Loire-Atlantique : dans le marais de Brière, la lutte contre la jussie, plante invasise, s'organise

Le combat semble inégal dans le marais de Brière. Comme chaque année, les "arracheurs" de jussie tentent de contenir l'expansion de cette plante aquatique invasive.

Chaque année, en juin et juillet, des saisonniers sont recrutés par le Syndicat du Bassin Versant du Brivet pour arracher la jussie le long des cours d'eau. Un travail en plein air qui commence de bonne heure et s'effectue par tous les temps.
Chaque année, en juin et juillet, des saisonniers sont recrutés par le Syndicat du Bassin Versant du Brivet pour arracher la jussie le long des cours d'eau. Un travail en plein air qui commence de bonne heure et s'effectue par tous les temps. © France Televisions C.François
Originaire d’Amérique du sud et introduite en France entre 1820 et 1830, la jussie est devenue depuis une vingtaine d’années un vrai fléau pour le marais de Brière en Loire-Atlantique.

Avec ses jolies fleurs jaunes, la jussie a longtemps été utilisée comme plante ornementale dans les aquariums et les mares, avant d’être interdite à la vente en 2007, en raison de sa prolifération incontrôlée dans les rivières, les étangs et les marais.

Chaque année, en juin et juillet, les pêcheurs du marais de Brière se transforment en "arracheurs" de jussie pour tenter de contenir cette plante invasive qui menace l’écosystème fragile du marais.
 
Equipés de salopettes imperméables, ils arrachent la jussie qui envahit le marais et ses canaux
Equipés de salopettes imperméables, ils arrachent la jussie qui envahit le marais et ses canaux © France Télévisions
''Le marais de Brière fait 7 000 hectares, on a 2 000 hectares de prairies ouvertes, toutes saturées par la jussie", explique Christophe Orain, technicien Commission Syndicale Grande Brière Mottière.

Sur leurs chalands, les équipes d’arrachage ne chôment pas. Equipés de salopettes imperméables, à pied d’œuvre tôt le matin, c’est à la main qu’ils mènent un combat inégal face à cette plante tentaculaire.

''On s'est rendu compte que dans les zones très envahies, l’arrachage mécanique ne sert pas à grand-chose s’il n’est pas fait régulièrement. On se concentre sur l’arrachage manuel sur des zones stratégiques où il y a des enjeux en termes de biodiversité", précise Albin Loussouarn, technicien Milieu Aquatique au Syndicat du Bassin Versant du Brivet.


Un impact très défavorable sur la biodiversité

"Le but c’est d’éviter qu’elle ferme les canaux'', explique Anna Bégué arracheuse saisonnière. Car cette plante composée de rhizomes prolifère très vite. Elle se développe jusqu’à trois mètres de profondeur. "En plein saison, au moment de la floraison, on peut avoir des pieds de 50, 60 cm de haut. Si on veut arracher la plante et son système racinaire, il faut compter une heure au m² pour un arracheur".
En juin et juillet, la jussie est en fleurs, ce qui la rend plus facile à repérer.
En juin et juillet, la jussie est en fleurs, ce qui la rend plus facile à repérer. © France Televisions C.François

Ces campagnes d’arrachage sont indispensables pour préserver l’équilibre du marais car la jussie étouffe la végétation aquatique et perturbe la faune et la flore autochtones. Certaines prairies où pâturaient auparavant les troupeaux sont aujourd’hui inexploitables pour les agriculteurs.

''On est entouré de plantes et d’animaux invasifs, les écrevisses de Louisiane, les ragondins. On apprend à vivre avec… est-ce qu’on peut vraiment lutter contre?", s’interroge Anna Bégué, dépitée par l'ampleur de la tâche.

Chaque année, environ 100 tonnes de jussie sont débarquées durant cette campagne d'arrachage en juin et juillet. La plante sèchera au vent et au soleil, avant d'être broyée en déchèterie.
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