Sarthe : 15 élèves du Prytanée national de La Flèche en garde à vue ce lundi

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Que s'est-il passé au Prytanée de La Flèche le 24 mars dernier ? Une "fête" traditionnelle pour marquer les 100 jours avant le bac a dégénéré. Des violences ont été commises. Plusieurs plaintes ont été déposées et 15 élèves placés en garde à vue le 20 juin.

Trois mois après les faits, le parquet du Mans annonce dans un communiqué que 15 élèves, lycéens au Prytanée national de La Flèche, un établissement relevant du Ministère de la Défense, ont été placés en garde à vue ce lundi 20 juin.

Ils ont été entendus dans le cadre d'une procédure ouverte suite à plusieurs plaintes de personnels du Prytanée "bousculés" lors d'un chahut organisé à l'occasion du "Père Cent", une fête qui marque les cents jours avant le baccalauréat.

Dans le jargon de l'école, on appelle ça un "chahut quartier". En fait de chahut, ce rassemblement festif organisé par les lycéens de terminale dans le quartier Galliéni qui leur est réservé au sein de l'établissement, a visiblement dégénéré au point que plusieurs plaintes ont été déposées. 

Des conseils de discipline

"Nous avons conduit un certain nombre de conseils de discipline dans le cadre de notre règlement interne, indique le lieutenant-colonel de Grandmaison, le commandant en second du Prytanée de La Flèche.

Mais plusieurs plaintes ayant été déposées à la gendarmerie "pour des faits de violences à l'encontre de certains cadres mais aussi de dégradations des bâtiments", le parquet du Mans a ouvert une enquête "des chefs de violences et de dégradations" indique le communiqué du procureur de la République du Mans.

"Au vu des éléments rassemblés depuis plus de deux mois par les enquêteurs de la brigade des recherches de La Flèche, poursuit le communiqué, 15 élèves sont entendus ce lundi sous le régime de la garde-à-vue (...) Pour les mis en cause mineurs, la présence des responsables légaux durant l'audition est naturellement assurée, sous réserve qu'elle ne lie pas la parole des mis en cause."

"On n'avait jamais vu ça"

En interne, l'affaire a surpris tout le monde nous dit-on. Si le chahut organisé à l'occasion des cents jours avant la bac est une tradition, cela doit rester dans un certain cadre. Un bazar organisé en quelque sorte et toléré mais dans un temps et des proportions limitées.

Sauf que ce 24 mars, la désobéissance tolérée a été intolérable. Deux cadres et deux surveillants de nuit ont été bousculés et certains ont même reçu des coups. D'autre part, il y a eu des dégradations, notamment des tags sur les bâtiments et les véhicules des cadres.

"On n'a jamais vu ça" déclare le lieutenant-colonel de Grandmaison. On a tous été très surpris de la violence.

Comment expliquer que le "chahut" traditionnel du "Père Cent" ait à ce point dégénéré ? Trop de discipline dans cet établissement pendant cet internat de 3 ans ? Un besoin conscient ou non de marquer un rejet de l'institution et de sa rigueur ? La génération COVID ? Il n'y avait pas d'alcool, pas de stupéfiants lors de ces incidents nous a-t-on assuré. Le Prytanée de La Flèche avait déjà défrayé la chronique par le passé pour des faits de violences entre élèves lors de bizutages notamment. Un rapport parlementaire avait même alerté sur des pratiques douteuses de certains élèves extrémistes.

Ce nouvel épisode interpelle l'encadrement. "On se remet en cause, assure le commandant en second du Prytanée. On va revoir nos parcours traditions, l'implication des cadres, la commission de vie lycéenne, avec des rendez-vous ponctuels avec les délégués de classe."

Au terme des procédures internes, de nombreuses sanctions ont été prononcées et 15 élèves ont été exclus. Conséquence pour ceux-là : ils ne pourront pas suivre d'études supérieures dans des structures militaires de la Défense. Ce sont ces 15 élèves qui ont été placés en garde-à-vue.

Le Prytanée national de La flèche

Le Prytanée national de la Flèche, dans la Sarthe, est un des quatre lycées militaires relevant de l'Armée de Terre. Créé par Napoléon, il a été inauguré en 1808 dans les bâtiments d'un collège fondé deux siècles plus tôt par Henri IV. Cet internat, qui accueille 550 élèves, conduit les lycéens au baccalauréat et les prépare ensuite aux concours des grandes écoles militaires de Saint-Cyr et Saint-Germain.