Noirmoutier : les pêcheurs vent debout contre l'éolien en mer

Par solidarité avec leurs collègues de Saint-Brieuc, une soixantaine de pêcheurs vendéens s'est mobilisée de part et d'autre du pont de Noirmoutier. Ils dénoncent la dangerosité des projets d'installation d'éoliennes en mer, sur leurs zones de pêche. Et craignent pour leur avenir.

Jusqu'à ce samedi midi, les pêcheurs bloquaient les accès à l'ile de Noirmoutier pour dénoncer les projets de parcs éoliens
Jusqu'à ce samedi midi, les pêcheurs bloquaient les accès à l'ile de Noirmoutier pour dénoncer les projets de parcs éoliens © Sébastien Gallais

Il fallait s'armer de patience pour rejoindre Noirmoutier ce samedi matin...passer les barrages filtrants mis en place jusqu'à midi par une soixantaine de pêcheurs de part et d'autre du pont.

Sur le parcours, des banderoles donnent le ton de la manifestation. "Soutien à Saint-Brieuc", "Non aux éoliennes", "3,7 milliards jetés à la mer pour l'éolien".

Le message est clair. Les marins vendéens comme leurs collègues costarmoricains, rejettent en bloc le projet (encore dans les cartons) de construction d'un parc de 62 éoliennes au large de Noirmoutier.

" Il faut arrêter de dire que les pêcheurs sont d'accord avec ce type de projet...les discussions se font toujours avec nos responsables, notamment les comités des pêches, à qui on promet de l'argent, ou aux maires des communes du littoral, mais nous la base, on ne nous consulte pas ! l'argent fausse tout et nous personne ne nous soutient " s'agace Sylvain Gallais, l'un des manifestants, qui poursuit, " Pour une petite commune comme Noirmoutier, la taxe éolienne représenterait 300.000 euros par an, autant d'argent ca ne se refuse pas ".

Ce que craignent les marins vendéens c'est tout simplement de perdre leur travail. 

Avis de grand frais sur les zones de pêche

" Un parc éolien, ça veut dire qu'on va nous fermer nos zones de travail. À Guérande, depuis la mise en place des éoliennes au Croisic, les pêcheurs n'ont plus accès aux zones de pêche. Partout dans le monde ça se passe comme ça. Certains d'entre nous vont perdre 80% de leur terrain de pêche. On va sacrifier notre économie, en oubliant au passage que pour un poste en mer, 5 personnes travaillent à terre ".

Et quand bien même les zones resteraient accessibles, selon Sylvain Gallais, " on n'ira pas, trop dangereux, ça nous fait peur ".

Pour dénoncer le danger que représente, à leurs yeux, la mise en place de champs éoliens marins, les arguments ne manquent pas.

"Nous, on considère que ce sont des projets obsolètes explique encore le patron de l'Entêté. Ils ont été imaginés il y a quinze ans, or en quinze ans, il ya a eu des évolutions par rapport aux économie d'énergie...avec tout cet argent public jeté à la mer, on pourrait par exemple isoler toutes les maisons de France alors que là avec deux parcs au large de nos côtes, on ne pourra même pas produire assez d'électricté pour une ville comme Nantes."

Les pêcheurs pointent aussi leur craintes quant au comportepment de la ressource.  " La raie par exemple qui est très présente dans nos eaux, est très sensible à l'électricité, elle est amenée à disparaître ou à aller plus loin". Mais plus loin, eux, les pêcheurs ne pourront pas y aller.

Soumis aux quotas, à la définition des zones de pêche, ils ne peuvent pas décider de changer d'espace, et d'ailleurs ils ne sont pas forcément équipés pour aller plus loin.

"Vous imaginez, on est comme un agriculteur à qui on supprime soudain un champ pour y construire une maison. Le gars, il ne va pas aller cultiver le champ de son voisin...et bien pour nous c'est pareil"

 

 

 

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