Coronavirus - coiffure : le champion sarthois Raphaël Perrier donne des cours aux apprenti-e-s confinés

À l'annonce du confinement, les apprenti-e-s du CFA de Saint-Herblain et Saint-Nazaire, ont quitté précipitamment les salons de coiffure où ils se faisaient la main... Mais grâce à Raphaël Perrier, la continuité pédagogique est assurée !
 
Grâce aux concours de pros, Morganne, peut poursuivre son apprentissage de coiffeuse
Grâce aux concours de pros, Morganne, peut poursuivre son apprentissage de coiffeuse © Alexandra Boulay-Dupé
Elle a beau être en confinement, Morganne, 16 ans et demi, ne chôme pas...
Dans sa chambre, transformée en salon de coiffure, la jeune fille passe ses journées penchée sur ses têtes à coiffer, ou celle de sa maman... Et quand elle les lâche, c'est pour prendre des notes devant sa télévision, reliée à internet via son smartphone.

Trois heures par jour, elle est suspendue aux gestes des pros, qui par internet, lui prodiguent conseils et techniques.
Morganne est apprentie coiffeuse, en première année de CAP. 
Avant le confinement, elle partageait son temps, une semaine sur deux, entre le CFA de Saint-Herblain pour les cours, et le salon de coiffure de son maitre d'apprentissage.
Evidemment le confinement a changé la donne.

Pour ne pas laisser Morganne et les 500 apprenti-e-s livrés à eux-mêmes, depuis cinq semaines, l'établissement de Saint-Herblain dispense des cours à distance.
En plus de la continuité pédagogique effectuée par les formateurs du CFA, la pratique, est assurée par un coiffeur de dimension internationale,  plusieurs fois champion du monde !

"Depuis 2015, nous avons la chance d'être  partenaire avec Raphaël Perrier, explique Régis Letort, le directeur du CFA.
A l'année, son équipe intervient dans nos formations pour apprendre aux jeunes les méthode de coupe et de coiffage qu'il a mises au point.
Là, pendant le confinement , avec ses assistants,  il propose un « live » deux fois par jour. Il m'envoie un lien de connexion que je transmets aux élèves qui ainsi ont droit à des cours filmés en direct, pour affiner leur pratique et surtout ne pas perdre la main. c'est un super outil pour nos élèves et c'est primordial qu'ils puissent grâce à cela continuer à s'entrainer
"
 
Démonstration Live d'une des assistantes de Raphaël Perrier
Démonstration Live d'une des assistantes de Raphaël Perrier © Alexandra Boulay-Dupé

Un prof hors norme


Pour vous, qui lisez-cet article, le nom de Raphaël Perrier n'évoque sûrement rien.
Pour moi, qui l'écris, guère plus… avant que je ne me penche sur son palmarès et que je ne m'entretienne avec lui au téléphone. 
Pour le dire rapidement, Raphaël c'est un peu le Mozart de la tondeuse.
L'homme qui a dépoussiéré l'image du coiffeur traditionnel auprès des jeunes.
Morganne, qui suit ses cours assidument, confirme, "C’est un modèle!  il était comme moi, apprenti, il est parti de rien et maintenant, c'est l'un des plus grands...En plus il est simple, il est sympa, je trouve qu'il ne se prend pas la tête, il est super créatif"

Raphaël a réalisé ses premières coupes dans le salon familial au Mans, à 16 ans. Aussi sec, il intègre l’équipe de France de coiffure.
Nommé Meilleur Apprenti de France à 18 ans il enchaîne les victoires avec les titres de Champion de France, Champion d’Europe et son premier sacre de Champion du Monde en 2002
À 37 ans, son nom s'affiche désormais sur les devantures d'une centaine d'établissements partout dans le monde, notamment aux Etats-Unis et en Chine. Il compte 80 salariés dont plusieurs assistants, qui sont, eux aussi, des références dans le métier.
Raphaël Perrier en octobre 2018
Raphaël Perrier en octobre 2018 © J C Tardivon -MaxPPP
Mais cette partie-là de son activité, la plus "commerciale", n'est pas celle qui l'intéresse le plus...
"Je ne tiens pas à être connu, confie-t-il, la plupart des gens ne connaissent pas mon nom et c'est très bien comme ça... Pour moi ce qui compte c'est l'aspect formation, la transmission. C'est montrer aux jeunes que le monde de la coiffure est très riche et ne s'arrête pas à la porte d'un salon !".

Et, en la matière Raphaël sait de quoi il parle, outre la méthode pédagogique qu'il a créée, il a monté en 2015, à Paris, un atelier dédié à la fabrication de perruques pour des comédies musicales ou des spectacles à gros budget !

Transmettre sa passion


Sa méthode, Raphaël la décline auprès de 120 CFA . Il compte donc plus de 5000 jeunes, comme Morganne, qui suivent ses cours, à travers la France.
Pendant le confinement, Raphaël a souhaité diffuser des vidéos pour dit-il "permettre aux jeunes de continuer à évoluer".

Avec cinq de ses collaborateurs, ils se relaient à "l'antenne" 1 heure et demie par jour. « On a chacun transformé nos lieux de vie en studios d’enregistrement s’amuse-t-il. On s'adapte !
On va apprendre aux apprentis, à réaliser par exemple un dégradé américain homme ou à faire un chignon de mariée... On ne veut absolument pas se substituer à qui que ce soit, profs ou maîtres d'apprentissage mais on veut permettre à ces jeunes de profiter de ce temps qui leur est donné avec le confinement, pour apprendre, faire ce qu'ils aiment et cultiver leur passion 
!".
 
Le confinement, un moment propice pour se faire la main...et la garder!
Le confinement, un moment propice pour se faire la main...et la garder! © Alexandra Boulay-Dupé

Pour Raphaël, cette période de confinement est propice à entretenir la flamme, et motiver les jeunes.
Les cours sont fluides, les démonstrations claires et pratiques, le ton adapté aux jeunes qui regardent et qui devront ensuite reproduire les coupes et les coiffures. Car ces séances, aussi dynamiques soient elles, ne sont pas seulement ludiques. « Il faut que nous reproduisions les coupes et les coiffures, qu’on les photographie et qu’on les envoie ensuite à nos formateurs » précise Morganne.

"C’est génial,  poursuit-elle, il nous donne beaucoup de petites astuces. Par exemple, il nous montre comment tenir nos ciseaux de manière ergonomique, il nous conseille de mettre un peu de talc sur nos plumeaux pour épousseter les cous des clients... Et puis toutes les coupes qu'il nous montre, je peux les refaire sur mes têtes... Finalement, j'apprends énormément et beaucoup plus qu'au salon, car mes patrons n'ont pas toujours le temps de me montrer, mais c'est normal, ils ont des clients et il ne faut pas les gêner ". 

La jeune fille est aux anges, et elle finit par bénir ce confinement qui lui permet de profiter opportunément de ces master-class !
En attendant de pouvoir un jour travailler à ses cotés, "mon rêve", murmure t-elle, elle suit chacune de ces vidéos pour gagner en dextérité et en assurance.
a me renforce dans mon idée et mon envie de me lancer plus tard dans la coiffure artistique, sur des concerts ou des comédies musicales" glisse t-elle, avant de filer voir une des précieuses vidéos.

Pas question de manquer le Live de l'après-midi !



 
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