Zones à faibles émissions (ZFE). Le Mans, Nantes et Angers deviennent des territoires de vigilance

En Pays de la Loire, il n'y aura pas de restriction de circulation dans les prochaines années pour les véhicules dont la vignette Crit'Air affiche 3, 4 ou 5. En raison de l'amélioration de la qualité de l'air, les zones à faibles émissions sont réduites. Seules les voitures sans vignette, immatriculées avant 1997, seront interdites de circulation à partir du 1ᵉʳ janvier 2025 dans les grandes villes ligériennes.

Redoutée par les propriétaires de voiture à la vignette Crit'Air 3, 4 ou 5, l'application des Zones à faibles émissions (ZFE) prévue par la loi "Climat et Résilience" est largement revue à la baisse. 

Les ZFE, créées pour préserver la qualité de l'air, ne concernent désormais plus que cinq villes, a annoncé le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, ce 10 juillet.

Il s'agit de Paris, Aix-Marseille, Lyon, Rouen et Strasbourg, qui dépassent toutes encore de manière régulière les seuils réglementaires de qualité de l'air. Dans ces métropoles, les voitures diesel de plus de 18 ans (Crit’Air 4) ne pourront plus circuler à compter du 1ᵉʳ janvier 2024. Cette restriction sera étendue à partir du 1ᵉʳ janvier 2025 aux voitures diesel de plus de 14 ans et aux voitures essence de plus de 19 ans (Crit’Air 3).

Nantes, Angers et Le Mans en zone de vigilance

Sur les 43 agglomérations de plus de 150 000 habitants qui devaient créer une ZFE, seules 11 l'ont mise en place. Le ministre de la Transition écologique a annoncé que les villes dans lesquelles la qualité de l'air est meilleure seraient désormais catégorisées "en zone de vigilance". 

En Pays de la Loire, les villes de Nantes, Angers et Le Mans deviennent donc des territoires de vigilance. Seules les voitures immatriculées avant 1997 seront concernées par une interdiction de circulation à partir du 1ᵉʳ janvier 2025. 

Reportage de Nathan Vildy, Charles Proult et Dominique Lebrun

"On est super content ! Beaucoup trop de gens auraient été embêtés de ne pas pouvoir circuler avec leur voiture parce qu’ils n’ont pas les moyens de la changer. C’était vraiment un casse-tête", réagit Laëtitia Hooghiemstra, mancelle et secrétaire générale de "40 millions d'automobilistes", association nationale de défense des automobilistes.

"Tant mieux pour moi, concède une automobiliste, mais peut-être pas pour la planète."

Reste la problématique des automobilistes qui souhaitent circuler dans les grandes métropoles comme Paris ou Lyon. Laëtitia Hooghiemstra est favorable à la création d'un certificat de conformité environnementale. "Ce que l'on demande, c’est un contrôle technique plus poussé que l’actuel, sur la base du volontariat. Cela permettrait aux propriétaires qui le passent de montrer que leur voiture n’est pas polluante, parce qu’elle est bien entretenue et donc elles pourraient entrer dans les zones ZFE", précise-t-elle.

47 000 décès prématurés par an

Santé publique France estime que chaque année 47 000 décès prématurés sont liés aux particules fines, et aux particules d’oxydes d’azote émises par les véhicules routiers, et que la pollution de l’air est à l’origine ou aggrave les maladies respiratoires et cardiovasculaires.

Près de 50 % des Français vivent aujourd'hui dans une grande agglomération et sont de fait particulièrement exposés à ces polluants. 

Si le ministère de la Transition écologique souligne une amélioration de la qualité de l'air, toutes les agglomérations françaises dépassent encore les valeurs recommandées par l'Organisation mondiale de la santé en dioxydes d'azote, soit 10 µg/m3. Seules Saint-Nazaire et Le Mans sont restées sous ce niveau en 2022.