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Les terrains de sport en pneus recyclés : Orvault n'en veut plus, Nantes temporise

Certains matériaux utilisés sur les terrains de sport synthétiques sont-ils toxiques ? / © Olivier Quentin
Certains matériaux utilisés sur les terrains de sport synthétiques sont-ils toxiques ? / © Olivier Quentin

Des déchets de pneus pour réaliser des terrains de sport en synthétique. L'idée semblait bonne mais on craint une forme de toxicité. L'Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire de l'Alimentation, de l'Environnement et du Travail a été saisie par la ministre des sports pour donner son avis. 

Par Olivier Quentin avec Christèle Pineau

Les terrains de sport fabriqués avec des billes de pneus recyclés ont eu un certain succès en France il y a plus d'une décennie.

Ils présentaient alors beaucoup d'avantages dont celui d'être praticables par n'importe quel temps.

Le problème c'est que les billes de pneus sont soupçonnées d'être toxiques du fait de leurs composants initiaux.

On attend le rapport de l'ANSES


Révélé par le magazine So Foot, ce dossier a alerté le Ministère des Sport qui a saisi l'ANSES (agence nationale de la sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail).

On attend donc son rapport mais d'ores et déjà la commune d'Orvault a choisi la prudence. Ses trois terrains arrivant en limite d'utilisation, elle a profité des travaux de réfection pour les refaire avec d'autres types de revêtements.

"La décision a été prise il y a un an de renbouveler les terrains nous a expliqué Aliette Berthelot adjointe au sport de la Ville d'Orvault, mais avec la nouvelle polémique on a réfléchi à un nouveau concept et on a choisi d'opter pour des terrains synthétiques avec liège."

Deux des trois terrains d'Orvault bénéficieront de ce nouveau revêtement synthétique, à base de billes de liège. Pour le troisième, ce sera l'an prochain. 

Mais il y a un surcoût de 100 000 euros par terrain.
Les résidus qui se détachent des terrains de sport synthétiques sont-il vraiment sans danger pour la santé des joueurs ? / © Olivier Quentin
Les résidus qui se détachent des terrains de sport synthétiques sont-il vraiment sans danger pour la santé des joueurs ? / © Olivier Quentin

A Nantes, chaque année, on rénove un des 18 terrains de ce type.  Sauf rapport négatif de l'ANSES, on n'a pas choisi pour le moment de refaire préventivement les revêtements.

"On va attendre les études de L'ANSES déclare Ali Rebouh adjoint délégué au sport de la ville de Nantes (SE).  A partir de là, on verra comment on adaptera les nouvelles créations ou les nouvelles rénovations de terrains synthétiques."

Des brûlures anormales


Sa collègue élue Catherine Bassani-Pillot  (EELV) déléguée à la santé environnementale est plus inquiète :

" Il y a 10 ans nous raconte-t-elle, un de mes enfants était licéncié dans un club avec un nouveau stade tout beau tout neuf avec des billes de pneus recyclés. Il revenait avec des brûlures que je ne trouvais pas normales. Aujourd'hui élue et en charge de la santé environnementale, je me suis saisie de ce dossier. Je n'ai trouvé aucune étude indépendante sur ce sujet. Avec mes collègues écologistes, poursuit-elle,  on a alerté tout de suite sur le fait que ça nous ennuyait vraiment de continuer à installer des terrains sans faire une évaluation bénéfices/risques sur l'usage de ces équipements."

Un point de vue qui est resté lettre mort pour le moment à la Ville de Nantes.

Pourtant, ces blessures anormales, d'autres sportifs nous en ont parlé : 

Laurine, Élodie et Maxime sont toutes trois en sport-étude au Lycée de la Colinière à Nantes. Elles ont constaté que les terrains synthétiques n'avaient pas que des avantages :

"Quand on rentre chez nous, on ramène plein de billes (noires) nous explique l'une d'elles, et les parents rouspètent un peu."

"Quand on tombe on se brûle,
témoigne une autre, et pour cicatriser c'est long et ça fait des marques." 

"On a plus chaud quand on joue sur un terrain synthétique par 
rapport à un terrrain en herbe." remarquent-elles.

Mais ces joueuses apprécient par mauvais termps de pratiquer le football sur un terrain synthétique, c'est moins salissant.

De fait, ces terrains ont effectivement l'avantage d'être utilisables toute l'année et de nécessiter moins d'entretien. 

Est-ce suffisant pour botter en touche sur les questions de santé publique ?


Voir le reportage de Christèle Pineau, Olivier Quentin, Fredéric Grunchec  et Dominique Boutmin

avec les interviews de :
Aliette Berthelot adjointe déléguée au sport - Ville d'Orvault
Jérémy Labbé responsable technique club St-Médard de Doulon
Laurine Élodie Maxime section sport études Lycée La Colinière Nantes
Ali Rebouh adjoint à la ville de Nantes (SE) délégué au sport
Catherine Bassani-Pillot Élue à la ville de Nantes (EELV) déléguée à la santé environnementale




 

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