Jobs d’été. Surveillant de baignade, "Je me sens utile" dit Arthur

Travailler au soleil, sur la plage, près d'une piscine, surveillant de baignade est un job saisonnier qui a ses avantages. Mais il nécessite une formation exigeante et une rigueur dans sa pratique. Lorsque le diplôme est passé avec succès, les postes ne manquent pas.

Arthur La Néelle, 19 ans, a fait sa première saison de surveillant de baignade l'été 2023, après avoir suivi la formation avec son club de natation, l'ASPTT, à Nantes. Un entraînement hebdomadaire et une formation au secourisme. Ce premier contrat s'est fait dans un parc aquatique du Lot.

Cet été 2024, il le passera en Dordogne, à surveiller la piscine d'un camping.

"C'est l'avantage de ce job, dit-il, ça recrute partout en France. On peut voyager. Il y a beaucoup de demandes, campings, plages, piscines, plans d'eau, rivières... Je me sens utile. Sans ça, les piscines ne pourraient pas ouvrir." 

Des journées parfois longues

Le diplôme requis est le BNSSA, le Brevet National de Sécurité et de Sauvetage Aquatique. Il doit être renouvelé tous les cinq ans.

"Je ne sais pas si je le renouvellerai, s'interroge Arthur qui est étudiant en deuxième année de licence de géographie et aménagement à Nantes. Quand j'aurai 23 ans, je pense que j'aurai un vrai métier."

"Les journées sont parfois longues sous le soleil", reconnait-il.  Et puis, comme beaucoup de boulots saisonniers en zone touristique, ce n'est pas facile de se loger.

"Certains postes offrent un logement pour les saisonniers, précise Arthur, mais pas toujours. J'ai dû refuser plusieurs postes pour cette raison (impossibilité de se loger)."

"Ça demande un bon niveau sportif"

Le salaire peut être attractif. Arthur dit avoir vu passer des propositions à 2 700 euros net ! Généralement, on est plus vers les 2 000 euros bruts.

"C'est un travail exigeant, ajoute Arthur, ça demande beaucoup de sérieux. Il faut faire respecter les règles." Il se souvient avoir secouru un enfant qui manquait de se noyer dans une zone où, pourtant, il avait pied.

"Il faut être patient, souriant, aimable. Sportif aussi ! Ça demande un bon niveau, souligne Arthur, surtout si on travaille en mer."

Des piscines fermées faute de surveillants de baignade

Surveillant de baignade est un métier en tension. Preuve en est : l’été 2023, nombre de structures ont été contraintes de réduire leur activité, voire de fermer, faute de surveillants de baignades.

Ce fut le cas pour Nantes : "Cette situation impose à la Ville de retravailler son offre estivale", faisait savoir la ville au début du mois de juillet 2023, annonçant la fermeture de la principale piscine, Léo Lagrange, pour le mois d’août.

Cette année, on ne devrait pas avoir de difficultés à pourvoir les postes à Nantes étant donné que deux équipements seront fermés pour cause de travaux : la piscine découverte des Dervallières et celle de la Petite Amazonie.

La ville envisage toutefois à l'avenir d’ouvrir une formation au diplôme de surveillant de baignade qu’elle financera pour les candidats qui seront volontaires ensuite pour travailler sur deux saisons pour elle.

L’an dernier, on a dû fermer une piscine, ça a été quelque chose de marquant

Nordine Arik

Adjoint aux sports Le Mans

Au Mans, on avait connu la même situation de crise en août 2023. La piscine des Ardriers avait dû être fermée. On aborde la saison estivale 2024 avec plus de sérénité.

"La bombe de l’année dernière est désamorcée", se réjouit Nordine Arik, l’adjoint aux sports de la ville. On a effectué une vaste campagne de communication sur le recrutement de saisonniers. Il fallait 33 surveillants aquatiques pour l’été. Ces 33 postes ont été pourvus, mais il faut rester vigilant. Nous ne sommes pas à l’abri des aléas de la vie, blessure, arrêt maladie… On est toujours prêts à recruter".

La SNSM qui surveille le tiers des plages du littoral français a augmenté le nombre de sauveteurs formés : de 550 nouveaux sauveteurs formés chaque année, elle est passée à 700 cette année.

"Celui qui fait preuve de mobilité a du travail"

En Vendée, premier département touristique de la côte atlantique française, on a besoin de nombreux sauveteurs pour les plages, mais aussi les campings possédant une ou plusieurs piscines.

"J’en forme entre 18 et 20 par an", témoigne Bruno Fourage, président de l'association de sauvetage et de secourisme de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Il confirme qu’il a de la demande de la part de différentes structures, municipales ou privées.

"On forme des gens du coin qui veulent surveiller plages ou piscines, précise-t-il. Ils passent le diplôme qui se fait sur une année scolaire,1h30 tous les samedis, sauf vacances scolaires. Celui qui fait preuve de mobilité a du travail sur le littoral ou en camping."

Encore faut-il pouvoir attirer les jeunes vers ce job saisonnier.

"Il faut proposer des conditions de travail attrayantes, explique Renaud Sauveur, directeur adjoint du Multiplexe aquatique de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. On va jouer sur le planning en essayant de faire travailler des demi-journées ou des journées complètes, en essayant de les faire bénéficier de week-ends entiers ou de primes pour ceux qui reviennent sur plusieurs saisons."

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