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Le numéro 3 de la gendarmerie critique la politique pénale des Bouches-du-Rhône

Le général Soubelet le 18 décembre 2013 devant la commission de lutte contre l'insécurité de l'assemblée nationale. / © Assemblée nationale
Le général Soubelet le 18 décembre 2013 devant la commission de lutte contre l'insécurité de l'assemblée nationale. / © Assemblée nationale

Le général Soubelet, numéro 3 de la gendarmerie en France, estime que la politique pénale des Bouches-du-Rhône est trop laxiste. Selon lui, 65% des cambrioleurs interpellés en novembre 2013 "sont à nouveau dans la nature". 

Par Olivia Malongo avec AFP

Le général Bertrand Soubelet, numéro 3 de la gendarmerie, a récemment mis en cause, sur un ton très personnel, la politique pénale face aux délinquants, dénonçant le nombre de remises en liberté. Le général Soubelet, directeur des opérations et de l'emploi à la direction générale de la gendarmerie (DGGN), a été entendu le 18 décembre 2013 par la commission de "lutte contre l'insécurité" présidée par le député socialiste Jean-Pierre Blazy qui poursuit ses travaux jusqu'en juin. 

La déclaration du Général Soubelet devant la commission de lutte contre l'insécurité :

La déclaration du général Soubelet


"Sa liberté de parole"

Invoquant sa "liberté de parole" -- saluée depuis sur les réseaux sociaux des gendarmes -- le No 3 de la DGGN, selon la vidéo de cette audition, livre une "analyse pas très conventionnelle" de la délinquance qui, déclare-t-il, "n'augmente pas en valeur absolue" bien qu'il y ait une "réelle insécurité dans notre pays". Le haut gradé évoque en préambule la lourdeur des procédures "sur le plan juridique" qui compliquent la tâche des enquêteurs. Les délinquants "le savent et profitent du système", dit-il.

Les gendarmes sont inquiets car on prend plus soin des auteurs (d'infractions) que des victimes"


ajoute le militaire, précisant qu'en 2013 il y a eu une hausse de 4 % de personnes mises en cause par ses services tandis que le nombre de placements  sous écrou (incarcérations) "a diminué de 33 %". La réponse (pénale) est "en décalage", estime-t-il.

Dans les Bouches-du-Rhône, trop de cambrioleurs relâchés selon lui

Plus loin, dans le jeu des questions et des réponses avec les membres de la commission, il précise que 65 % des cambrioleurs interpellés dans les Bouches-du-Rhône en novembre 2013 "sont à nouveau dans la nature". Sur le sujet des cambriolages en forte augmentation en France, il affirme que "c'est deux poids deux mesures en termes de réponse pénale" et différent "selon les juridictions". Il exprime d'ailleurs, de manière feutrée, ses doutes sur la manière dont sera appliquée la récente circulaire de la Garde des Sceaux Christiane Taubira pour lutter contre ces cambriolages. Il critique aussi la politique de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) qui lui "semble dater d'un autre temps" et affirme qu'il y "a de moins en moins de réponses sérieuses sur les délinquants de moins de 14 ans".

Un vivier de délinquants de demain

Quand on commence à voler à huit ans il faut un message clair"

dit-il, estimant d'autre part que les "décrocheurs scolaires" sont un "vivier délinquant de demain". "Dans un département" qu'il ne cite pas, affirme-t-il encore, le parquet recommande de "mettre dehors" les présumés délinquants mineurs étrangers faute de "moyens" pour trouver un interprète. Il estime aussi que le "critère de valeur" pour une garde à vue est qu'à "moins de 300 euros" de préjudice "on remet tout le monde dehors".

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