Maine-et-Loire : les choucas des tours, espèce protégée, à l'origine de gros dégâts sur les cultures

Espèce protégée, le choucas des tours est friand des grains tout juste semés par les agriculteurs. Les producteurs de maïs s'en plaignent, mais les associations de défense des animaux s'opposent à leur chasse.

Le choucas des tours, une espèce protégée qui fait de gros dégâts sur les cultures
Le choucas des tours, une espèce protégée qui fait de gros dégâts sur les cultures © France Télévisions
En l'espace de 15 jours, cet agriculteur du Maine-et-Loire a semé du maïs à deux reprises, sans pouvoir limiter les dégâts. Sur sa parcelle, les jeunes pousses arrachées par les corbeaux sont encore visibles.
"Quand on sème, une graine reste au pied du brin de maïs. Les corbeaux ne se préoccupent pas du brin, ils l’arrachent pour manger le grain. C’est une perte nette, le maïs ne pousse plus", explique Julien Gremaud, éleveur à Saint-Georges-des-Gardes.

Une perte sèche car aucune indemnisation n'est possible.
Pour remédier à ce préjudice, estimé en Maine-et-Loire à 500 000 euros l'an dernier, la FDSEA milite pour une régulation des espèces de corbeaux, même celles qui sont protégées, comme le choucas des tours.

La préfecture avait d'ailleurs donné le feu vert à l'abattage ciblé de 500 spécimens sur le département. Mais cette autorisation a finalement été suspendue par le tribunal administratif, au grand dam des exploitants.

Sylvain Piet, responsable à la FDSEA 49, s’inquiète de ne pas obtenir les autorisations de prélèvements dans les endroits très impactés. "On sème deux trois fois, on perd notre rendement et on n’a pas de quoi nourrir nos animaux. Si la sécheresse vient en plus, cela accentue le phénomène", souligne-t-il, découragé.

Pour Crow Life, l'association qui a déposé le recours, ces dégâts ne sont pas imputables aux seuls choucas des tours.
Près d'Angers, elle a créé un centre de soins et de retour à l'état sauvage pour les oiseaux blessés.

"Ces opérations de destruction sont inefficaces, contre-productives. Plus de 63000 choucas ont été autorisés à la destruction dans quatre départements français et cela ne fonctionne pas. Ce qu’il faut c’est revoir le problème en amont, repenser notre modèle agricole", explique Éric de Romain, coordinateur Crow Life.

L'association voit plutôt le corbeau comme une victime, et se dit prête à contester toute action qui menacerait les espèces protégées.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
agriculture économie environnement polémique société animaux nature
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter