Saint-Julien-de-Concelles : Tessa, 17 ans, aurait été fauchée par un véhicule de chantier ou un engin agricole

Tessa Raimbault, 17 ans, a été fauchée il y a deux ans en bord de route près de chez elle. Le chauffard n’est toujours pas identifié. D’après de nouveaux éléments de l'enquête, elle aurait été renversée par un véhicule de chantier ou agricole. Sa maman confie ses espoirs.

Le 21 décembre 2019, près de 200 personnes ont participé à la marche pour Tessa, 17 ans, fauchée le 20 décembre 2018 à Saint-Julien-de-Concelles.
Le 21 décembre 2019, près de 200 personnes ont participé à la marche pour Tessa, 17 ans, fauchée le 20 décembre 2018 à Saint-Julien-de-Concelles. © Alexandre Hébert
marche blanche pour Tessa, fauchée par un automobiliste le 20 décembre 2018 à St Julien-de-Concelles (44)
marche blanche pour Tessa, fauchée par un automobiliste le 20 décembre 2018 à St Julien-de-Concelles (44) © DR

Deux ans après l’accident qui a causé la mort de Tessa, 17 ans, l’enquête avance enfin. D’après la brigade de recherche de gendarmerie de Rezé, en charge de l’enquête depuis le début, le véhicule qui aurait renversé la jeune fille serait un véhicule de chantier ou agricole.  

"Deux ans, c’est très long. Dans vos pires cauchemars ça ne peut pas se passer comme ça. Et bien si. La réalité vous rattrape, confie Florence Jouve, la maman de Tessa, j'ai été longtemps dans l’incompréhension et le refus. Aujourd’hui j’ai accepté mon deuil. C’était soit je renonce, et aujourd’hui je ne serais plus là ; soit je me bats et j’avance… Et je suis là !", confie-t-elle, d’un sourire, vaillant, qui en dit long sur l'épreuve traversée.

Le 20 décembre 2018, alors qu’elle rentrait à pied chez elle sur le bord de la route, Tessa est fauchée par un véhicule. Abandonnée sur le bas -côté de la route, entre l’arrêt de bus et sa maison. Le conducteur ou la conductrice du véhicule a pris la fuite. Et ne s’est jamais dénoncé, malgré les nombreux appels à témoins relayés par la presse et la commune. Pour les parents de Tessa, un drame injuste et incompréhensible. Ils veulent savoir, pour pouvoir enfin faire leur deuil.


"La personne qui a causé l’accident habite dans le 44"

"Les gendarmes nous ont parlé d’un engin spécifique de type chantier ou agricole. Vous pensez bien que lorsqu’on vous dit ça, vous vous dites, que la personne est là. Où, je ne sais pas. Mais cela veut dire qu’elle habite dans le 44. Cela veut dire aussi qu’elle ne peut pas ignorer", raconte Florence, la maman de Tessa.

Toutes les hypothèses sont pour le moment étudiées, y compris celle que le conducteur du véhicule pourrait ne pas avoir senti l’impact.

"Je suis maître d’œuvre, c’est le genre d’engin que je connais bien. Vu la lourdeur de l’engin, on peut avoir un doute, même si pour moi cela n’est pas possible. Et quand bien même, admettons qu’il n’ait pas senti l’impact : le lendemain, les jours et les mois qui ont suivi on a organisé deux marches blanches, on a communiqué, relayé des appels à témoins."

Pour moi, la personne sait pertinemment qu’elle conduisait cet engin ce jour-là à cet endroit-là, à cette heure-là. Je n’ai plus aucun doute sur le fait que cette personne sait.

Florence Jouve, maman de Tessa

La famille de Tessa a installé un panneau fleuri à l'endroit où elle est décédée, pour ne pas oublier.
La famille de Tessa a installé un panneau fleuri à l'endroit où elle est décédée, pour ne pas oublier. © Juliette Poirier - France 3 Pays de la Loire


Peur des conséquences pénales

"A part la peur des conséquences pénales, je ne comprends pas pourquoi cette personne ne parle pas, s’interroge Florence, parfois j’ai même de la compassion pour cette personne : comment peut-elle vivre avec ça sur la conscience, c’est incompréhensible. Personne ne peut continuer à se lever le matin en faisant comme si de rien n’était." 

Pour Florence, déterminée, il n’y a pas de hasard possible. "Il y a deux ans, quand Tessa est décédée, il y avait de nombreux permis de construire dans la commune. Il y a forcément des gens qui ont vu ou entendu quelque chose à Saint-Julien, qui peut-être ont peur de parler car peur d’être celui ou celle qui va dénoncer".

"En plus on est une petite commune, tout se sait vite ici, alors je peux comprendre qu’on ait peur des conséquences pour soi,pour sa famille ou son entourage. Mais par pitié : il faut que ça s’arrête. Aujourd’hui nous n'attendons pas une quelconque peine de prison pour cette personne, ce sera le travail du procureur. Ce que je veux dire à cette personne c’est que nous, la peine à perpétuité, on l’a prise. Non seulement on a subi la violence du décès de Tessa mais ça fait 2 ans que même si on veut avancer, ne pas savoir nous empêche de faire notre deuil. C’est épuisant", ajoute Florence.
 

"J’attends que la personne se dénonce"

Tessa a un petit frère qui a aujourd’hui 9 ans. Il grandit lui aussi avec cette histoire difficile. Une injustice de plus pour ses parents.

Vous savez ce que veut faire le petite frère de Tessa plus tard ? Enquêteur. Pourquoi ? Il m’a dit : "Parce que si personne ne retrouve la personne qui a tué Tess, c’est moi qui le ferait". Je refuse cette idée-là. Stop, il faut prendre son courage à deux mains. J’attends de cette personne maintenant qu’elle se dénonce.

Florence Jouve, maman de Tessa

Pour la famille de Tessa, "c’est la moindre des choses. Cette personne nous doit ça, pour les libérer, et pour nous permettre de construire une nouvelle vie, plus apaisée".

Les parents de Tessa font des points sur l’enquête chaque mois depuis son décès avec les enquêteurs.

Pour ne pas oublier, deux ans après l’accident, un rassemblement en hommage à Tessa sera organisé dimanche 20 décembre à 14 heures dans Saint-Julien-de-Concelles.

Pour Florence, c’est important : "Tessa est décédée un 20 décembre, vous imaginez bien que les fêtes de fin d’année pour notre famille sont marquées à jamais. Mais je veux croire et j’espère qu’à un moment donné, tout cela sera plus doux".

► Le témoignage de Florence Jouve

 

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