Santé : la consommation de cannabis en baisse dans les Pays de la Loire, mais elle touche les plus jeunes

© DR/Canva
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Alors que dans les quartiers nantais le trafic de drogue et les violences font rage, l'Observatoire Régional de Santé vient de publier un rapport sur la consommation de cannabis en Pays de la Loire. Elle est en baisse dans notre région. Avec des taux inférieurs à la moyenne nationale.

Par Céline Dupeyrat

De toutes les drogues, le cannabis reste la substance illicite la plus diffusée et consommée dans la région. 

En 2017, 41 % des 18-64 ans déclarent avoir "déjà expérimenté ce produit". Cette proportion atteint 55 % parmi les moins de 44 ans.

Comme en France, l’expérimentation du cannabis n’a cessé de progresser dans la région entre 2005 et 2017. Mais, les usages de cannabis ont diminué dans la région entre 2014 et 2017, inversant la tendance à la hausse observée entre 2010 et 2014. En 2017, 8,4 % des 18-64 ans déclarent avoir consommé du cannabis au moins une fois dans l’année, et 2,2 % rapportent un usage régulier (dix consommations ou plus au cours du dernier mois).

Ces taux sont désormais inférieurs à la moyenne nationale. L’usage régulier de cannabis apparaît associé à la précocité de l’expérimentation.

"Parmi les moins de 40 ans ayant déjà expérimenté le cannabis, la proportion de consommateurs réguliers atteint 25 % chez les personnes qui ont consommé du cannabis pour la première fois avant 15 ans contre 5 % chez ceux pour lesquels cette expérimentation a eu lieu après 15 ans", stipule l'étude.

Les usagers réguliers de cannabis, sont souvent des polyconsommateurs :" plus de 85 % sont fumeurs quotidiens de tabac et environ un tiers ont une consommation régulière d’alcool. Environ 30 % d’entre eux cumulent consommation régulière de tabac et d’alcool".

Les consommateurs de cannabis sont le plus souvent des hommes de plus en plus jeunes.

Le taux d’usagers réguliers de cannabis est en effet quatre à cinq fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes, et près de deux fois plus élevé chez les 18-34 ans que chez les 35-64 ans.

17 % des 18-34 ans déclarent ainsi au moins un usage de cannabis au cours de l’année et 3 % un usage régulier au cours des trente derniers jours. Si l’expérimentation du cannabis est plus souvent déclarée en 2017 par les personnes ayant un niveau supérieur au baccalauréat, l’usage régulier du cannabis apparaît par contre dans la région plus fréquent parmi les catégories socioprofessionnelles les moins favorisées (ouvriers, employés, agriculteurs exploitants).

"L’usage de cannabis peut avoir des conséquences dramatiques sur le plan social ou sanitaire, pour l’usager lui même ou pour son entourage. Selon l’échelle Cast, "1,5 % des Ligériens de 18-64 ans présenteraient un risque élevé d’usage problématique du cannabis, soit un taux inférieur à la moyenne nationale (2,8 %). Une part importante de ces usagers à risque sont par ailleurs concernés par des usages problématiques de tabac et/ou d’alcool. La consommation des autres drogues illicites1 reste nettement moins fréquente que celle du cannabis : 8 % des 18-64 ans déclarent en avoir déjà consommé au moins une fois au cours de la vie". Cette expérimentation apparaît plus élevée parmi les jeunes : sa fréquence atteint ainsi 10 % chez les 18-34 ans.

Trafic et autoculture

En 2017, 49 % des Ligériens de 18-64 ans déclarent en effet qu’il serait facile d’obtenir du cannabis en vingt-quatre heures s’ils en voulaient (20 % très facile et 29 % assez facile). Cette proportion est cependant inférieure à la moyenne nationale (55 %).

Le marché noir représente le mode d’approvisionnement le plus fréquent : "49 % des personnes intérrogées ayant consommé du cannabis dans le mois déclarent y avoir eu recours dans l’année. 12 % ont cultivé le produit, mais cette production ne couvre pas toujours la totalité de la consommation puisqu’une personne concernée sur trois déclare avoir également acheté du cannabis. Enfin, 43 % des Ligériens ayant consommé du cannabis dans le mois ont déclaré ne pas avoir acheté, ni cultivé de cannabis, mais qu’on le leur a offert".

Drogues dures

Les produits les plus expérimentés sont les stimulants, MDMA/Ecstasy (4,8 %) et cocaïne (3,8 %) et les champignons hallucinogènes (4,3 %).
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Pour le LSD, les amphétamines, l’héroïne et le crack, le taux d’expérimentation est inférieur à 1,5 % dans la région . L’usage de ces produits dans l’année reste rare (1,2 % pour la MDMA/ecstasy, 0,8 % pour la cocaïne ; moins de 0,5 % pour les autres produits). Le taux d’expérimentation atteint 68 % parmi les usagers réguliers de cannabis. L’expérimentation d’une autre drogue est très rarement observée chez les personnes n’ayant jamais consommé de cannabis.

 

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