Saint-Brévin-les-Pins : le créateur du squelette de serpent, Huang Yong Ping, est décédé

© Christophe Turgis
© Christophe Turgis

C'est en 2012, lors du premier Voyage à Nantes, que Huang Yong Ping, a créé son Serpent d’océan. Une sculpture en aluminium longue de 130 mètres représentant le squelette d’un serpent de mer imaginaire. Depuis il est échoué sur la plage. 

Par Evelyne Jousset

Curieuse création d'un artiste tout aussi intéressant. D'origine chinoise, Huang Yong Ping a quitté son pays en 1989 lors des manifestations de la place Tian'anmen. Il est connu pour ses oeuvres monumentales. Il est, surtout, une figure majeure de l'art d'avant-garde en Chine parfois considéré comme le parrain de cette génération bouillonnante matée par le pouvoir. L'artiste, âgé de 65 ans, vivait en France depuis 1989. 

Une histoire mouvementée

En 1989, il se trouvait en France pour monter une exposition à Beaubourg quand les événements de la Place Tian'anmen ont éclaté, l'incitant à ne plus repartir. Il ne remettra pas les pieds en Chine avant le début des années 2000 pour un projet consistant à reproduire un avion à taille réelle, qui sera censuré.

Artiste de la démesure

Huang Yong Ping s'est fait connaître grâce à ses créations XXL : des colonnes transperçant le toit du pavillon français à la Biennale de Venise (1999), une arche de Noé grandeur nature à la Chapelle des Beaux-Arts à Paris (2009), l'énorme squelette de métal (125 mètres) près du port de Saint-Nazaire (2012) puis un gigantesque squelette de serpent s'étirant sur des centaines de conteneurs au Grand Palais (2016), dans le cadre de l'exposition "Monumenta".

Un message politique

Né en 1954 dans le sud-est de la Chine, Huang Yong Ping a étudié aux Beaux-Arts avant de fonder au milieu des années 80 le groupe Xiamen Dada, inspiré par la pensée de Marcel Duchamp, et répondant à la censure par la mise à feu de leurs propres oeuvres, notamment. Installé en 1989 en France il sera naturalisé dix ans plus tard. Son art se fait alors de plus en plus monumental, entremêlant "les mythes anciens et l'actualité la plus brûlante", souligne la galerie parisienne Kamel Mennour qui le représente, dans son communiqué, dimanche.

Huang Yong Ping veut mettre en évidence un phénomène très puissant, face auquel l'homme est peu de choses

En 2016, à l'occasion de l'installation, dans ses murs, d'un autre grand serpent, le Grand Palais avait réalisé un belle interview de cet artiste courageux. Il y disait la nécessité de rester serein. 

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