Cela fait 38 ans que Bison Futé chasse les bouchons

Le 28 juin 1977, un homme à cheval déguisé en Indien donne des indications à une automobiliste, lors d'une opération de "Bison Futé" de distribution de cartes routières. / © AFP
Le 28 juin 1977, un homme à cheval déguisé en Indien donne des indications à une automobiliste, lors d'une opération de "Bison Futé" de distribution de cartes routières. / © AFP

Le personnage du Sioux est né après l'énorme embouteillage de l'été 75. Le gouvernement a hésité entre un dauphin, une girafe et un lapin, finalement c'est Bison futé qui voit le jour en juin 76, dessiné par le publicitaire Daniel Robert. Une mascotte synonyme aujourd'hui de départ en vacances.

Par Karine Bellifa

Tout commence par un énorme bouchon : 600 kms cumulés le samedi 2 août 1975. La RN10 qui relie Paris et la frontière espagnole près de Bayonne est saturée sur un quart de sa longueur. 

Le gouvernement de l'époque veut éviter qu'un tel événement ne se reproduise. Il en arrive aux conclusions suivantes :

  • Il faut établir un étalement dans le temps des déplacements ;
  • Il faut renforcer des itinéraires Bis ;
  • il faut surtout communiquer avec l'automobiliste.

3 500 kilomètres d'itinéraires bis

Pour l'été suivant, en 1976, 600 000 cartes de France sont éditées qui décrivent les 3 500 kilomètres d'itinéraires bis et 18 aires d'accueil sont aménagées sur les axes les plus chargés à hauteur des difficultés prévisibles. 64 quotidiens nationaux et régionaux publient les heures de départ à éviter en fonction des régions.
Un panneau indique la diffusion de cartes routières aux automobilistes, lors d'une opération "Bison Futé", le 30 juin 1978. / © JOEL ROBINE / AFP
Un panneau indique la diffusion de cartes routières aux automobilistes, lors d'une opération "Bison Futé", le 30 juin 1978. / © JOEL ROBINE / AFP

Il fallait trouver une mascotte

Pour le public, cette campagne se matérialise par l'apparition d'un personnage créé par le publicitaire Daniel Robert, l'auteur des slogans : "Un verre ça va, trois verres... bonjour les dégâts!" et "Tu t'es vu quand t'as bu?". Il dessine un petit indien, dont les traits vont se moderniser d'année en année : Bison Futé. Il fallait trouver une mascotte ou un objet facilement identifiable.

La mascotte des débuts, celles des années 90-2000 et celle d'aujourd'hui / © Bison Futé
La mascotte des débuts, celles des années 90-2000 et celle d'aujourd'hui / © Bison Futé

Un Indien, débrouillard et adroit

Le gouvernement a d’abord pensé à un dauphin, vif et intelligent, puis à une girafe, censée dominer la situation du haut de son grand cou, et à un lapin… Finalement, c’est l'Indien qui l’a emporté. Parce qu’il est réputé pour être débrouillard et adroit.  Daniel Robert explique :

Il fallait faire oublier au grand public que le message venait de l'Etat, un message d'ordinaire perçu comme castrateur et conçu pour nous casser les pieds. Pour gommer cet émetteur, j'ai opté pour le décalage et un personnage fun et intelligent »


Avec 30 % d'encombrements de moins que l'année précédente l'opération est un succès. Elle est pérennisée.

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