Le Mans - Grève dans les transports en commun : les syndicats déplorent "une situation de souffrance au travail"

Les salariés de la SETRAM au Mans sont en grève pour 3 jours consécutifs. Conséquence pour les usagers des transports en commun : pas de tramways de nouveau ce vendredi et un service de bus perturbé. Le mouvement se poursuit samedi. Les grévistes déplorent le manque de dialogue avec la direction.

Les salariés de la Setram en grève, 3 juin 2021
Les salariés de la Setram en grève, 3 juin 2021 © Sabri Ayaden

La colère est de plus en plus forte. Jeudi 3 juin, les salariés de la SETRAM ont commencé une grève et bloquent le dépôt de Tramway au Mans. Ils dénoncent le "zéro dialogue" avec leur direction.

"J’ai passé neuf coups de fil au directeur et il ne me répond pas !" La voix de Bruno Pelletier, délégué syndical FO, s’échauffe. "Il se fout des usagers ! Comment, dans une métropole comme la nôtre, Stéphane Le Foll, son président, peut laisser faire une chose comme ça ! C’est un scandale, on se fout de nous !"

Une réunion est bien prévue avec la direction, mais pas avant mardi prochain. Ce qui paraît très lointain pour les syndicats FO et CFDT. "Le droit de grève existe mais le fait d’empêcher les salariés non-grévistes de travailler est problématique , répond Jérôme Mazuay, responsable marketing à la SETRAM. Tant qu’il y aura blocage du dépôt, il n’y aura pas de rencontre".

Grève des salariés de la Setram au Mans, 3 juin 2021
Grève des salariés de la Setram au Mans, 3 juin 2021 © France Televisions

Depuis le 16 avril 2021, une intersyndicale FO-CFDT appelle régulièrement à la grève à la SETRAM. Les revendications portent sur les salaires et les conditions de travail.

"Une situation de souffrance au travail"

Les grévistes réclament une augmentation de 0,7 % et la prime "Macron" pour un montant de 300 euros. "Mais la direction ne propose que 150 euros", détaille Bruno Pelletier de FO. "Il me semble que le salariés sont assez responsables en ne demandant que 300 euros alors qu’ils peuvent prétendre à 2000 euros".

Les conditions de travail sont également à l’ordre du jour. "Les salariés ne sont plus respectés par les cadres, ils subissent des pressions de la part de la hiérarchie", explique Sabri Ayaden, délégué syndical CFDT. "Nous nous retrouvons dans une situation de souffrance au travail. Pour moi, c’est inacceptable !" Et de donner en exemple le cas du port du masque : "Un décret permet aux conducteurs de ne pas porter le masque à leur poste de conduite. Et sans arrêt il y a des coups de fils de cadres pour interpeller de manière véhémente ceux qui ne le portent pas".

Le syndicaliste déplore également le manque de prise en compte des agressions que subissent les femmes conductrices lorsqu’elles prennent leur relève à la plateforme Saint-Martin : "Elles se font insulter par des personnes lambda et on leur dit : "Qu’est-ce que tu veux que j’y fasse !"

Une enquête interne a été demandée par le CSE, le comité social et économique de l’entreprise. Un cabinet spécialisé dans les risques psycho-sociaux a été mandaté.

De son côté, Jérôme Mazuay, responsable du service marketing, assure que "sur de nombreux sujets, les choses ont avancé, comme les WC au terminus. Les autres points seront abordés lors des prochaines rencontres avec les salariés".

Depuis jeudi, le mouvement est suivi par la moitié du personnel. Conséquence : les tramways ne circulent plus, les lignes de bus sont perturbées. Le mouvement se termine samedi soir 5 juin. Mais une nouvelle grève est annoncée pour le19 juin prochain.

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