Municipales 2020 : vers des listes de moins en moins partisanes ?

Fiers de Saint-Nazaire, Nantes en confiance, Laval Passionnément, Angers pour vous!, … Il est de plus en plus compliqué de connaître rapidement les politiques affiliées aux listes des élections municipales. Les candidats semblent de plus en plus souvent cacher leurs adhésions à un parti. 
L'urne du bureau de vote 152 à Nantes, mai 2017
L'urne du bureau de vote 152 à Nantes, mai 2017 © Claude Bouchet - France 3 Pays de la Loire
À l'approche des élections municipales, les citoyens commencent peu à peu à considérer leur vote. Une tâche qui peut s'avérer complexe tant les noms des listes candidates semblent de plus en plus impénétrables, sans affiliations politiques revendiquées. Que se cache t-il derrière cette politique prétendument non-partisane ?


Une défiance pour les partis politiques traditionnels

Pour Arnauld Leclerc, professeur en Sciences Politiques, cette distanciation avec les partis politiques traditionnels a une raison très simple : “les partis politiques n’ont jamais été aussi détestés en France, seulement 8% des Français leur font confiance.” 

Les candidats l’ont bien compris, et rares sont ceux se présentant clairement sous une étiquette partisane, “même s’ils sont depuis 30 ans dans un parti, ils le cachent.” 

Cette tendance ne date pas d’hier. À la dernière présidentielle, Emmanuel Macron avait bâti sa campagne autour de cette notion de renouveau. “Les partis portés par des militants, des gens qui ont un engagement durable avec des positionnements politiques assez construits, cela est en train de doucement s’effacer”.

Des listes citoyennes émergent partout dans la région, et si c'est “un mouvement relativement marginal” selon le politologue, “elles traduisent bien une aspiration à faire de la politique autrement.”


Un pari risqué 

Ces noms de listes semblent désormais plus proches du slogan publicitaire que d’une réelle revendication politique.

Pourtant, le parti continue de jouer un rôle particulièrement important sur les comportements de vote. “Il y a une fonction de marquage, c’est un sigle qui permet une sorte de simplification pour l’électeur, s’il voit PS, LR ou Les Verts il sait d’avance quel est le positionnement de l’ensemble. Il n’a plus besoin de connaître le candidat dans son détail, il arrive à savoir dans l’ensemble juste par l’étiquette, à partir du moment où on le cache ça devient effectivement plus compliqué à lire.” 

Cacher son adhésion à un parti est donc un choix audacieux que les candidats semblent néanmoins prêts à faire.  


Les extrêmes font l’exception 

Parmi ces différentes listes aux élections municipales, on remarque une tendance à l'extrême droite et à l'extrême gauche de continuer à revendiquer leurs affiliations partisanes.

Pour Arnauld Leclerc, ce sont pour deux raisons particulièrement distinctes. "Lutte Ouvrière est marginal dans le système, ce sont des listes de témoignages, pour montrer que leur identité existe. L’enjeu ce n'est pas l’élection, ce qu’ils veulent faire connaître c’est précisément le sigle et la logique qui est derrière."

À l'inverse, le Rassemblement National est un parti plus classique, particulièrement populaire, notamment dans le département de la Sarthe. "Ils jouent un rôle de marqueur identitaire extrêmement fort, c’est un vote sur étiquette. Les gens votent de manière protestataire pour un parti peu importe le candidat derrière. Ils essaient systématiquement de capitaliser sur "Nous sommes les vrais opposants, nous l’avons toujours été." Une vraie logique identitaire construite autour d’un parti, d’un sigle." 

Arnauld Leclerc rappelle que "les élections municipales en France ont aussi une connotation nationale assez marquée, comme toutes les élections, c’est plus ou moins un référendum sur le gouvernement en place."

Une aubaine pour le Rassemblement National qui ne peut manquer, une fois de plus, de se démarquer. 

 

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