Drogue : un trafic de cocaïne démantelé entre les Antilles et Saint-Nazaire par la justice de Rennes

La Juridiction interrégionale spécialisée de Rennes (JIRS) a permis le démantèlement d'une filière d'importation de cocaïne entre les Antilles et le port de Montoir-de-Bretagne en Loire-Atlantique. Quatre dockers, cinq intermédiaires et deux expéditeurs ont été interpellés.

C'est un long travail d'enquête qui a commencé en 2017 quand la Juridiction interrégionale spécialisée de Rennes (JIRS) a été saisie de plusieurs opérations d’importation de cocaïne depuis les Antilles via le port de Montoir-de-Bretagne près de Saint-Nazaire en Loire-Atlantique.

Philippe Astruc, le procureur de la République de Rennes, indique que : "La marchandise était importée par la technique dite du " rip-off", consistant à introduire des sacs de sport chargés de produits stupéfiants dans un conteneur régulier, à l’insu de sociétés ayant pignon sur rue ou avec la complicité de sociétés créées pour l’occasion. Par ce biais, les marchandises illicites échappaient au ciblage traditionnel des services douaniers pour être remises après déchargement, à des intermédiaires positionnés à proximité du port".

Certaines saisies étaient effectuées par l’administration des douanes, d’autres par l'antenne du SRPJ de Nantes, désignée pour assurer les investigations en co-saisine avec le GIR de Nantes.

Quatre dockers interpellés

Une information judiciaire avait été ouverte le 21 novembre 2017 des chefs de, importation de stupéfiants en bande organisée - acquisition, détention, transport, offre ou cession de stupéfiants - importations en contrebande de marchandises prohibées - détention ou transport, en violation des dispositions légales ou réglementaires, de marchandises prohibées dangereuses pour la santé - association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes et de délits punis de 10 ans d'emprisonnement - blanchiment par concours à une opération de placement, de dissimulation ou de conversion du produit direct ou indirect d'un crime ou d'un délit.

L’instruction avait permis de conduire en plusieurs vagues, aux interpellations de quatre dockers, cinq intermédiaires, au contact des dockers et des trafiquants, la filière d’écoulement étant située en grande partie en région parisienne, et deux expéditeurs de la cocaïne depuis les Antilles.

Deux dockers avaient été interpellés en flagrant délit le 14 octobre 2019, alors qu’ils remettaient 140 kg de cocaïne à des intermédiaires. Un docker a été placé sous contrôle judiciaire après une période de détention provisoire, les autres mis en examen sont en détention provisoire depuis plusieurs mois. Les expertises toxicologiques de la cocaïne démontrent un fort taux de pureté.

16 millions d'euros à la revente

Les mis en cause, dont certains ont déjà été condamnés pour des faits de blanchiment ou de trafic de produits stupéfiants, sont âgés de 35 à 56 ans. L’un d’eux, âgé de 42 ans, est en fuite et fait l’objet d’un mandat d’arrêt. Un importateur, âgé de 53 ans, a déjà été condamné à la peine de 14 années d’emprisonnement en Angleterre pour des faits similaires.

Au total, 336 kilogrammes de cocaïne ont été saisis au port de Montoir-de-Bretagne, entre juin 2017 et avril 2020, dans le cadre de quatre importations impliquant des dockers, représentant une valeur de plus de 10 millions d’euros (plus de 16 millions d’euros à la revente).

Le juge d’instruction de la JIRS a renvoyé devant le tribunal correctionnel les onze mis en examen. Ils encourent une peine de 10 ans d’emprisonnement, doublée en cas de récidive légale, outre de fortes peines d’amendes délictuelle et douanière et la confiscation de leurs biens.

L’audience se tiendra à partir du lundi 18 octobre devant le tribunal correctionnel, au palais de justice de Rennes.

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