McDonald’s devant les prud’hommes pour discrimination envers une salariée transgenre

Une ancienne salariée de McDonald’s saisit les prud’hommes d’Angers pour “discrimination de genre” et harcèlement dans un restaurant de Segré, près d'Angers. Elle réclame 30 000 euros de dommages et intérêts ainsi que la résiliation de son contrat de travail.

C’est l’épilogue de plusieurs mois de combat pour Syntia. Après une première audience le 24 avril, les prud’hommes d’Angers statuent cet après-midi sur une potentielle “discrimination de genre” et harcèlement envers cette salariée transgenre de 22 ans.

Les faits remontent au 6 janvier 2023, alors que Syntia était en poste depuis septembre 2022 dans le restaurant de Segré-en-Anjou Bleu. Embauchée sous son prénom de naissance en tant qu’homme, elle est à l’époque en pleine transition de genre. Après un rendez-vous médical, elle arrive au travail légèrement maquillée, portant des collants et des faux seins, afin “d’assumer son identité” auprès d’une équipe qu’elle estimait bienveillante.


Quelques semaines plus tard, elle est convoquée par ses responsables, qui refusent d’utiliser son prénom féminin, lui interdisent de l’utiliser sur son badge et lui demandent de moins se maquiller. D’autres salariés, qui avaient adopté le prénom de Syntia, sont également repris à l’ordre.

Le restaurant reconnaît des “réactions maladroites”


Refusant d’enlever son maquillage, Syntia n’est plus autorisée à reprendre son poste quelques semaines plus tard. Elle est en arrêt maladie depuis le mois de mars 2023, et décide alors de traduire son employeur devant les prud’hommes. Elle réclame aujourd’hui 30 000 euros de dommages et intérêts pour le préjudice subi, ainsi que la résiliation de son contrat de travail.

Lors de la première audience, le 24 avril 2024, McDonald’s s’était défendu en invoquant la règle d’un maquillage “léger et discret”, qui s’appliquerait à toutes et tous, sans distinction de genre. S’il a reconnu “des réactions maladroites”, l’avocat du restaurant récuse les termes de discrimination et de harcèlement. “Si de tels comportements devaient être avérés, ils feraient l’objet de sanctions exemplaires, conformément à la politique de tolérance zéro de l’enseigne", avait-il déclaré.

Ce à quoi Me Gwenola Vaubois, l’avocate de la victime, avait rétorqué : "On parle bien de transphobie. Quand on fait des remarques sur le prénom, sur le maquillage, l'allure en général, on est au-delà d'une maladresse.”


Syntia sera fixée sur son sort cet après-midi. Les prud’hommes d’Angers rendront leur décision au cours de l’audience qui s’ouvre ce lundi à 14 heures.

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