Le quinoa d'Anjou, à la conquête du consommateur français

En Maine-et-Loire, la récolte du quinoa a commencé début juillet. / © Quinoa D'Anjou
En Maine-et-Loire, la récolte du quinoa a commencé début juillet. / © Quinoa D'Anjou

Les moissons de quinoa battent leur plein, c'est l'occasion de faire le point sur cette petite graine cultivée en Anjou depuis 10 ans et qui joue des coudes pour se faire une place sur un marché encore largement dominé par les importations.

Par Sandrine Gadet avec C.B

Pas simple de se faire une place au pays du gluten !
Dans un paysage agricole dominé par la culture du blé (en France, 5 millions d’hectares lui sont dédiés soit près de 50% de la surface de toutes les céréales -blé, orge, maïs-), le quinoa a bien du mal à s'implanter sur le sol français. 

Néanmoins depuis 10 ans, en Anjou, 300 agriculteurs sèment et récoltent régulièrement cette plante de printemps, histoire de diversifier leurs cultures et de faire grossir ce qui n'est encore qu'une filière en devenir.

Née de la rencontre entre un semencier américain, Jason Abbott, et la Coopérative agricole des Pays de Loire, la production de quinoa d'Anjou, blond ou rouge, représente en moyenne quelques 2500 tonnes récoltées par an. 

"La filière a encore besoin de se faire connaître, concède Laurence Nicolas, qui gère la communication de la marque Quinoa d'Anjou, car le quinoa provenant du Pérou ou de Bolivie est très fortement présent sur le marché. En fait, sur les 6000 tonnes de Quinoa consommés chaque année en France, 1/3 provient de nos exploitations réparties dans le Maine-et-Loire, l'Indre-et-Loire et la Sarthe, le reste (2/3) est importé".  
Après avoir lancé une gamme de pâtes "torsadées" et de graines de quinoa croustillant dédié aux petits déjeuners, la filière réfléchit aujourd'hui à la possibilité de développer d'autres produits dérivés (comme le quinoa pré-cuit).

Paradoxalement, alors que le gluten est devenu l'ennemi numéro un du consommateur (le quinoa, rappelons-le, n'en contient pas), que l'injonction du "manger local" est très forte, et que l'on encourage le made in France, la consommation du quinoa angevin reste un marché confidentiel. Pourtant ses qualités nutritives (pauvre en glucides, riche en protides) séduisent les sportifs comme les chefs des meilleurs tables.

Outre ses particularismes gustatifs, les producteurs angevins mettent en avant "un cahier des charges très strict et la garantie d’une qualité irréprochable.  Zéro herbicide, zéro résidu".
"Certes, les sols sur lesquels le quinoa est cultivé, ne sont pas bios,
 précise encore Laurence Nicolas, mais tous nos producteurs sont en agriculture raisonnée. Cela implique qu'il n'y a pas de traitement sauf, en cas d'infestation, des insecticides de contact (qui ne passe pas dans la sève de la plante) sur de très jeunes plants et avant la floraison".

►À voir ou revoir, le reportage tourné par France 3 Pays de la Loire, en 2017 à Courchamps
 


►Pour aller plus loin
 
© Quinoa d'Anjou
© Quinoa d'Anjou




 

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