Des heurts, des affrontements, des manifestations qui dégénèrent... Un vocabulaire devenu habituel lorsqu'il faut rendre compte des mouvements sociaux en centre-ville de Nantes.
Comment expliquer cette violence récurrente ? Entre présence de "l'ultra-gauche" et répression policière, enquête sur les tensions qui pèsent très lourdement sur la liberté de manifester des citoyens. 

L'oeil ensanglanté

Il a encore le blanc de l’œil à vif, et sort tout juste d’une opération pour sauver sa rétine. Dans le bureau de son avocat, Antoine vient déposer une plainte.

Nous sommes mi-juin. Deux semaines auparavant, un policier a dirigé une lance à incendie à moins d’un mètre du visage du jeune homme. Lancée à haute pression, l’eau a arraché un morceau de cornée, et provoqué un décollement de rétine. Ironie de l’histoire : Antoine manifestait contre les violences et les armes utilisées pour le maintien de l’ordre, une semaine après qu’un jeune homme ait eu la main arrachée par une grenade à Notre-Dame-Des-Landes.
 
Notre reportage sur les violences pendant les manifestations à Nantes
Ce jour-là, le 30 mai 2018, moins de 300 personnes manifestent, main droite gantée de rouge, et se trouvent devant la préfecture pour des prises de parole, quand les forces de l’ordre décident d’utiliser la lance à incendie pour dégager tout le monde.

Pour justifier cette dispersion, Johann Mougenot, directeur de cabinet de la préfecture de Loire-Atlantique nous expliquera que "des dégradations avaient été commises. C’est pour y mettre un terme qu’il a été fait usage de l’engin lanceur d’eau, qui n’est pas une arme létale."

En fait de dégradations, il s’agirait selon Sarah, l’une des manifestantes, d’un tag, une main rouge sur un mur de la préfecture, dans la lignée des statues rennaises barbouillées quelques jours plus tôt, sans intervention de la police.

Après avoir fait usage des lances à eau, les forces de l’ordre chargeront les manifestants, tout en les empêchant de quitter la zone, à l’instar de Stéphanie Ouisse, matraquée devant son fils adolescent, et elle aussi venue déposer plainte.

Ce 30 mai, l’ampleur très limitée de cette manifestation, filmée de bout en bout par l’une de nos équipes, permet de corroborer une grande partie des faits que nous décrivent Antoine et Stéphanie.
Sur d’autres manifestations, il est plus difficile pour les journalistes de juger d’un usage de la force qu’ont dénoncé plusieurs associations et rapports d’ONG.

Atteinte au droit de manifester ?

 
Publié au printemps 2017, le rapport d'Amnesty International revient notamment sur les dérives constatées à Paris, Nantes et Rennes pendant les manifestations contre la loi travail au printemps 2016.
Publié au printemps 2017, le rapport d'Amnesty International revient notamment sur les dérives constatées à Paris, Nantes et Rennes pendant les manifestations contre la loi travail au printemps 2016.
En mai 2017, Amnesty International dénonçait, dans un rapport, les atteintes au droit de manifester, sous couvert d’utilisation de l’état d’urgence.

Le document de 48 pages revient sur le printemps et l’automne 2016, marqués en France par les manifestations contre la loi Travail. Des manifestations souvent violentes, 336 policiers et 45 gendarmes blessés, mais aussi sévèrement encadrées.
Pour Nantes, Amnesty International note, par exemple, neuf décrets interdisant divers rassemblements, mais aussi, comme à Rennes ou Paris, un usage répété et massif des tirs de flashballs, des grenades lacrymogènes ou désencerclantes, et la confiscation de matériels de secourisme.

Pour l’ONG, ces pratiques entrent en violation avec le principe de proportionnalité censé encadrer, en France, l’usage de la force.
Par exemple, les gaz lacrymogènes, rappelle Amnesty International, ne devraient être utilisés en France que dans les situations de violences généralisées, lorsqu’il est impossible de cibler les individus dangereux.

Dans son rapport, Amnesty International dit n’avoir obtenu, auprès de la préfecture de Nantes, aucune information spécifique sur l’efficacité réelle de ces mesures.
Dominique Curis, chargée de plaidoyer pour Amnesty International
Interrogé à ce sujet, Johann Mougenot, directeur de cabinet de la préfecture de la Loire-Atlantique, précise ainsi les circonstances du recours à la force : "Il y a deux cas de figure : soit pour disperser une manifestation qui dégénère, sur décision du préfet. Soit, et c’est le cas le plus fréquent... 

... les forces de l’ordre agissent directement dans le cadre de la légitime défense, lorsqu’elles sont prises pour cible par des manifestants."

Les policiers directement visés par des manifestants

À Nantes, pendant les manifestations contre la loi Travail en 2016, plus d’une centaine de policiers avaient été blessés.  Dans une salle de l’hôtel de police, les agents conservent un petit musée des projectiles et armes de fortune, depuis le simple pavé, jusqu’à la poêle à frire reconvertie en bouclier, en passant par les dangereuses bouteilles remplies de liquide corrosif.

Dans une vitrine, un casque de policier, dont la visière, pourtant conçue pour résister aux chocs, a été brisée net. "Si le policier n’avait pas eu sa visière baissée, il aurait été très grièvement blessé', précise Jean-Christophe Bertrand, le directeur départemental de la sécurité publique.
Le "petit musée" de l'hôtel de police
(Au sujet des bouteilles présentées comme remplies de liquide corrosif, plusieurs personnes nous ont signalé qu'il s'agirait de Maalox, un produit vendu en pharmacie et utilisé par les secouristes de rue pour soulager les effets des gaz lacrymogènes.)

Pour Jean-Christophe Bertrand, la violence dans les cortèges est à Nantes un phénomène ancien, qui a connu son apogée à l’époque du mouvement contre la loi Travail. En février 2014, il a été marqué par la grande manifestation contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, "très certainement la plus violente de l’histoire nantaise."

Une violence qu’il attribue à la présence à Nantes, d’un certain nombre de militants "d’ultra-gauche", bien connus des services de police, et cependant, rarement interpellés.

Sur les manifestations, les gens qui sont à la manœuvre ne sont pas ceux qui commettent les actes les plus graves.

" Il y a toute une organisation qui essaie de mettre en avant des gens, pris par la dynamique de la manifestation, qui en arrivent à commettre des actes qu’ils n’auraient jamais fait s’ils avaient réfléchi", précise Jean-Christophe Bertrand.

En préfecture, Johann Mougenot, le directeur de cabinet, évalue ces meneurs à moins de 200 individus, au profil "anarcho-autonome", et que l’on retrouverait sur la plupart des manifestations.
Préfecture : seule une petite partie des manifestants commet des violences
Mais, le directeur départemental de la sécurité publique le reconnaît, le niveau de violence a baissé : une vingtaine de policiers blessés, sur une quarantaine de manifestations recensées au premier semestre 2018.

Une baisse qu’il explique, notamment, par un meilleur encadrement au sein des mouvements sociaux : "Au moins sur une manifestation, on a vu des militants syndicaux, notamment CGT, s’opposer à la prise en main de leur manifestation par l’ultra-gauche."

Des manifs moins violentes, mais sous tension

De fait, à la Bourse du travail, dans un bureau de l’étage CGT, Anthony Lemaire, de l’Union départementale, confirme des contacts avec ceux qui composent le "cortège de tête", cette frange radicale de manifestants à tendance anarchiste, qui évoluent hors du cadre syndical

"On a discuté de comment on pouvait faire évoluer les manifs pour qu’elles donnent envie aux gens de venir, et qu’elles aient du sens", explique le syndicaliste.

De ces rencontres, auraient émergé plusieurs actions symboliques, comme l’érection d’un mur, contre la loi Travail, devant le CHU de Nantes, le 21 septembre 2017.

Pourtant, si le niveau de violence a bien baissé côté manifestants, Anthony Lemaire n’a pas vu de changement, côté forces de l’ordre. "Avec ou sans débordements, on voit le même niveau de répression. C’est pour ça qu’on fait des communiqués à chaque manifestation ou presque. Parce qu’on assimile ça à une interdiction de manifester.

On est encadrés férocement par des robocops, avec des canons à eau. L’hélicoptère toujours présent. Cela ressemble à une stratégie de la tension organisée pour que les manifs dégénèrent.

Sur sa page Facebook, le groupe Nantes Révoltée décrit l'épisode du camion CGT
Sur sa page Facebook, le groupe Nantes Révoltée décrit l'épisode du camion CGT
Un épisode a particulièrement choqué les militants : l’interpellation musclée, dans le camion CGT, de deux manifestants par des policiers de la BAC, au milieu d’une dizaine de militants matraqués et gazés au passage, en septembre 2017.

Pierre Huriet, avocat, raconte la scène qu’il a découvert en vidéo, pour la défense de l'un de ses clients : "Dans une camionnette où il y a des militants d’une cinquantaine, soixantaine d’années, une majorité de femmes, on voit soudain s’ouvrir la porte du fourgon, et arriver des individus cagoulés, en tout cas avec une capuche, et le brassard police très peu visible. On voit ensuite ces policiers brandir leurs matraques télescopiques, et hurler dans le fourgon, des ordres assez incompréhensibles, contradictoires :

Allongez-vous, bougez pas, vos gueules, etc… Tout le monde a peur, tout le monde hurle…

Et on voit des coups partir un peu partout, dans les jambes, pour calmer tout le monde, j’imagine…"
 

Des agents de la BAC menacent des responsables syndicaux


Une première dans l’histoire syndicale, tout comme cette tentative d’intimidation en marge d’un rassemblement pour la venue d’Edouard Philippe, le 6 octobre 2017, que rapporte Anthony Lemaire de la CGT : "Nous étions arrivés en avance, moi et le secrétaire général de l’union départementale CGT, lorsque des agents de la BAC, sans brassards, mais que nous connaissions de vue, nous ont entouré, avec des paroles de menaces.

Ils nous tutoyaient, en disant qu’il n’y aurait pas d’immunité syndicale, qu’ils ne nous louperaient pas si on recommençait à s’opposer à eux.

"Enfin, des choses hallucinantes, qu’on n’avait jamais vues dans le mouvement social."


Un épisode que ce responsable de la CGT interprète comme un mouvement de représailles pour avoir discuté avec les "anarcho-autonomes" du cortège de tête.
Pour l’heure, le courrier adressé par la CGT au commissariat et à la préfecture est resté sans réponse.

Des streets medics devenus indispensables

Quant aux cortèges… S’il est régulièrement fait état d’affrontements, les blessés se comptent essentiellement dans les rangs des manifestants. Quand les forces de l’ordre comptabilisent 12 policiers blessés au premier trimestre 2018, les Street medics, secouristes de rue qui interviennent bénévolement sur les cortèges, en comptent en moyenne une dizaine par manifestation.
Street Medics : le matériel de Fleur sur les manifestations
Âgée d’une vingtaine d’années, Fleur fait partie de ces secouristes qui, depuis quelques années, interviennent sur tous les mouvements sociaux. Elle nous reçoit dans le studio d’une amie, en déballant le contenu d’un énorme sac à dos rempli de compresses, de pansements, de pommades….

À côté, l’ordinateur fait défiler les photos de blessures : fracture du doigt après un coup de matraque, plaies ouvertes par des éclats de grenade, arcade sourcillière éclatée par un tir de flash-ball. (Voir notre diaporama, attention, certaines images peuvent heurter les personnes sensibles)
 
Blessures en manifestations
Pour la jeune fille, l’engagement est venu progressivement, "quand j’ai commencé à faire des manifs, au départ, c'était assez calme. Mais ces dernières années, on a vu s’installer une répression croissante des manifestations, notamment avec l'état d'urgence en 2015. Il y avait de plus en plus de blessés."

"Du coup, c'est là que j’ai commencé à avoir du matériel sur moi, à avoir une compresse puis deux, puis des bandes, et puis ensuite, un sac de secourisme complet, qui va jusqu'à la couverture de survie. Des choses qui normalement ne devraient pas servir en manifestation. On a été nombreux à réagir comme ça, puis on s'est rencontrés dans les manifs pour s'organiser en groupe."

À Nantes, ils sont une vingtaine, tous formés au secourisme, qui se relaient sur toutes les manifestations. Fleur ne tient pas de comptabilité précise, mais dit utiliser son matériel dans au moins 4 cortèges sur 5, sur des manifestants, ou même sur des passants pris de malaises ou blessés par des éclats de grenades. 

"Ces éclats vont partout, et peuvent atteindre des personnes qui se trouvent assez loin." 

Et puis, parfois, les armes sont utilisées en plein centre-ville où elles touchent des personnes qui étaient juste attablées à un bar, des passants.

"On a même dû soigner un nourrisson qui se trouvait dans un parc, et qui était victime de gaz lacrymogènes."

Sur les cortèges, l’intervention des Street medics est souvent compliquée par l’attitude des forces de l’ordre.

Dans son rapport qui analyse les restrictions apportées au mouvement contre la loi travail en 2016, Amnesty International relate ainsi "Cinq secouristes de Nantes ont indiqué (…) que les fouilles étaient devenues plus systématiques à partir du mois de mai, et qu’en conséquence le matériel tel que les lunettes de piscine ou le sérum physiologique étaient saisis."

Fleur confirme : "On nous a dit, par exemple, que les ampoules de sérum physiologique pouvaient devenir des armes si on les jetait sur les forces de l’ordre. Plusieurs d’entre-nous ont également été interpellés pour des motifs futiles, comme le simple fait de participer aux manifestations, ou de ne pas se disperser. Effectivement, quand il y a des blessés, on ne fuit pas la manifestation, on reste auprès des blessés. Plusieurs street medics ont ainsi été placés en garde à vue."

Des militants poursuivis en justice

Dans les bureaux de la CGT, Anthony Lemaire confirme avoir constaté une nette augmentation des procédures judiciaires à l’encontre des manifestants, "La plupart des condamnations, c’est pour outrage, parce que les gens se défendent quand ils se font taper dessus. Parfois jusqu’à quatre mois de prison avec sursis. Ce n’est pas rien pour des militants qui n’ont rien de délinquants. On voit aussi des amendes, pour préjudice d’angoisse envers les policiers, entre 400 euros et 500 euros à chaque fois."Après avoir défendu les dossiers de plusieurs militants, l'avocat Pierre Huriet décrit ainsi la manière dont la police peut, selon lui, créer du contentieux : "Vous êtes parfaitement dans votre bon droit, le policier est manifestement en abus de pouvoir. Il vous interpelle, vous résistez : vous commettez une infraction. Et quand bien même le juge constate que l'infraction initiale n'existe pas, que l'interpellation était finalement non fondée, il ne peut pas pour autant vous absoudre de la rébellion."
Avocat : comment on crée du contentieux
De son côté, le syndicaliste CGT Anthony Lemaire ne décolère pas devant les moyens consacrés à l’enquête sur l’effigie d’Emmanuel Macron brûlée le 7 avril 2018 au cours d’une manifestation à Nantes. Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, avait évoqué un appel au meurtre, et une enquête préliminaire avait été confiée à la police judiciaire de Nantes.

"Là, on voit bien qu’il y a des moyens énormes qui sont mis pour cette histoire d’effigie brûlée, parce que c’est considéré par notre président sans doute comme un crime de lèse majesté. Mais c’était le but des carnavals de brûler le roi" 

Et encore une fois, quand on brûle le roi, ça n’est pas une tentative d’assassinat. C’est symbolique, et ça veut dire qu’on n’est pas d’accord avec lui  - Anthony Lemaire

Manifestants blessés : des enquêtes classés sans suite

Une colère justifiée aussi par le peu de résultats lorsque ce sont des manifestants blessés qui poursuivent la police. Dans son cabinet d’avocat, Pierre Huriet en a défendu une quinzaine à ce jour. Des affaires toutes classées sans suite.

"Lorsqu'on obtient la copie de la procédure, ensuite on se rend compte que, dans de nombreux cas, il aurait été possible de pousser un peu plus loin les investigations. Tout simplement, d’entendre les policiers présents sur place qui sont identifiables, et par confrontation ou par recoupements, essayer de savoir ce qui s’est passé, et qui a porté les coups. C'est toujours ce stade ultime, qui est toujours refusé, tant par le parquet que par l’IGPN."
Avocat : les dossiers de blessés sont systématiquement classés
Plus surprenant, Pierre Huriet a même reçu dans l’une de ces copies, la preuve qu’un policier a voulu faire pression sur l’IGPN. L’enquête rapporte un coup de téléphone d’un homme se présentant comme un représentant du syndicat SGP Police, et se plaignant des investigations menées pour retrouver l’auteur d’une blessure à la tête d’un manifestant. L’homme précisait même que des policiers avaient arraché les affichettes de l’appel à témoin. La plainte pour violences volontaires a finalement été classée sans suite par le parquet… tandis que la victime, elle, a d’abord été placée en garde à vue avant une évacuation au CHU. Et les poursuites à son encontre, pour participation à un attroupement, ont bien été menées jusqu’à leur terme.

Éborgné, il est indemnisé 11 ans après

Pierre Douillard à Nantes en 2012, lors du procès pénal du policier dont le tir de flashball l'avait éborgné en 2007. Le gardien de la paix a été relaxé. C'est finalement l'Etat qui a été condamné, le 05 juillet 2018, devant le tribunal administratif de Nantes. / © Franck Dubray
Pierre Douillard à Nantes en 2012, lors du procès pénal du policier dont le tir de flashball l'avait éborgné en 2007. Le gardien de la paix a été relaxé. C'est finalement l'Etat qui a été condamné, le 05 juillet 2018, devant le tribunal administratif de Nantes. / © Franck Dubray
À ce jour, Pierre Douillard-Lefevre est l’un des rares en France à avoir obtenu réparation. En 2007, il a 16 ans lorsqu’il reçoit une balle en caoutchouc et perd l’usage de son œil droit. L’arme, le LBD 40, est, à l’époque, utilisée à titre expérimental par un policier sur cette manifestation lycéenne, devant le rectorat de Nantes.

Pour le jeune homme, cette blessure marque le début d’une procédure judiciaire qui va durer 11 ans, et elle amorce aussi un engagement profond, pour dénoncer une police qui se militarise.

En 2016, diplômé d’histoire et de sociologie, le jeune homme publie "L’arme à l’œil", une analyse de la manière dont l’arsenal de la police et son usage ont évolué ces dernières années.
Les munitions utilisées sur les manifestants
 
Deux ans plus tard, le 5 juillet 2018, la cour administrative d’appel de Nantes condamne l’Etat à lui verser 86 400 euros de dommages et intérêts.
Quant à l’arme qui l’avait éborgné, le LBD 40 est désormais de toutes les manifestations.
Comment les armes se sont multipliées : l'interview de Pierre Douillard-Lefevre
Éborgné par un tir de flashball pendant une manifestation en 2007, Pierre Douillard-Lefevre revient sur ce qui lui est arrivé, et sur la manière dont l'arsenal de la police a évolué, avec des armes de plus en plus nombreuses et de plus en plus dangereuses.
 
Pierre Douillard-Lefevre : retour sur 11 ans de procédure judiciaire

 


Un arsenal qui se renforce


Elles ont beau être décriées pour leur dangerosité, dont l'exemple le plus récent est celui de la main arrachée à Notre-Dame-des-Landes, l’Etat vient de passer une nouvelle commande pour environ 40 000 grenades de désencerclement, soit un contrat d’environ 1 million 720 000 euros.

Un "stock de sécurité" qui vient compléter le marché de 17 millions d’euros attribué en mai dernier, pour fournir sur 4 ans la police et la gendarmerie en grenades et lanceurs de défense.

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