de la République au mot et lui demande de mettre de l’argent sur la table. Il estime que le conseil régional et la métropole nantaise n’auront pas les moyens de développer de tels services.

"Où est l'argent ?"

Côté Région justement, le vice-président en charge des transports Roch Brancour rappelle que ce projet de RER est sur la table depuis 2019 en Pays de la Loire. "La présidente des Pays de la Loire, précise-t-il, s'était déclarée candidate pour Nantes, Angers et Le Mans qui sont des étoiles ferroviaires, à ce qu'on puisse travailler sur des RER métropolitains sur ces villes."

Mais tout comme son homologue de la métropole ou le président de la FNAUT, il attend de connaître les intentions de l'Elysée sur le financement du projet. "Ça représente des besoins de financements pour faire des travaux, pour moderniser, la signalisation, les voies qui permettent de faire circuler beaucoup plus de trains et pour payer beaucoup plus de trains. Où est l'argent ?" demande Roch Brancour.

Ce dernier estime qu'il n'est pas techniquement possible, aujourd'hui, d'augmenter la cadence des trains dans les métropoles. 

"Il n'est pas question pour nous de prendre sur les financements qui sont prévus pour le transport ferroviaire dans la ruralité, dans le périurbain pour tout mettre sur les villes," prévient l'élu régional.

"Les usagers sont de retour dans les trains, nous avons donc besoin de ce choc d’offre à court terme, c'est-à-dire plus de trains tous les jours ."

Simon Citeau, co-président du groupe des élus écologistes et citoyens de la ville de Nantes

De leur côté, les élus écologistes de la métropole nantaise, de la région des Pays de la Loire et du département de Loire-Atlantique ont signé un communiqué dans lequel ils soutiennent l'idée d'un développement de l'offre ferroviaire sous la forme d'un RER, mais demandent eux aussi quelques précisions importantes.

"L’annonce du président Emmanuel Macron est incomplète à ce stade, déclare Lucie Etonno, présidente du groupe L’Écologie ensemble et membre de la commission transport au conseil régional. Il manque des moyens pour financer les travaux d'infrastructures, et l’achat de matériel roulant pour réussir ce saut d’offre."

En clair, les collectivités attendent que l'annonce d'Emmanuel Macron soit suivi d'un plan de financement où l'État s'engagera fortement, sans quoi cela restera une annonce.

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