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Pourquoi et comment les villes chassent la publicité

Elle est omniprésente dans notre quotidien. Mais la publicité est-elle en train de perdre du terrain dans la rue ? Certaines villes et communes choisissent de durcir leur réglementation. Comme à Nantes, où l’on retire plusieurs centaines de panneaux publicitaires. Faut-il aller plus loin ? Réguler le contenu des publicités pour être en accord avec les enjeux climatiques ?

C’est un mouvement de fonds, voir peut-être un début de révolution discrète dans nos villes et nos communes.

La fin des alignements de panneaux d’affichage et des écrans lumineux en pagaille sur le bord des routes. Depuis peu, ils sont démantelés par centaines comme à Nantes depuis le début de l'année. Une opération coup de poing qui en appelle d’autres partout dans la région. Petit tour d'horizon de ces villes qui déshabillent la publicité de leur environnement urbain.

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Les affichages publicitaires disparaissent de la métropole nantaise ©France3 Pays de la Loire

Les nouvelles réglementations contre la publicité

Inesthétique, énergivore, consumériste, voir climaticide. Les arguments ne manquent pas contre ces affichages. 

Dans une période économique exposée à des turbulences, les villes peuvent-elles se passer de cette manne financière ? 

À Nantes, un nouveau règlement local de publicité métropolitain a été voté à l'unanimité en juin 2022. "On peut prendre des décisions radicales sans conflictualité" indique Johanna Rolland. 

L'objectif est la réduction de la présence publicitaire de 45 % d’ici 2024.

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Thomas Quéro (PS), adjoint à l’urbanisme à la ville de Nantes ©France3 Pays de la Loire

À Angers, le nouveau règlement local de publicité intercommunal de janvier 2020, indiquait une diminution de 60 % des panneaux publicitaires (source Métropole). Aujourd'hui, ils sont passés de 403 à environ 140.

Le Mans n'est pas en reste. Le nouveau règlement local sur la publicité de 2019, veut mettre fin à l'anarchie publicitaire avec comme objectif  50 % de publicité en moins dans l'espace public et une interdiction dans le vieux Mans.

 

En restreignant les affichages son risque de déstabiliser tout un secteur économique qui rapporte gros. Le marché de l’affichage extérieur est estimé à 1,4 milliard (source Big Corpo). Et il rapporte aux villes. Au Mans, les recettes publicitaires issues de la taxe locale sur les panneaux et enseignes baissent de moitié. 

Mais le citoyen dans tout cela, il en pense quoi ? Car si pollution visuelle il y a, c'est bien le "promeneur du samedi" ou l'habitant des villes qui est impacté sur son espace public. Et bien les avis sont contradictoires. Selon un sondage Greenpeace en 2022 : 85 % des Français seraient pour une réduction des écrans de publicités lumineux, et 54 % soutiennent leur interdiction. Et d'un autre côté 7 Français sur 10 disent apprécier la pub ! (source ARPP).

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Valentin Gourdon, directeur régional de JCDecaux ©France3 Pays de la Loire

Réguler la pub : Un enjeu écologique majeur 

En cette période de crise énergétique, une bonne publicité ne serait-elle pas de promouvoir... la sobriété ?

Un panneau publicitaire numérique de 2 m² équivaut à une consommation électrique de 2,7 foyers (Source Négawatt ). La suppression des seuls panneaux électrifiés ferait économiser l'équivalent de la consommation annuelle de 40 foyers selon Nantes Métropole. La ville du Mans a décidé d'aller plus loin que la loi d'octobre 2022 qui interdit la publicité lumineuse entre 1h et 6h du matin (excepté dans les gares, aéroport et métro).

Et si pour taper plus fort, on allait vers une loi Evin climat visant à interdire les publicités faisant la promotion de produits néfastes pour le climat, en commençant par les secteurs de l’aérien, de l’automobile, du maritime et des énergies fossiles ? C'est en tout cas ce que proposait le député écologiste Matthieu Orphelin en 2020...mais en vain.

Mais d'autres députés fraîchement élus veulent reprendre le flambeau, à l'image de l'insoumis nantais Andy Kerbrat.

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Le député LFI Andy Kerbrat et la potentielle loi Evin climat ©France3 Pays de la Loire

Les secteurs les plus polluants dépensent pourtant beaucoup en publicité, l'équivalent de 5 milliards pour l'aviation, l'automobile et les énergies fossiles réunis. L'automobile à elle seule représente 2,5 milliards de budget publicitaire par an dont la moitié pour les SUV.

Et demain? 

De plus en plus d'actions militantes coups de poing se mettent en place. En janvier dernier une grande opération de “brandalisme” mot-valise de « brand » (marque) et « vandalism » (vandalisme), a eu lieu dans 14 villes européennes, dont Paris et Nantes, avec un  détournement par des artistes d’une campagne de pub Toyota pour des SUV. Ce collectif international d’artistes est né en juillet 2012 en Grande-Bretagne fait de plus en plus d'émules. 

La publicité est le reflet de notre consommation, elle aura donc du mal à disparaître. Mais elle devra probablement changer de formes, ou de supports, pour pouvoir continuer à regarder vers la droite qui, en sémantique publicitaire, symbolise l'avenir.

Pour en débattre, Maxime Jaglin accueille en plateau :

  • Lucas Lechat, militant de l’association Résistance à l’agression publicitaire à Nantes 
  • Thomas Quéro (PS), adjoint à l’urbanisme à la ville de Nantes   
  • Valentin Gourdon, directeur régional de JCDecaux

 

► Dimanche en Politique, Quand les villes chassent la pub, c'est dimanche 19 février à 11h25 sur France 3 Pays de la Loire et en avant-première sur notre plateforme France.tv

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