Déconfinement : en Sarthe, la récolte des pivoines bat son plein

Fortement impactés par la crise liée à l'épidémie de Coronavirus, les horticulteurs de la Sarthe retrouvent un peu le sourire alors que s'amorce la saison des pivoines. Mais pour ce secteur d'activité les pertes sont très lourdes.
 

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France Télévisions © Récolte des pivoines à Alonnes, dans la Sarthe, le 15 mai 2020
Des champs de pivoines à perte de vue et déjà les premiers pétales commencent à se détacher, signe que l'heure de la récolte est venue quelques jours après le déconfinement. Un soulagement pour Nicolas Bigot, horticulteur à Alonnes dans la Sarthe.

"C'est une fleur très saisonnière que tout le monde attend, notamment pour la fête des mères. Le déconfinement arrive en même temps. Cela nous donne de l’optimisme pour la suite", confie-t-il.

Un optimisme dont l'entreprise a bien besoin, car dès les premières semaines du confinement les commandes de la grande distribution, grossistes et fleuristes se sont effondrées.
 
Les pivoines sont prêtes à être récoltées
Les pivoines sont prêtes à être récoltées © France Télévisionns

Car contrairement à d'autres secteurs d'activité, la production horticole ne peut pas être mise sur pause. Les fleurs continuent de pousser, les salariés de planter, cueillir et entretenir. Résultat, peu de recours au chômage partiel et des tonnes de fleurs perdues.

"On a jeté pendant la période du confinement entre 3 et 4 millions de tulipes, plus de 10 millions de roses. C’est énorme. Nos pertes sont de l'ordre de 1 et 2 millions d’euros", s'alarme Nicolas Bigot.

Seule l'activité de la vente en ligne s'est développée à destination des particuliers, mais elle ne représente que 10% de la production, pas suffisante pour compenser les pertes.
 
Bouquets de pivoines
Bouquets de pivoines © France Télévisions

"Les reports de charges ne suffiront pas. Les prêts garantis par l’Etat nous ont permis de ne pas couler dans un premier temps, d’avoir de la trésorerie mais cela ne nous garantit pas l’avenir. On a besoin d’un vrai fonds de solidarité pour permettre de pérenniser et sauver l’horticulture française", réclame la profession.

Il y a urgence, car l'ensemble de la filière horticole française réalise 50 % de son chiffre d'affaire annuel au printemps.
 
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