BALADE. Destination La Flèche : trois raisons de céder au charme de la cité sarthoise et de ses environs

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Et si on s'offrait une petite virée à La Flèche, le carrefour principal du sud de la Sarthe. La ville avec ses 15 000 habitants se situe dans l'ancien Maine angevin, et se mire dans Le Loir, un affluent de la Sarthe. Labellisée "Pays d'Art et d'Histoire", c'est la destination choisie ce dimanche à 12h55 par Julie Hattu dans le magazine "Envie Dehors"!

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Réalisation : Timo Ebermann - Rédactrice en chef : Camille Pitron - Production : Les nouveaux Jours Productions

Le Prytanée militaire : l’ancien collège royal

Le passage obligé à La Flèche, c’est le Prytanée militaire. C’est vrai que cet ancien collège royal fondé en 1903 par Henri IV pour instruire la jeunesse en impose. C'est l'un des six lycées qui dépendent du Ministère de la Défense et forment les militaires de demain.

La centaine d’élèves respecte un quotidien très codifié qui débute chaque matin dans la cour d’honneur par un briefing de leurs responsables et un rappel des consignes pour la journée. Le tout en silence et en uniforme ! Une sorte de relève de la garde à la française qui ne s’observe... que de l’extérieur.

Une fois la cérémonie achevée, les élèves regagnent leurs salles de cours en rythme. Élèves en prépa, ces jeunes vivent ici et dans un autre lycée situé à l’entrée de la ville. Le prytanée emprunte son nom à la Grèce antique : c'était un lieu où les prêtres et les magistrats vivaient pour s’occuper des affaires de l’état.

Aujourd’hui les élèves profitent d’un cadre majestueux : 28 hectares répartis dans deux quartiers avec piscine, terrain de foot, manège équestre. On trouve aussi l’église Saint Louis avec un orgue datant de 1640, une bibliothèque et un jardin à la française.

Au Prytanée, sur les 900 élèves, certains préparent leur Baccalauréat et d’autres (330 élèves) sont ici pour suivre une prépa sciences, littérature ou économie. Ils ont donc leur Bac, certains l’ont passé ici au lycée militaire, d’autres viennent d’ailleurs et ont entre 17 et 20 ans.

En général, ils se préparent pendant deux ans aux grandes écoles militaires : Polytechnique, Saint Cyr, l'École navale, l’École de l’air, etc. Il y a au Prytanée 70% d'enfants de militaires. C'est dire si l’uniforme et la tradition sont de rigueur !

Visite privée de la bibliothèque et de ses manuscrits très anciens

La bibliothèque fut à l‘origine une galerie de peintures. A la révolution, les tableaux furent saisis et le lieu devint bibliothèque.

Cet endroit destiné uniquement aux étudiants et aux chercheurs est ouvert au public une seule fois par an lors des Journées du Patrimoine et sur rendez-vous. La bibliothèque est riche d’environ 45 000 volumes, certains datant du 15ème siècle.

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La bibliothèque du Prytanée ©Les nouveaux jours

Quittons le Prytanée pour se faire une idée de la campagne alentour et partons jusqu’au marais de Cré-sur-Loir, à 7 kilomètres plus à l’ouest, la plus grande zone de marais alluvial du département de la Sarthe.

La réserve régionale de 65 hectares constitue un patrimoine historique, paysager et naturel exceptionnel. Elle est gérée toute l’année par Arnaud et ses équipiers.

Arracher des arbustes au milieu d’une roselière, petits frênes, aulnes, saules. C’est ce travail que cette équipe ne peut pas faire le reste de l’année lorsque le marais est plein d’eau car la zone est alors inaccessible. Ils profitent de la fin de l’automne et du marais encore praticable pour opérer différents travaux d’entretien nécessaires à la bonne qualité de la biodiversité comme le fauchage de roselières, la taille de végétation, la fauche.

Arnaud encadre un groupe en plein chantier d’insertion qui les aide dans leurs travaux quotidiens sur le marais de Cré. Arnaud, d’origine sarthoise a suivi un BTS “gestion et protection de la nature” et a travaillé un peu partout en France (Normandie, Indre-et-Loire, Gironde) avant de revenir s’installer ici et de se spécialiser dans l’eau, les rivières, les étangs, tous les milieux d’eau. On sent qu’il aime son coin.

L’objectif est de redonner à tous une activité, de susciter des vocations, de les sensibiliser à ce milieu, classé réserve naturelle régionale depuis mars 2008.

La réserve est riche de traces d'animaux. Ce marais est important car il abrite près de 150 espèces d’oiseaux et 300 espèces végétales mais aussi 15 espèces de poissons et de nombreux amphibiens qui se régalent des insectes également très présents.

Les vaches de race highland entretiennent la nature

Mais le petit "plus" des marais, ce sont les Highland qui profitent du pâturage.

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HDes Highlands au service de la nature ©Les nouveaux jours

 Ces vaches rigolotes venues tout droit d’Ecosse sont suffisamment robustes pour vivre à l’année dans ces zones marécageuses. Petites, avec de longues cornes, un long pelage laineux de couleur rousse et de nombreuses mèches flamboyantes sur la tête… on se demande si elles parviennent à voir dans quelle direction elles marchent ! Ces vaches aident Arnaud et ses collègues à prendre soin et à sauvegarder ce milieu naturel qui évolue beaucoup au fil des montées d’eau du Loir

Une spécificité unique en France au moulin de la Bruère : la production de glace 

Suivons  la rivière du Loir, non loin du célèbre zoo, pour découvrir un moulin datant du XIVᵉ siècle. Mais pas n’importe lequel : un moulin qui se sert de la rivière pour produire de l’électricité bien sûr mais aussi… de la glace ! De la glace (à rafraîchir et non de la glace comestible).

C'est la propulsion mécanique de la roue qui permet sa fabrication "à l'ancienne" explique Claude, ancien mécanicien à la retraite. Dans les années 30, cette production de glace était utilisée pour conserver les aliments notamment par les professionnels comme des poissonniers, charcutiers ou ceux de la restauration.

Elle servait également à refroidir les machines des trains lorsque le trafic ferroviaire était plus dense à La Flèche. La production y était conséquente : le moulin produisait 15 tonnes de glace par jour. Désormais, il ne fonctionne que trois mois par an, durant l'été, pour fournir les campings et buvettes aux alentours.

La production a ralenti depuis l’arrivée des réfrigérateurs

Michel

Bénévole du moulin à glace

Aujourd’hui, la vocation du moulin demeure principalement pédagogique ; Pour Michel et les autres de l’association du Moulin, l’intérêt c’est le “patrimoine vivant” ; l’équipe ne produit aujourd’hui plus que 6 tonnes de glace par an.

Une bande de passionnés fléchois depuis 1995


Comme souvent, l’histoire de la conservation de ce moulin, c’est celle d’une joyeuse bande, à la retraite, qui aime à se retrouver tout en partageant leur savoir et savoir-faire à tous les curieux. C’est grâce au rachat par la Mairie que la troupe a pu se former en association. Grâce à un financement de 160 000 euros, ils ont réussi à faire changer la roue et produire de l’électricité.

80 adhérents composent l’association, dont une dizaine très actifs. Parmi eux, des anciens mécanos comme Claude, des anciens profs comme André et bien d'autres profils. Michel, 70 ans, lui était Maître verrier, restaurateur de vitraux d’églises en Sarthe. Originaire de Laval, il est installé en Sarthe depuis plus de 40 ans.

 Pour en apprendre encore plus sur la Flèche, retrouvez Julie Hattu dans Envie Dehors ! petite virée à la Flèche en Sarthe ce dimanche 25 septembre à 12h55 puis en replay sur notre plateforme France.tv.

Et si le temps et l’envie vous le permettent n’oubliez pas le zoo de La Flèche, mais cet endroit mérite vraiment une prochaine et complète balade !

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