Le tribunal correctionnel de Marseille a prononcé lundi des peines de 4 à 10 mois de prison avec sursis et près de 70.000 euros de dommages-intérêts contre 9 militants de Greenpeace. Ils étaient poursuivis pour avoir tenté de s'introduire sur le site du CEA de Cadarache en 2011.
Six membres de cette équipée ont été condamnés par la chambre militaire du tribunal correctionnel de Marseille à 10 mois avec sursis, deux de leurs complices à six mois avec sursis et un dernier à quatre mois avec sursis.
L'audience
Ces militants de l'organisation écologiste étaient poursuivis pour "tentative d'introduction non autorisée dans un local ou terrain clos intéressant la défense nationale" et "complicité de dégradations d'un bien appartenant à autrui commises en réunion". Une 10e prévenue, une enseignante au rôle mineur selon l'accusation, s'est vu infliger une amende de 500 euros. Les neuf militants de Greenpeace devront également payer solidairement 18.900 euros, correspondant aux frais de réparation de la clôture d'enceinte du site du CEA (Commissariat à l'énergie atomique) qu'ils avaient découpée, et 50.000 euros de préjudice direct "consécutif à la désorganisation" interne des services suite à leur action.
Ce sont des condamnations lourdes et infondées au regard des pièces du dossier. Il n'y a pas de preuve, uniquement des suppositions
a dénoncé auprès de l'AFP Me Alexandre Faro, avocat des militants, indiquant qu'il allait "probablement" faire appel.
Lors de l'audience du 17 février, des peines de cinq à huit mois avec sursis avaient été requises. Le matériel saisi pour cette opération (longues vues à visée laser, équipement de photo numérique notamment) devra également être remis à la gendarmerie.
On est dans la barbouzerie, dans la caricature. Le CEA était une pièce de choix, ça aurait été un message en or, ça a été une piteuse et pitoyable déroute
avait lancé dans ses réquisitions le procureur Emmanuel Merlin. L'avocat du CEA, Me Jean Néret, s'était dit "surpris par la sophistication, la méticulosité dans la manière dont l'opération a été préparée".
"Le procureur vous construit une histoire, une fable sur un commando. D'une pelote de laine, on a fait un sac de noeuds
avait plaidé de son côté Me Faro, l'avocat des militants.