Demande d'extradition d'un ex-ministre russe, arrêté à Gassin, renvoyé à octobre

La cour d'appel d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) a renvoyé au 17 octobre l'examen de la demande d'extradition de l'ancien ministre des Finances de la région de Moscou, Alexeï Kouznetsov, soupçonné de malversations financières dans l'exercice de ses fonctions.

Centre pénitentiaire d'Aix-Luynes où est actuellement détenu Alexeï Kouznetsov
Centre pénitentiaire d'Aix-Luynes où est actuellement détenu Alexeï Kouznetsov
Lors d'une audience, M. Kouznetsov a expliqué à la barre qu'il avait été pris dans "un jeu politique" et que "le président (de la fédération de Russie) l'avait choisi  comme victime pour atteindre", a-t-il expliqué, "le gouverneur de la région de Moscou, Boris Gromov, intouchable, car véritable héros russe notamment pour sa participation à la guerre d'Afghanistan".
"J'ai parlé avec le gouverneur et j'ai compris qu'il ne pouvait pas me protéger, car c'étaient des gens très puissants", a affirmé le prévenu expliquant qu'il avait dû prendre la fuite alors qu'il était présenté dans la presse russe comme étant un espion à la solde de la CIA.
M. Kouznetsov, âgé d'une cinquantaine d'années, est écroué à la Maison d'arrêt d'Aix-Luynes depuis son interpellation par la police judiciaire début juillet à Gassin près de Saint-Tropez (Var).
Les autorités russes reprochent à M. Kouznetsov, qui a fui son pays en 2008, d'avoir commis entre novembre 2005 et novembre 2008, alors qu'il était ministre de l'Économie de la région de Moscou, des détournements "en concluant de faux contrats" pour un montant de quelque 3,5 milliards de roubles (82 M EUR), a indiqué la présidente de la chambre de l'instruction Nicole Besset.
La justice russe soupçonne également l'ancien haut responsable d'avoir commis ces faits en "bande organisée", avec l'aide de deux banquiers russes, de sa femme et de sa soeur, a précisé la magistrate.
Les avocats de l'ex-ministre, Me Julien Pinelli et Me Grégoire Rincourt, en accord avec la représentante du ministère public, Solange Legras, ont demandé le renvoi de l'affaire pour étudier le volumineux dossier de 2.500 cotes transmis début août par les autorités russes.
Les avocats ont également demandé la remise en liberté de leur client, afin que celui-ci puisse organiser sa défense face "à une machine terrible", a lancé Me Spinelli.
Une demande rejetée par la cour qui a estimé qu'il présentait "des garanties de représentation insuffisantes" ayant notamment été interpellé "avec 5 passeports" portant des identités différentes, a souligné Mme Besset.
Par ailleurs, la cour d'appel a accepté la demande du procureur général de la Fédération de Russie d'autoriser l'un de ses représentants à participer aux audiences futures.
Le 17 octobre, lors d'une "audience relais", les parties commenceront à examiner le fond du dossier.
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