Cinq ans de prison requis contre un ancien pédopsychiatre de La Roche-sur-Yon

L'affaire a été jugée par le Tribunal de Poitiers mais les faits avaient eu lieu en Vendée. / © France Télévisions
L'affaire a été jugée par le Tribunal de Poitiers mais les faits avaient eu lieu en Vendée. / © France Télévisions

L'homme avait exercé au centre hospitalier spécialisé Georges Mazurelle de La Roche-sur-Yon pendant une trentaine d'années. Ce pédopsychiatre avait aussi été expert dans de très nombreuses affaires auprès des tribunaux vendéens. Mais il avait lui-même des pratiques douteuses...

Par Olivier Quentin

Ce syndicaliste se souvient de cette affaire et de toute la discrétion qui l'avait entourée à l'époque.

"Ça ne transpirait pas beaucoup, se souvient-il, ça a été traité assez discrètement. Le jugement est très attendu par tous les gens qui ont vécu cette période-là mais ce à quoi il faut penser c'est aux enfants et aux familles."

Le tribunal correctionnel de Poitiers a requis ce jeudi 17 octobre cinq ans de prison contre ce pédopsychiatre de La Roche-sur-Yon. 

Si l'affaire a été "dépaysée" pour être jugée à Poitiers c'est que l'homme a longtemps travaillé aussi pour la justice vendéenne en tant qu'expert. Il était difficile pour des magistrats de juger quelqu'un dont ils avaient sollicité le savoir pendant des années.

Les faits, ce sont des agressions sexuelles qui avaient dans un premier temps amené l'ordre des médecins à radier le praticien en 2015.

Lors d'examens sur des enfants et des adolescents, il pratiquait des gestes injustifiés selon une enquête administrative. Notamment des touchés rectaux ou vaginaux.

"Ça ne fait pas partie de votre mission !" a fait remarquer la présidente du tribunal.

Les pratiques du pédopsychiatre ont suffisamment surpris ses collègues pour qu'ils les signalent à la direction de l'hopital. Ce qui avait amené à sa radiation de l'Ordre.

"J'ai été formé comme ça en psychiatrie, a-t-il tenté d'expliquer devant les juges poitevins, même si ça se fait de moins en moins maintenant".

Jugé pour agressions sexuelles par personne abusant de l'autorité que lui confère sa fonction, le praticien expert auprès des tribunaux était-il trop sûr de son impunité comme l'a dit un des avocats des victimes ?

Le jugement a été mis en délibéré au 21 novembre.

 

Sur le même sujet

Chasse : les sangliers de la discorde

Les + Lus