Les différents acteurs de la SNCM se réunissent ce mardi à Marseille pour évoquer l'avenir de la compagnie maritime en proie à de graves difficultés financières. L'Etat et l'actionnaire majoritaire, Transdev, plaident pour un redressement judiciaire, option rejetée par les syndicats. 

Cette ultime réunion de conciliation, programmée à 14 h à la préfecture des Bouches-du-Rhône, s'inscrit dans le processus ayant permis, en juillet, de mettre fin à la grève qui avait paralysé durant 17 jours, en pleine saison touristique, le trafic de la Société nationale Corse-Méditerranée entre l'île de Beauté et le continent.

Lors des deux dernières réunions, mi-septembre et début octobre, la direction avait présenté le redressement judiciaire comme une option privilégiée pour sortir de l'ornière la compagnie maritime, condamnée par Bruxelles à rembourser 440 millions d'euros. Côté emploi, 800 à 1 000 postes seraient maintenus sur un total de 2 000 dont 1 508 en CDI.

SNCM : un passif qui pèse lourd

Transdev (actionnaire majoritaire à hauteur de 66%) qui plaide pour un redressement judiciaire estime que cette solution permettrait de gommer un peu plus de 400 millions d'euros d'aides publiques que la Commission Européenne demande à la SNCM, déjà déficitaire (14 millions de pertes en 2012), de rembourser.

Pour les syndicats ce passage au tribunal risquerait par ailleurs de faire de perdre à la SNCM la délégation de service public vers la Corse, un marché de plus de 600 millions d'euros qui lui a été attribué jusqu'en 2022. 

A ce jour, un seul repreneur potentiel - la société américaine Baja Ferries - s'est porté candidat à une reprise si la compagnie venait à être placée en redressement judiciaire.