Entre 4.000 personnes, selon la police, et 25.000, selon les organisateurs, ont manifesté mardi matin à Marseille pour protester contre la "casse du code du travail".
Les manifestants ont défilé derrière une banderole proclamant "non à l'Ani (accord national interprofessionnel, ndlr) minoritaire, non à la casse du code du travail", à l'appel de FO, la CGT, Solidaires et la FSU. Depuis la signature le 11 janvier de l'accord sur la sécurisation de l'emploi par trois centrales - CFDT, CFTC, CFE-CGC - et le patronat, la CGT et FO dénoncent une "régression sociale" et reprochent à l'accord de faciliter les licenciements et d'accroître la précarité.
Sous des bourrasques de vent mêlé de pluie, les manifestants ont chanté "on ne laissera pas le Medef faire la loi dans ce pays". Brandissant des pancartes "députés, refusez de voter la loi du Medef qui démolit le Code du travail", salariés d'Arcelor Mittal, des Moulins Maurel, d'Air France, de la RTM (régie des transports marseillais, ndlr) et de Fralib ont encouragé les "parlementaires (à oser, ndlr) le progrès social".
Pour Mireille Chessa, secrétaire de la CGT dans les Bouches-du-Rhône, cette manifestation "est un appel direct au gouvernement qui se réunit en conseil des ministres demain (mercredi, ndlr) pour lancer le dispositif législatif concernant la retranscription de l'Ani du 11 janvier dit de +sécurisation de l'emploi+ alors qu'en fait c'est tout le contraire qui est fait". Selon la syndicaliste, ce sont les employeurs "qui ont le plus gagné dans cette négociation": "ils vont avoir des droits supplémentaires pour effectivement mieux licencier, comme bon leur semble", a ajouté Mme Chessa, évoquant une refonte du code du travail "inquiétante". "Dans les autres pays d'Europe, le point de départ de l'aggravation pour les travailleurs du paiement de la crise, ça a été la dérèglementation du code du travail", a-t-elle
prévenu.