La nuit du film en Pays de la Loire : “Sea is my country” de Marc Picavez

© Anaïs Crusson / France Télévisions
© Anaïs Crusson / France Télévisions

Lundi 10 février et lundi 2 mars, France 3 Pays de la loire vous propose une programmation inédite de films documentaires et de fiction réalisés, tournés ou produits dans la région, en partenariat avec La Plateforme, Pôle Cinéma et Audiovisuel des Pays de la loire

Par Christophe Chastanet

Le personnage central de "Sea is my country", s'appelle Ramil. Il a 20 ans et a choisi de devenir marin. En tant qu’élève officier, il embarque pour la première fois sur un immense cargo qui transporte des marchandises entre l’Afrique et l’Europe. Pendant dix mois, il va travailler et vivre parmi un équipage venu des quatre coins du monde originaires comme lui des Philippines, mais aussi d’Indonésie, d’Ukraine, d’Egypte et d'Allemagne. Tous se sont laissé séduire par les slogans d’école leur promettant de découvrir le monde, d’un bon salaire. Au contact d’Andrey, un jeune officier ukrainien, il va apprendre le métier et la vie qui va avec. En les accompagnant au rythme de leur quotidien et au cœur de leur promiscuité, le documentaire dresse le portrait intime de cette nouvelle génération de marins jeunes et globalisés.

L’idée de ce film était d’accompagner des futurs marins, de raconter  leur vie loin de chez eux et entre eux sur le bateau. 

Marc Picavez réalisateur

© Point du jour international
© Point du jour international

L’histoire commence à Saint-Nazaire

C’est à Saint-Nazaire où il était invité en résidence d’écriture que l’idée de ce film est venue à Marc Picavez. Travaillant sur le thème du monde du travail pour un film court et un projet de recherche plus personnel, il rencontre sur le port des jeunes marins qui n’étaient pas ceux qu’il imaginait.  De très jeunes Indonésiens, Philippins avec des styles très urbains cherchant à communiquer avec leurs familles à travers Skype dans un Seamen’s Club (centre pour les marins en escales). C’est de cette rencontre qu’est né le désir de les accompagner de montrer leur vie loin de chez eux et entre eux sur un bateau.
 

Un tournage au long cours

Le film a été tourné sur une année par le réalisateur et un chef opérateur, une équipe à deux qui a vite été acceptée, oubliée et qui s’est fondue dans l’équipage. Ce qui a permis des moments où la caméra semble ne pas interférer sur le réel.

© Point du jour international
© Point du jour international

 

Ramil : visage de la mondialisation

Le choix de Ramil l’élève officier comme personnage central du film s’est imposé assez vite. Il semblait intéressé et Marc savait qu’il allait forcément grandir au cours de sa première traversée et donc devant la caméra et dans le film. 
A lui, comme à tous ses collèges on a expliqué qu’en devenant marins, ils découvriraient le monde gratuitement.  Mais la réalité est différente. On voit bien qu’ils sont dans des endroits qui se ressemblent  partout dans le monde, des quais remplis de containers, des zones péri-urbaines où les ports désormais s’étalent. C’est tout ce visage de la mondialisation que Marc Picavez réussit très bien à montrer.

Ces jeunes parlent une langue qui n’est pas la leur, ils n’ont pas leur monnaie dans la poche, ils sont déphasés. Pourtant face à leurs difficultés d’exil d’émigration de travail, ils arrivent à recomposer un collectif pour passer la barre ensemble

Marc Picavez réalisateur


Depuis le tournage de ce film, Ramil est toujours en mer, il a validé son diplôme. Devenu marin, il a aujourd’hui changé de bateau et d’employeur.










 




 

Sur le même sujet

toute l'actu cinéma

Les + Lus