Nantes : 22 artistes éclectiques pour 22 œuvres originales sur 22 bus électriques

e-busway de Nantes, "Allure" œuvre de Karina Bisch / © Karina Bisch / Le Voyage à Nantes
e-busway de Nantes, "Allure" œuvre de Karina Bisch / © Karina Bisch / Le Voyage à Nantes

L'idée est originale, et les 22 artistes sollicités par le Voyage à Nantes pour faire rouler l'Art sur les tout nouveaux e-busway ont répondu avec enthousiasme, mettre son art au service du public et de surcroît en mouvement est une première.

Par Christophe Turgis

22 artistes, 22 œuvres sur 22 véhicules. Il y a là comme un symbole. Jean Blaise et le Voyage à Nantes poursuivent leur idée, faire entrer l'Art dans l'espace public. Donner du beau pour tous. "Un travail sur un objet mobile qui va et vient à longueur de journée dans les plis de la ville. Intervenir à chaque fois sur les transformations de la ville". Les e-busway offraient une surface idéale pour cette recherche permanente !

De l'art sur des autobus ? Et pourquoi pas ! Les 22 e-busway sont une double première.
Technologique, personne n'a jamais fait rouler dans aucune ville du monde, des véhicules bi-articulés mus par de l'électricité embarquée dans des batteries.
Artistique, dans aucune ville du monde, on avait proposé au regard du public autant d'œuvres mobiles.
 
Un e-Busway de Nantes, contruit par les industriels suisses Hess et ABB à la station Duchesse Anne / © Christophe Turgis F3
Un e-Busway de Nantes, contruit par les industriels suisses Hess et ABB à la station Duchesse Anne / © Christophe Turgis F3
 

Art ou décoration ?

La performance technologique méritait bien que le monde de l'art s'associe à la performance.
Alors, est-ce de l'art, ou de la décoration ? Pour Bruno Rousselot, artiste, "la limite entre art et décoration n'existe pas vraiment, une œuvre doit vivre de manières diverses, accrochée au dessus d'une commode, ou sur un autobus, cette forme d'art n'est pas du tout secondaire, il s'agit toujours de donner une dimension décorative à une œuvre plastique".

Pour Heidi Wood, "déplacer un objet d'art est quelque chose de nouveau, obligeant l'artiste à réfléchir différemment puisque l'œuvre échappe au regard de celle ou celui qui la regarde".

Nicolas Chardon donne une valeur sociale à son travail : "c'est la question de la valeur d'usage, on partage l'usage social de l'art avec les usagers !" Et de citer Fernand Léger qui voyait œuvre d'artiste dans le travail de l'étalagiste...
 
4 petits e-busway, œuvres : "Voyage du centre de la terre au centre de la lune" de Julien Nedelec, "Beautiful Bus #1" de Baumann Lang, "High Line and green grass" de Eva Taulois, "Ligne aveugle" de Hugo Schüwer Boss, / © Julien Nedelec, Baumann ang, Eva Taulois, Hugo Schüwer Boss, le Voyage à Nantes
4 petits e-busway, œuvres : "Voyage du centre de la terre au centre de la lune" de Julien Nedelec, "Beautiful Bus #1" de Baumann Lang, "High Line and green grass" de Eva Taulois, "Ligne aveugle" de Hugo Schüwer Boss, / © Julien Nedelec, Baumann ang, Eva Taulois, Hugo Schüwer Boss, le Voyage à Nantes
 

La contrainte c'est la liberté

De la contrainte du format, 24 mètres de longueur sur 60 centimètres de hauteur, sont nées ces œuvres abstraites ou figuratives, aux motifs souvent répétitifs.

Tous les artistes invités a travailler sur les e-busway regardent leur travail passer dans la ville comme amusés, avec un regard d'enfant. Un enfant étonné de voir son art prendre de la vitesse !
Mais qui gardent les pieds sur terre, ils ont tous remarqué que leur travail n'avait pas été signé à l'extérieur à l'attention des passants... Promis, le directeur de la Semitan, qui fait rouler les bus électriques, va voir comment réparer l'oubli !

 

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