Covid-19 et construction navale : Beneteau pourrait supprimer jusqu'à 1 390 emplois, près de 300 en Vendée

La crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 n'en finit pas de faire des ravages. Ce mardi 8 septembre, Beneteau a annoncé qu'il pourrait supprimer jusqu'à 1 390 emplois dans le monde, soit un sixième de ses effectifs mondiaux.
  

Le groupe Bénéteau pourrait supprimer jusqu'à 1 390 emplois dans le monde
Le groupe Bénéteau pourrait supprimer jusqu'à 1 390 emplois dans le monde © MaxPPP
A la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 s'ajoute la crise économique. 

Ce mardi 8 septembre Beneteau, leader mondial de l'industrie nautique, annonce que "le Groupe doit réduire sensiblement ses capacités de production dans les mois à venir, parallèlement à une simplification de son organisation et une diminution de l’ensemble de ses coûts fixes".

Les mesures envisagées "se traduiraient par la fermeture, la cession ou la mise en sommeil de cinq sites sur 24 et une réduction des effectifs comprise entre 710 et 1 390 personnes (...) sur les 8 361 salariés qui étaient présents dans le groupe au 31 août 2019", a précisé Bénéteau dans un communiqué.

Le groupe précise que "le plan stratégique Let’s Go Beyond ! présenté le 9 juillet 2020 est le fruit d’une double démarche : des choix stratégiques forts et l’obligation, face aux conséquences de la crise sanitaire, d’aller plus vite et plus loin dans leur mise en œuvre".

"La première période du plan s’inscrit donc dans un environnement économique fortement dégradé et contrasté : les segments de la voile et du moteur inboard pourraient connaitre des baisses de volumes comparables à celles de la crise de 2008/2009, qui ne seraient pas compensées par une croissance des marchés liés à la navigation de proximité (dayboating)",
explique le groupe dans un communiqué.  

Divisions Bateau et Habitat sont concernées

Beneteau envisage ainsi "la fermeture, cession ou mise en sommeil de 4 sites : 1 aux Etats-Unis, 1 en Slovénie et 2 en France ; Une activité ralentie sur 3 sites : 1 en Italie, 1 en France, et 1 en Pologne" pour la division Bateau. 
 
Selon la CFDT, les deux sites français "mis en sommeil ou fermés" sont Challans et l'Herbaudière et concernent 395 salariés. 

300 à 840 "postes du personnel directement affecté à la production" seraient donc supprimés au niveau mondial pour la division Bateau, "220 à 258 uniquement pour la Vendée et Cholet", toujours la CFDT.

"Les salariés concernés par les fermetures de Challans et l'Herbaudière se verront proposer une mobilité géographique principalement vers les sites de Saint-Gilles-Croix-de-Vie et le bassin Yonnais. En parallèle l'activité de la mécanique et du façonnage de St Hilaire devrait être transférée vers les Herbiers. 
De plus, les ateliers de Poiré 2, J8 et B6 des Herbiers vont être mis en sommeil également"
, détaille la CFDT.

"En France, la densité de la couverture industrielle de la division Bateau permettrait de ne procéder à aucun licenciement d’opérateurs de production si l’ensemble des collaborateurs concernés acceptent les mesures de mobilité internes qui leur seront proposées", précise le groupe.

"Parallèlement, pour ce qui concerne la main d’œuvre indirecte de production, les bureaux d’études et les fonctions supports, la suppression de postes envisagée entraînerait une réduction d’effectifs pour l’ensemble de cette division de 380 à 460 personnes", annonce Beneteau.

Pour les 8 sites de la division Habitat, qui concernent 7 sites en France et 1 en Italie, Beneteau envisage la fermeture d’un site en France et une activité très ralentie en Italie. En Vendée, "1 site, Luçon 2, serait mis en sommeil et concerne environ 15 personnes", précise la CFDT.

"Sur le plan de l’emploi, les suppressions de poste globales envisagées conduiraient au sein de cette division à une réduction des effectifs de 30 à 90 personnes, en fonction du niveau d’acceptation des propositions de reclassement internes qui seront faites", poursuit la direction du groupe.
 
Le groupe Beneteauindique, en concluion de son communiqué, que "des éléments financiers complémentaires seront communiqués le 27 octobre 2020, comprenant notamment des informations sur la façon dont se sera terminée la saison d’été pour le Groupe".

Selon le groupe, la situation au dernier trimestre "aura été légèrement meilleure que la prévision annoncée le 9 juillet 2020. Il en est de même pour la situation de trésorerie financière nette au 31 août 2020".

La réaction d'Yves Auvinet

"Je pense aux sous-traitants qui sont nombreux en Vendée, aux territoires de Challans et de Noirmoutier où Beneteau contribue au dynamisme économique, et naturellement, au premier chef, aux salariés et à leurs familles. Nous saluons à cet égard les mesures de mobilité que le groupe souhaite mettre en place", a précisé le mercredi 9 septembre, Yves Auvinet, président du Conseil départemental de Vendée.

"La "mise en sommeil" des sites de Challans et de l’Herbaudière signifie qu’ils ont vocation à être réactivés", poursuit-il précisant que "le Conseil départemental ne peut que souhaiter une amélioration de la conjoncture, d’où d’ailleurs son soutien au monde économique dans cette période difficile, à l’image du dispositif de soutien financier aux entreprises qu’il a mis en place en partenariat avec les intercommunalités de Vendée ou bien encore de sa participation financière au fonds économique régional Résilience"
 

Le groupe Beneteau

Toutes productions confondues, le groupe Beneteauemploie 8361 personnes dans le monde, dont 4 000 en Pays de la Loire. Il compte 27 sites de production dont 21 en France (18 en Pays de la Loire).

Concernant la division bateaux, Beneteau est propriétaire de 12 marques. Le Plan Stratégique "Let’s Go Beyond" prévoit de réduire à 8 marques.

Cette annonce intervient alors que 5 000 emplois du secteur aéronautique sont également menacés dans notre région.
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