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La Roche-sur-Yon : Michelin renégocie l'accord de compétitivité

La direction de l’usine de pneus poids lourds de Michelin à La Roche-sur-Yon a annoncé, le 2 février dernier, que les investissements prévus sur le site par un accord de 2016 étaient suspendus, certains indicateurs clés n’étaient pas à la hauteur des attentes. 
Pressé par la concurrence, Michelin va fermer trois usines en Europe
Pressé par la concurrence, Michelin va fermer trois usines en Europe © GUILLAUME SOUVANT / AFP
Alors que 56 millions d’euros devaient être investis sur le site vendéen en trois ans, la direction a annoncé une suspension de ses investissements, qui seront donc, au total de 43 millions d’euros. Le pacte d'avenir avait pourtant été approuvé par 71% des personnels en avril 2016. En s'engageant à moderniser son site vendéen, le dernier à produire des pneus poids lourds en France, Michelin pensait passer de 800 000 pneus par an à 1,2 million en 2019, puis 1,6 million au bout de cinq ans. Mais la production n’a pas suivi, plafonnant à 760 000 en 2017.

Origine du problème
Il y a eu des difficultés de recrutement, beaucoup plus de départs à la retraite en 2017. L’entreprise prévoyait 100 créations nettes d’emplois pour accompagner la montée en charge de travail liée aux investissements. Il a donc fallu recruter plus que prévu. Mais en raison du faible taux de chômage du département, le recrutement a été difficile. En trois ans il y a eu plus de 500 recrutements. Nettement insuffisants. Des salariés peu spécialisés qu'il a fallu former. Les objectifs de production n’ont pas pu être atteints, certaines commandes non satisfaites sont parties vers d’autres usines du groupe. 

Revoir la qualité de vie et de travail
la CGT n'avait pas signé l'accord en 2016. Au vu de la situation, la CFE-CGC, approuve l'ouverture d'une négociation pour revoir le contenu de l’accord de 2016. Mais tous s'accordent à demander que cela se fasse sur la base d'un dialogue social réel, "La nouvelle définition des objectifs économiques sera faite avec eux", affirme le porte-parole du groupe. Mais le but est bien de sauver le dernier site français de production de pneus poids lourds. Début des rencontres fin Mars. 

reportage Vincent Raynal et François Bobet 



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