Mécènes pour la musique : un fonds de soutien pour relancer la machine

Comme nombre de secteurs, celui des musiques actuelles a souffert de la pandémie de covid-19 et du confinement. Aujourd'hui, six salles de spectacles des Pays de la Loire créent un fonds de dotation et lancent un appel aux mécènes...
Poupet 2018, heureux d'être serrés comme des sardines !
Poupet 2018, heureux d'être serrés comme des sardines ! © MaxPPP - Marc Ollivier

Salles de concerts fermées, festivals annulés, musiciens mais aussi producteurs, labels, studios d'enregistrement... à l'arrêt, c'est toute la filière musicale régionale qui a souffert de la pandémie depuis le mois de mars, et s'attend à souffrir encore quelques temps avec un été largement privé de décibels.

Face à cette situation, six salles de spectacles de la région (Stereolux, Chabada, 6par4, Fuzz'Yon,  Superforma et VIP) ont décidé d'unir leurs forces et de poser 70 000 euros sur la table via le fonds de dotation Mécènes pour la Musique du Pôle de coopération pour les musiques actuelles en Pays de la Loire, avec l'objectif de venir en aide aux structures de production et de développement d'artistes dont la trésorerie est aujourd'hui à sec. 

"Ces structures de production et de déveveloppement d'artistes sont essentielles à la filière, essentielles à la création artistique...", explique Mélanie Alaitru, responsable du projet culturel et artistique du Chabada à Angers, "il y a là un ensemble d'acteurs de proximité, de producteurs, de développeurs, des gens qui parient sur des artistes, les lancent, les accompagnent, des artistes qui arrivent à un moment donné sur nos plateaux. C'est actuellement la plus grosse période d'activité en terme de concerts, le manque à gagner n'est pas anodin, les structures peuvent être fragilisées parce qu'une partie de leur chiffre d'affaires disparait. Et si ces structures n'ont plus les moyens, c'est toute la création artistique en Pays de la Loire qui s'effondre".

© Simon Hermine - 6par4


Mécènes pour la musique, un fonds de dotation créé en 2014


Le fonds de dotation Mécènes pour la musique ne date pas de la pandémie. Lancé fin 2014 à l’initiative du Pôle de coopération pour les musiques actuelles en Pays de la Loire, ce fonds a pour vocation de collecter du mécénat financier, de moyens ou de compétences au profit des projets musicaux du territoire régional.

Avec la crise sanitaire, il devient l'outil idéal de cette action solidaire, selon Julien Deroo, chargé de la communication, des partenariats, de la vie associative et des événements au Pôle de coopération : "les six salles ont noté qu'il y avait là un gros enjeu et une grosse problématique, qu'il fallait aider les structures de production et de développement d'artistes. Ne souhaitant pas y aller de façon isolée, elles ont décidé de s'appuyer sur un outil existant, Mécènes pour la musique, et de créer un nouveau fonds de soutien".
 

Qui peut en bénéficier ?

Le Pôle de coopération pour les musiques actuelles en Pays de la Loire a recensé 1500 structures musicales dans la région. Impossible d'aider chacune d'elles, mais les deux appels à projets initiés dans ce cadre, un premier est en cours, le deuxième interviendra après l'été, doivent permettre d'identifier les structures en péril.

"Bien sûr, avec 70 000 euros, on sait parfaitement qu'on ne peut aider tout le monde. Les salles ont fait le choix de soutenir les artistes locaux...", précise Julien Deroo, "Et pour soutenir ces artistes locaux, ils vont soutenir les employeurs de ces artistes, c'est à dire les structures de production. Aujourd'hui, quand on fait un concert, il faut une salle, mais s'il n'y a pas de structure de production qui accompagne, manage et vend la date à la salle, il n'y a pas de concert. L'idée est d'aller soutenir les structures qui risquent de fermer. Il faut leur permettre de conserver, de retrouver, leur trésorerie pour qu'elles puissent employer et investir du temps de travail et que de nouveaux spectacles se créent demain. L'enjeu est de sauvegarder une diversité de structures, une diversité d'esthétiques. Sinon demain, on écoute tous la même musique".

© Simon Hermine - 6par4

Un appel à Mécénat

Les 70 000 euros posés sur la table par les six salles de spectacles doivent permettre d'amorcer la pompe mais ils ne suffiront pas pour sauver la filière.

"Avec ce fonds de dotation, on lance clairement un appel à mécénat...", poursuit Mélanie Alaitru. "L'économie de la culture n'est pas secondaire, ça représente des emplois, c'est la richesse, la dynamique, de notre territoire. L'objectif est de conserver cette richesse et cette dynamique. En fonction de l'évolution du fonds, de son abondement par d'autres, on pourra non seulement venir en aide aux premières cibles identifiées, labels, producteurs, développeurs, et élargir le spectre des bénéficiaires".
 

Logique de circuit court

Pour Mélanie Alaitru, "C'est une logique de circuit court qui se met en place, nous venons en aide aux acteurs de la filière des Pays de la Loire, aux artistes locaux, aux acteurs locaux..."

"Si on arrête de soutenir ces structures locales...", conclut julien Deroo, "c'est un savoir-faire qui va partir, des compétences qui vont disparaître. Il faut un retour de trésorerie sinon il n'y aura plus de création et de diversité musicales en Pays de la Loire".

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Le Pôle de coopération pour les musiques actuelles en Pays de la Loire : quèsaco ?
Julien Deroo, chargé de la communication, des partenariats, de la vie associative et des événements au Pôle de coopération explique : 

"Le rôle du Pôle de coopération pour les musiques actuelles en Pays de la Loire, c'est la structuration de la filière des musiques actuelles avec cinq missions :  1 la mise en réseau pour des échanges d'expériences et de compétences, 2 l'observation avec des études sur l'impact économique des festivals par exemple qui nous permettent d'avoir des photographiques de ce qu'est la filière, 3 La valorisation des forces de la filière au sein du secteur culturel national ou au sein d'espaces économiques et autres, 4 l'accompagnement collectif pour faire monter les gens en compétences comme la campagne "ici c'est cool" pour combattre la violence dans les festivals, 5 Quand l'accompagnement est trop complexe, on va expérimenter, tester de nouveaux dispositifs, comme par exemple l'aide à l'emploi dans les cafés culture ou les fonds de dotation"


 
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