UMP: toujours pas de vainqueur, Copé et Fillon poursuivent leur bras de fer

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Écrit par Fabienne Béranger avec AFP

L'élection d'un nouveau président de l'UMP a viré lundi au bras de fer entre les camps Fillon et Copé qui, en l'absence de proclamation officielle, ont revendiqué chacun la victoire sur fond d'accusations de fraude de part et d'autre.

La commission interne du parti (Cocoe) chargée de valider les résultats de ce premier grand exercice de démocratie interne de l'UMP, 10 ans après sa création, a continué toute la journée à vérifier au premier étage du siège du parti à Paris (XVe) chaque procès-verbal, département par département, après avoir suspendu ses comptages au milieu de la nuit sans parvenir à désigner un vainqueur.

A l'intérieur de l'UMP, les journalistes ont assisté toute la journée à la valse ininterrompue des copéistes et des fillonistes (Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez, Michèle Tabarot, Luc Chatel, Eric Ciotti, Nadine Morano, Christian Estrosi, Thierry Mariani, Franck Riester...), guettant la moindre déclaration alimentant la guerre psychologique entre les deux camps.

Dans ce climat, les appels au calme se sont multipliés. L'ex-Premier ministre Alain Juppé, resté neutre dans le duel, a demandé aux duellistes de se rencontrer "sur la base du rassemblement". "L'existence même de l'UMP est en cause", a-t-il prévenu.

Devant ce spectacle, les adversaires de l'UMP à droite ne pouvaient que se réjouir.
"C'est un scénario qui ne nous est pas désagréable", a dit sous forme de litote Louis Aliot (FN). "Il y aura certainement des lignes qui vont bouger dans les jours ou les semaines qui viennent. On a un boulevard devant nous", a estimé le député Philippe Vigier, un porte-parole du parti centriste UDI.

Les responsables du PS eux n'ont cessé d'ironiser sur cette "guerre des chefs" qui tourne au "mauvais vaudeville" et "n'honore pas la démocratie".

En fin d'après-midi, la Cocoe, à laquelle assistent des représentants de chaque camp, devait encore valider les résultats d'une quinzaine de fédérations, notamment celle des Alpes-Maritimes où des cas litigieux sont mis en avant par les copéistes, à Nice, fief des fillonistes Christian Estrosi et Eric Ciotti, mais aussi la Seine-et-Marne, bastion de JF Copé. Chaque camp affirme disposer d'une avance de quelques centaines de voix sur environ 175.000 suffrages d'adhérents exprimés, soit un écart très
faible.

Le nom du vainqueur officiel pourrait n'être connu qu'en soirée, dans la nuit voire seulement mardi.

Comme la veille, où il avait été le premier à se déclarer gagnant, Jean-François Copé a de nouveau revendiqué être vainqueur, assurant attendre "sereinement" le verdict de la Cocoe. Mais il s'est montré plus accusateur, parlant de "bourrages d'urne", de "fraudes importantes", dans les bureaux tenus par "les amis" de son rival, le sarthois François Fillon. Il a demandé que ne soient "pas comptabilisés" les résultats des bureaux contestés des Alpes-Maritimes.

"A cette heure, notre décompte confirme (mon) avance", a écrit de son côté, dans un communiqué, François Fillon, en demandant d'attendre avec "sang-froid" les résultats.

De l'avis des deux camps toutefois, les travaux de la Cocoe se tenaient dans une ambiance plus "sereine" que durant la nuit. "Nous attendons un résultat incontestable et incontesté (...) On veut tous veiller à une chose, l'unité du mouvement", a lancé le porte-parole de campagne de François Fillon, Jérôme Chartier.
"Ca se passe correctement", a dit le copéiste Roger Karoutchi. 

Il y a au moins une personne pour qui cet imbroglio constitue une très bonne nouvelle, c'est l'ex-président Nicolas Sarkozy, toujours adulé des militants UMP. Personne ne sait rien de ses intentions réelles mais ce résultat serré lui laisse beaucoup de marges de manoeuvre.

Dimanche soir, JF Copé avait revendiqué le premier la victoire avec au moins "1.000 voix" d'avance. François Fillon lui emboîtait le pas en clamant une avance de "224 voix". "Je ne laisserai pas la victoire échapper aux militants", avait averti le député de Paris, reprenant une phrase lancée en 2008 par Ségolène Royal lors du délétère congrès du PS à Reims, où elle contestait la victoire à sa rivale Martine Aubry.

"Et dire que l'on donnait des leçons au PS dans l'élection Royal-Aubry. On n'est pas mieux à l'UMP !", a lâché lundi un secrétaire national du parti, Stéphane Jacquot.

Sur Twitter, l'ex-directeur de la communication du parti, Xavier Schallebaum, préférait rire de la double actualité du weekend: "Dès demain l'#UMP condamnée au mariage
homo #Copé #Fillon".